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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 19:51

 

 

Grande nouvelle, le radius ne pouvait pas être marié à un os masculin. Ce n’est pas tolérable. Il a fallu qu’on le change de sexe et naturellement de nom et il n’y a plus de cubitus, il n’y a qu’une ulna. Voir : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2012/12/11/cubitus-los-qui-a-change-de-sexe/

Je ne sais pas quelles sont les autorités dites scientifiques qui ne devaient avoir beaucoup de chats à fouetter et qui ont pris cette décision d’une grande importance.

Il est vrai qu’il y a eu des précédents. On ne dit plus vit mais bitte. Philippe  Sollers regrette le vit et moi aussi. Il n’est plus utilisé que dans les contrepétries du style À Beaumont le Vicomte.

           

Et au risque de me répéter , j’en reviens à un débat plus sérieux sur l’utilité et l’inutilité de changer des termes dans le vocabulaire médical  Je l’ai déjà dit(

 voir

 http://www.aurelia-myrtho.com/article-abus-de-langage-67920950.html  23 février 2011))

« Dans un autre ordre d’idées il est urgent de changer le mot euthanasie. Tant que ce mot sera utilisé, il ne pourra y avoir sur ce sujet de débat sérieux.

Parler d’euthanasie peut être entendu par « état nazi ». Ce n’est pas un jeu de mots amusant, il s’agit de mort dans les deux cas. Les médecins sont très forts pour changer les dénominations et même quand c’est inutile : il n’était pas nécessaire de remplacer les oculistes par les ophtalmologistes ! Les centres de conservation du sperme parlent de sperme congelé. Parler de con gelé chez un  couple souffrant de stérilité, c’est parler de la corde dans la maison d’un pendu ! Les non dupes errent ! disait le Docteur Lacan ! »

 

            Jean-Pierre Bénisti

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:58

Je reviens d’un court voyage à Rome et en Toscane. La pluie (la pioggia) avait envahi le Campo de Sienne et il n’y avait plus de vendeurs d’imperméables à usage unique  à mille lires. La pioggia est comme la pasta, une spécialité de l’Italie. Lorsque nous circulons sur une autoroute sous une pluie battante, c’est à Fellini que nous pensons. Quand il n’y a pas d’aqua alta à Venise, l’Arno sort de son lit et envahit  Florence comme en décembre 1966 martyrisant le Christ de Cimabue dans la Basilique de Santa Croce ;  et l’œuvre  a beau être restaurée, elle garde toujours des cicatrices indélébiles.

 

      Siena-Pioggia.jpg

 

Ce n’est pas la seule œuvre qui a souffert à Florence. Dans la Basilique de Santa Maria del Carmine, les restaurateurs ont retiré le feuillage qui couvrait les parties génitales d’Adam et d’Eve (1) chassés du Paradis terrestre, admirable fresque de Massacio. On ne connaît pas le peintre auteur de ce  feuillage cache-sexe. Mais on sait que le censeur de la Création du monde de Michel-Ange de la Sixtine était surnommé il  Braghettone. Il s’était spécialisé dans la réalisation des feuilles de vigne.

Dans d’innombrables églises, nous trouvons d’admirables fresques : Massacio à Santa Maria del Carmine ou à Santa Maria Novella, Fra Angelico au couvent de San Marco. Fra Angelico avait déjà dans ses peintures intégré le paysage toscan et avait déjà découvert intuitivement la perspective. Je ne suis pas sensible à l’énorme cathédrale avec les portes de bronze.

Dans les rues de la ville, il y a plus de touristes que de toscans et il est difficile de rencontrer quelqu’un qui puisse nous guider dans nos itinéraires.

Avant d’avoir fait des voyages en Italie, un ami de mes parents me disait en parlant de ce pays : « C’est un pays extraordinaire, mais attention, tu peux très bien être déçu de prime abord, car les monuments  que les guides te recommandent, nous les connaissons tous, nous les avons trop vus dans nos livres d’histoire. Ne te contente pas de suivre à la lettre le guide bleu. Regarde le pays dans son ensemble ! » Eh, je pensais que beaucoup de voyageurs font ce que Julien Gracq appelle du tourisme de validation. 

 

    Jean-Pierre Bénisti

 

Le guide du routard peut être utile, mais avant de partir en Toscane,, mais surtoutil faut lire : Le chapitre consacré à Florence dans l’Histoire de l’Art d’Élie Faure

Le Désert d’Albert Camus in Noces, Collection Folio Gallimard.

Le Voyage du Condottiere de André Suarès, éditions Granit, 1993

 

(1)Voir : Les couilles d’Adam

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/10/27/les-couilles-dadam/

 

 

 

Massacio952A.jpg       Massacio952B.jpg

 

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 15:43

Moraines

 

 

Il m’est interdit de m’arrêter pour voir. Comme si j’étais condamné à voir en marchant. En parlant. À voir ce dont je parle et à parler justement parce que je ne vois pas, ce qu’il m’est interdit de voir. Et que le langage en se déployant heurte et découvre. La cécité signifie l’obligation d’inverser les termes et de poser la marche, la parole avant le regard. Marcher dans la nuit, parler sous la rumeur, pour que le rayon du jour naissant fuse et  réplique à mon pas, désigne la branche, et détache le fruit.

 

 

                                                           Jacques DUPIN

 

 

 JDupin002.jpg

 

(Jacques Dupin par Giacometti)

 

 

Voir

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2010/07/anthologie-permanente-jacques-dupin.html

                                                                      

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:19

À la radio, Bernard Pivot  avoue sa frustration d'avoir été obligé de poser des questions à ses invités, sans que ces derniers puissent à leur tour, lui poser des questions. Et cela est en effet très frustrant. N'étant pas journaliste lorsque je me trouve en présence d'une personne à qui je pose des questions, sans qu'il m'en pose après, je prends aussitôt congé de mon interlocuteur.

Pivot parle aussi des questions que l'on se pose mais que l'on n’ose pas poser. Poserons-nous à cette jeune fille qui se bronze sur la plage et qui porte près du nombril un très large tatouage: "Lorsque vous serez grand-mère, que ferez-vous de votre tatouage ?

 

JPB


 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 15:35

Disparition de Pierre Chaulet

 

Pierre Chaulet était un des seuls citoyens algériens d’origine française à être demeuré en Algérie.  Il serait temps de se demander pourquoi ces personnes comme Chaulet  devenues algériennes au moment de l’accession de l’Algérie ont été si peu nombreuses à  se maintenir dans le pays.

J’ai peu connu Pierre Chaulet, je l’ai seulement croisé. J’ai bien connu sa famille et lorsque j’étais au lycée, je passais quatre fois par jour devant la vitrine de la librairie Riveil, que tenait sa tante : Madame Colette Riveil, qui doit être aujourd’hui presque centenaire. Madame Riveil nous accueillait toujours dans sa boutique avec un large sourire, même si nous rentrions sans faire d’achats effectifs.

Saluons en Pierre Chaulet ce grand médecin et ce grand humaniste.

 

La disparition de Chaulet eut plus d’échos sur les deux rives de la Méditerranée, que celle d’un ancien président de la République Algérienne : Chadli Benjedid. Chadli était le seul chef d’état que tout le monde dénommait par son prénom. Il avait comme devise : « Le travail et la rigueur pour une vie meilleure. » Lorsqu’en 1984, je fis un voyage à Alger, j’ai rencontré des jeunes qui m’ont dit en écho de cette devise : « Le travail, à la rigueur, pour une vie ailleurs ! »

 

Sommet de la francophonie.

 

Un sommet de la francophonie a eu lieu à Kinshasa. François Hollande a fait à ce sujet des déclarations courageuses. Il est bon de rappeler que le terme de francophonie a été créé par Onésime Reclus, l'un des 14 enfants du Pasteur Jacques Reclus, qui parmi ses enfants eut : Paul Reclus, médecin qui décrit la maladie fibro-kystique du sein,Elysée Reclus, célèbre géographe, anarchiste, naturiste et végétarien, Zéline, mère du célèbre Elie Faure et grand-mère de Jean-Pierre Faure, notre ami qui vint en Algérie,  dirigea le journal Alger-républicain avec Albert Camus et Pascal Pia et devint le beau-père d'Hugues Aufray;

N'oublions pas aussi que c'est dans un appartement situé dans une cave de la rue Elysée Reclus à Alger que fut assassiné le poète Jean Sénac, qui se définissait lui-même non pas comme écrivain francophone, mais comme écrivain algérien de graphie française. Le terme de francographie serait plus approprié que francophonie.

 

 

 

Claude Cheysson

 

            Comme le rappelle Antoine Blanca dans son blog (1), Claude Cheysson a été le seul ministre des relations extérieures. Le terme de relations extérieures et plus heureux que celui  d’affaires étrangères et il est dommage que ce terme n’ait pas été retenu. Le mot étranger n’est pas forcément péjoratif mais peut facilement le devenir. Ce grand diplomate était connu pour son franc-parler peu diplomatique. Il était surnommé le gaffeur. Le 1er novembre 1984, Claude Cheysson se rendit en Algérie aux cérémonies du trentième anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne. Je n’avais pas compris immédiatement la polémique que suscitait la présence du ministre aux cérémonies commémorant cet anniversaire. J’ai compris plus tard que l’insurrection algérienne avait commencée par l’assassinat de plusieurs personnes et que le jour de la Toussaint, il était mal venu, il était mal venu de célébrer un tel fait. Il est vrai que toute société est fondée sur un crime commis en commun.

 

17 octobre  1961 (2)

 

            François Hollande vient de reconnaître la responsabilité de la République dans le massacre des manifestants algériens le 17 octobre 1961.

   Dans un conflit aussi complexe et aussi passionné que le conflit algérien, le simple énoncé de faits historiques pose déjà problème. Le Président de la République vient de faire un geste important de reconnaissance d’un fait historique. Il s’agit d’une reconnaissance et non d’une repentance.

 

Sylvia Krystel

 

            L’actrice qui incarnait Emmanuelle dans un film à succès de 1974 vient de disparaître. Emmanuelle est un film qui a marqué une époque. Il s’agit plus d’un film publicitaire pour les agences de voyage et les compagnies aériennes que d’un film érotique. Je n’ai retenu de ce film que la rencontre d’Emmanuelle avec un homme incarné par Alain Cuny, ce grand acteur qui s’était égaré dans un cabaret où des danseuses acrobatiques fumaient par le bas en tenant les mégots par les orteils.

            Ce matin sur France Culture, les invités du matin parlant de « manuels »d’histoire se laissaient aller à de multiples jeux de mots. Philippe Meyer a parlé d’une ridicule publicité sur le département de l’Aisne et j’ai pensé au jeu de mots que faisait mon grand oncle Jules, qui avait le don de faire des calembours dans les temps difficiles. Ce tonton Jules racontait l’histoire de ces parasites de bas étage, dont il avait été infesté lorsqu’il avait été envoyé par les Allemands dans un camp de concentration. Il racontait l’histoire de deux petits morpions conversant sur un poil et l’un dit à l’autre : « Descendez-vous à la proche aine ? »

 

 

                                                                                                          Jean-Pierre Bénisti

 

(1) http://inter-socialiste.over-blog.com/

(1) http://www.aurelia-myrtho.com/article-17-octobre-1961-86686058.html

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 13:18

Voici quelques peintures qui ne sont pas exposées à l'exposition consacrée aux Juifs d'Algérie ouverte au Musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris :

Baba-A.jpg

 

Maurice ADREY ((1899-1960) Baba

 

 

 

 

 

 

 (a-assus-la-noce-juive-copie-1.jpg

 

Armand ASSUS (1892-1977)

La noce juive

On reconnait le célèbre musicien Séror jouant du violon

 

Fete-orientale441.jpg

 

Louis BÉNISTI ( 1903-1995)

La fête orientale

LB-Femme-juive.jpg

 

Louis BÉNISTI

Femme en costume de Constantine

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:29

               à Albert Camus

 

Comme un souvenir

je t'ai rencontrée,

personne perdue;

 

Comme la folie,

encore inconnue;

 

Fidèle, fidèle

sans voix , sans figure,

tu es toujours là.

 

Au fond du délire,

qui de toi descend.

je parle j'écoute

et je n'entends pas.

 

Toi seule, tu veilles

tu sais qui je suis.

 

La terre se tourne

de l'autre côté,

je n'ai plus de jour

je n'ai plus de nuit ;

 

le ciel immobile

le temps retenu

ma soif et ma crainte

jamais apaisée,

 

pour que je te cherche,

tu les a gardés.

 

Soeur inexplicable,

délivre ma vie,

laisse-moi passer !

 

Si de ton mystère,

je suis corps et biens

l'instant et le lien,

 

ô dernier naufrage

de cette saison,

avec ton silence

avec ma douleur,

avec l'ombre et l'homme,

efface le dieu !

 

Faute inexplable

je suis sans remords,

 

Dans un seul espace,

je veux un seul monde

une seule mort.

 

Jean TARDIEU

Jours pétrifiés

Éditions Gallimard  1948

 

.

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:25

J´ai eu tort, je suis revenue

Dans cette ville loin perdue

Ou j´avais passe mon enfance.

J´ai eu tort, j´ai voulu revoir

Le coteau où glissaient le soir

bleus et gris ombres de silence.

Et je retrouvais comme avant,

longtemps apres,

le coteau, l´arbre se dressant,

comme au passe.

J´ai marche les tempes brulantes,

croyant étouffer sous mes pas.

Les voies du passe qui nous hantent

et reviennent sonner le glas.

Et je me suis couchee sous l´arbre

et c´etaient les memes odeurs.

Et j´ai laisse couler mes pleurs,

mes pleurs.

J´ai mis mon dos nu a l´ecorce,

l´arbre m´a redonne des forces

tout comme au temps de mon enfance.

Et longtemps j´ai ferme les yeux,

je crois que j´ai prie un peu,

je retrouvais mon innocence.

Avant que le soir ne se pose

j´ai voulu voir

les maisons fleuries sous les roses,

j´ai voulu voir

le jardin ou nos cris d´enfants

jaillissaient comme source claire.

Jean-Claude, Regine, et puis Jean -

tout redevenait comme hier -

le parfum lourd des sauges rouges,

les dahlias fauves dans l´allée,

le puits, tout, j´ai tout retrouve.

Hélas

La guerre nous avait jeté là,

d´autres furent moins heureux, je crois,

au temps joli de leur enfance.

La guerre nous avait jetés là,

nous vivions comme hors la loi.

Et j´aimais cela. Quand j´y pense

ou mes printemps, ou mes soleils,

ou mes folles années perdues,

ou mes quinze ans, ou mes merveilles -

que j´ai mal d´être revenue -

ou les noix fraîches de septembre

et l´odeur des mures écrasées,

c´est fou, tout, j´ai tout retrouve.

Hélas

Il ne faut jamais revenir

Aux temps caches des souvenirs

Du temps béni de son enfance.

Car parmi tous les souvenirs

Ceux de l´enfance sont les pires,

ceux de l´enfance nous déchirent.

Oh ma très chérie, oh ma mère,

ou étés-vous donc aujourd´hui?

Vous dormez au chaud de la terre.

Et moi je suis venue ici

pour y retrouver votre rire,

Vos colères et votre jeunesse.

Et je suis seule avec ma détresse.

Hélas

Pourquoi suis-je donc revenue

et seule au detour de ces rues?

J´ai froid, j´ai peur, le soir se penche.

Pourquoi suis-je venue ici,

ou mon passe me crucifie?

Elle dort a jamais mon enfance.

 

 

Barbara

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x4aj5o_barbara-mon-enfance_music


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:17

As-tu déjà perdu le mot de passe

Le château se ferme et devient prison,

La belle aux créneaux chante sa chanson


Et le prisonnier gémit dans l’in pace.


Retrouveras-tu le chemin, la plaine, 


La source et l’asile au cœur des forêts, 


Le détour du fleuve où l’aube apparaît, 


L’étoile du soir et la lune pleine ?


Un serpent dardé vers l’homme s’élance, 


L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,


La belle soupire au bord des créneaux,


Le soleil couchant brille sur les lances,


L’âge sans retour vers l’homme jaillit, 


L’enlace, l’étreint entre ses années.


Amours ! Ô saisons! Ô belles fanées !


Serpents lovés à l’ombre des taillis.

 

Robert DESNOS 

 

1942

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 13:42

 

       Les années suivantes, j’ai été davantage intéressé par ce qui se passait en dehors de la Cour d’honneur. Il y avait l’excellente initiative de Lucien Attoun à Théâtre ouvert. J’avais vu un spectacle où les acteurs réunis pour un repas autour d’une table disent chacun à leur tour un texte extrait des Cloches de bal d’Avignon. Le texte était digéré comme un repas. De jeunes acteurs et actrices faisaient dans ce spectacle leurs débuts : il y avait Nada Strancar, Ludmilla Mickaël, Valérie Dreville etc. Le matin, Attoun avait ouvert dans la Chapelle des Cordeliers, un Gueuloir, où les auteurs de pièce théâtrale était invité à lire leurs textes.

          Le festival off s’installait. Beaucoup de spectacles. Ils n’étaient pas tous bons. C’était souvent des spectacles qui s’adressaient surtout aux professionnels du spectacle, comme les metteurs en scène de passage ou les fonctionnaires du ministère de la Culture, qui, intéressés par les spectacles pouvaient les inviter à se produire dans des théâtres subventionnés. Souvent les spectacles présentés étaient des one man show. Les critiques des journaux ignorent toujours le off et ne font toujours pas leur travail. Il est vrai qu’il est difficile de couvrir autant de spectacles. Comme toujours, les critiques se contentent quand ils le peuvent d’essayer de dénigrer les spectacles des troupes déjà reconnues. On aurait  mieux aimé qu’il nous conseille de voir les spectacles réussis des auteurs et des scénographes encore inconnus. Il est vrai que les critiques de théâtre sont souvent des dramaturges ratés.

 

En 1979, Ariane Mnouchkine  avait monté pour le festival d’Avignon Méphisto de Klaus Mann, histoire du milieu théâtral en Allemagne pendant la montée du nazisme. Ce spectacle était passionnant. Une amie comédienne jouait le rôle d’une actrice  allemande noire, probablement originaire d’une ancienne colonie allemande comme le Cameroun ou le Togo. Lorsque le spectacle vint à Lyon en février 1979, j’ai eu l’occasion de revoir ce spectacle.

En 1981, un président de la République, nouvellement élu,  vint enfin à Avignon pour rendre à Vilar l’hommage qu’on lui devait.

Passant rapidement à Avignon, en juillet 2002. j’ai eu à la dernière minute une place pour Richard II dans la mise en scène d’Ariane Mnouchkine. J’étais mal placé et je n’ai rien entendu. Le lendemain de cette soirée je cédais à la tentation de voir tard dans la nuit,  un spectacle Brecht donné dans une cour de collège. Je luttais contre le sommeil et je n’arrêtais pas de bouger sur mon fauteuil pour me tenir éveillé. Nous n’étions que trois spectateurs. Après le spectacle, je fus interpellé par un des acteurs qui m’avoua  avoir été indisposé par mon attitude de spectateur luttant contre le sommeil. Mon attitude était d’autant plus insupportable pour les acteurs qu’il n’y avait que trois spectateurs et qu’ils avaient l’impression de jouer dans le vide.

 

En 1987, le festival d’Avignon présentait le Soulier de Satin dans une mise en scène d’Antoine Vitez. Le spectacle s’étalait sur deux soirs avec des séances de quatre heures. Je n’ai vu que la deuxième partie. J’ai été émerveillé par cette mise en scène de Vitez qui renouait à la tradition du TNP de Vilar. Ludmilla Mickaël et Nada Strancar parlaient de Mogador, cet ancien port portugais sur la côte marocaine qui devint Essaouira et nous invitaient à partir vers des horizons lointains. Sacha Guitry aurait dit au sortir du Soulier de satin mis en scène par Barrault : « Heureusement, qu’il n’y ait pas la paire. »  Très tôt le matin, je regagnais mon hôtel en traversant la rue de la République d’Avignon et je rencontrais une espèce en voie de disparition : deux curés en soutane. Je me demandais si c’était des vrais curés ou des acteurs du off déguisés en curé. J’étais trop fatigué pour poser la question à ces deux ensoutanés.. J’avais vu aussi à la Chapelle des Pénitents blancs d’Avignon, un monologue de Robert Pinget joué par David Warrilow,, acteur disparu en 1995. À l’entrée, une petite dame demandait des places réservées au nom de Adler. Je m’aperçus qu’il s’agissait de Laure Adler, une petite dame aux allures de petite fille. Le fait de l’avoir rencontré me permet de l’imaginer lorsque je l’entends sur France-Culture. Actuellement, je l’entends juste au moment où je me couche avec l’émission : Hors champs.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti.

 

 

Avignon.160.jpg

 

Chapelle des Cordeliers

 

Avignon-87606-copie-1.jpg

 

Dessin de Misstic sur un mur d' Avignon en 1987

 

Photos JPB

 

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