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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 16:49

 

 

       Les figures du  cinéma que nous avons aimées partent les unes après les autres. Je me souviens de Giulietta Massina, Sylvana Mangano, Jeanne Moreau, Monica Vitti, Bibi Anderson, Ingrid Thullins, Emmanuelle Riva. Toutes ces belles et grandes actrices sont aujourd’hui presque toutes disparues. Aujourd’hui, c’est le tour d’Anna Karina. Nous ne la voyons plus beaucoup, mais les femmes,  qu’elle incarnait,  restaient  toujours vivantes.

Durant l’été 1965,  j’avais vu Alphaville  de Godard, un film qui essayait de figurer ce que pourrait devenir les villes du futur, un univers figé où les yeux d’Anna Karina restaient vifs avec en toile de fonds Capitale de la douleur, de Éluard :

J’avais retenu : 

Nous sommes revenus d’un pays arbitraire 

Où nous ne savions plus ce que c’est  que l’amour

J’ai retrouvé le texte  qui était en fait : `

Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire

Ou nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard

         Quelque temps plus tard, j’ai vu Pierrot le fou, qui a été pour moi un éblouissement. Il s’agit d’un poème cinématographique. Belmondo lisant  un texte sur Vélasquez d’Elie Faure ou disant : « Il y a eu la civilisation égyptienne, il y a eu la Renaissance et maintenant nous entrons dans la civilisation du cul. » Anna Karina chantant des chansons comme ma ligne de Chance dont on a  su plus tard qu’elles étaient de Rezvani. La traversée de Loire presque à pied, Porquerolles dont on et la rencontre avec Raymond Devos avec son sketch : « Est-ce que vous m’aimez ? » Je considère toujours ce film comme  un chef d’œuvre. J’ai revu plusieurs fois ce film et je le revois toujours avec plaisir.

https://youtu.be/ul5beWXDa7c

https://youtu.be/2Gn9m7Ht7Ns

 

       En 1965 et 66, j’habitais encore Alger et j’allais souvent à la Cinémathèque. C’est ainsi que j’ai vu des films de Godard plus anciens.  Une femme est une femme, préfigurait Pierrot le fou, car il y avait déjà Jean-Paul Belmondo. Je me souviens de ce film que de la chanson d’Aznavour : Tu te laisses aller, tu te laisses aller

https://youtu.be/hPEr5KY_jGQ

 

         Peu de temps après j’ai vu: Vivre sa vie de Godard, journal d’une prostituée jouée par Anna Karina avec deux séquences importantes : dans un café, on entend  Jean Ferrat  chantant Ma môme sur le juke-box, puis on assiste à un magnifique dialogue sur le langage et la pensée  entre la pute et le philosophe Brice Parrain.

https://youtu.be/2n_r_5RXobM

 

https://youtu.be/gwWD6Y-J2Yk

 

       Il y a eu aussi Bande à part avec cette visite du Louvre à toute vitesse en 9 minutes. Actuellement les touristes les musées en temps à peine un plus long.

            

            Au moment du tournage de l’Étranger, je me trouvais encore à Alger. J’étais heureux que Visconti ait choisi Anna Karina pour jouer Marie, l’amie de Meursault. Bien que non méditerranéenne. Je suppose qu’elle correspondait au type de femmes que Camus aurait apprécié.

https://www.ina.fr/video/I05151993?fbclid=IwAR1oTtG2Y_mKxqq0t8zFYD64f6pj779vg93oA0tyHKbhPLwle821pryqyWQ

 

 

         Enfin, Jacques Rivette a fait d’Anna Karina une magnifique Religieuse de Diderot. On se demande pourquoi le film avait été interdit par le gouvernement de l’époque.

 

           Il y deux ans, je l’ai aperçue à Lyon , près de l’Institut Lumière. Je n’ai pu assister au film qu’elle présentait, car il ne restait plus de places. Elle avait  toujours ses yeux étincelants. 

 

  Jean-Pierre Bénisti

Anna Karina dans la Casbah d'Alger

Anna Karina dans la Casbah d'Alger

Adieu Anna Karina
Libération du 16 décembre 2019

Libération du 16 décembre 2019

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