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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 14:00

Dans le Monde de samedi 3 mars, la belle Emmanuelle Béart avoue son regret d’avoir fait refaire ses lèvres, grâce à la chirurgie esthétique, car le résultat a été décevant. Cette pratique chirurgicale pose d’énormes problèmes. Je ne parle que de chirurgie esthétique et non pas de chirurgie plastique qui permet de réparer de gros délabrements corporels ou des malformations congénitales. Nous naissons comme nous sommes et pourquoi vouloir corriger les imperfections de notre corps. Simone Signoret disait que les rides étaient les cicatrices des sourires. Laissons donc ces cicatrices en guise de souvenirs. Beaucoup de personnes  se font rectifier le nez, car elles n’aiment plus  le voir dans leur miroir au milieu de la figure. Comment le chirurgien, si habile soit-il pourra redessiner un nez correspondant à la personnalité du sujet. Tous ces chirurgiens n’ont pas le talent d’un Rodin ou d’un Maillol qui savaient sculpter des nez, et aurait-il un talent équivalent, il serait limité par les difficultés techniques.

 

J’ai toujours eu de l’aversion pour les tatouages. Quand j’étais enfant, je voyais en Algérie beaucoup de femmes originaires de Kabylie ou des Aurès, ayant sur leurs visages des tatouages marquant leurs appartenances à une tribu. Le concierge de la maison où j’habitais avait sur son bras une ancre marine, probablement dessinée du temps où il était marin. Ces traits verts sur la peau me faisaient horreur d’autant plus que je savais qu’ils étaient indélébiles. Par la suite, j’ai rencontré des personnes qui avaient sur leurs bras, le numéro matricule tatoué lors de leurs séjours dans d’horribles camps d’extermination. Aujourd’hui, je remarque, plus en été qu’en hiver fleurir des tatouages sur les parties découvertes de la peau de beaucoup de jeunes, filles ou garçons et de toutes conditions. Ces jeunes sont à la mode. Mais l’ennui, c’est que la mode, ça se démode.

 

 J’ai toujours été contre la pratique de la circoncision, aussi bien chez les juifs, chez les musulmans ou chez d’autres. Je suis d’ailleurs étonné que ceux qui combattent l’excision des filles restent silencieux sur la circoncision, qui est aussi, à un degré moindre, une mutilation. Je sais que mes amis juifs et musulmans me désapprouveront. Peut-être qu’à l’origine, les conditions climatiques de certains pays ont favorisé les infections préputiales et les phimosis et il est facile de penser que la circoncision ou la non-consommation de viandes de porc  seraient dictées par des règles d’hygiène. Rien n’est moins sûr et actuellement les non-circoncis ont peu d’affections liées à leurs prépuces. Des études statistiques prouveraient que le SIDA atteint davantage les non-circoncis que les circoncis. Ces études nécessiteraient d’être approfondies avant que l’on soit autorisé à préconiser  une extension de cette pratique.

       Il y a d’ailleurs une question juridique qui n’est pas résolue. Les rabbins ou les imans ne sont pas habilités à faire des actes chirurgicaux et en cas de plainte, leurs actes seraient  considérés comme des blessures infligées à un tiers. Les chirurgiens pratiquant des circoncisions de complaisances seraient aussi  répréhensibles, car cet acte est rarement un acte de soin.

Cette pratique n’a aucun statut juridique, elle bénéficie seulement d’une tolérance. Je suis étonné du silence de l’Ordre des médecins à ce sujet.

        Le regretté professeur Minkowski  nous avait dit dans ses mémoires qu’il devait sa vie au fait de ne pas être circoncis. Sa judéité n’était pas apparue à ceux qui s’y intéressaient d’un peu trop près et il ne fut pas expédié dans un sinistre camp de déportation. Jacques Derrida  a avoué ne pas avoir fait subir ce rite à ses enfants et  un seul problème s’est posé : son fils était ainsi différent de lui et ne lui ressemblait pas.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

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