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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:11

Rondel

 

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

 

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

 

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.

 

Charles d’Orléans

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 17:17

Au moment où  le cinquantenaire des accords d’Evian fait l'objet d'une timide célébration , l’Algérie reste présente dans nos esprits. La multiplication des émissions consacrées à cette guerre en témoigne.
Benjamin Stora nous a démontré qu’il ne fallait pas confondre mémoire et histoire et que si l’histoire est une, les mémoires sont multiples et peuvent se contredire. Peut-être qu’il n’y a pas encore d’histoire de la guerre d’Algérie avec une grande Hache (1), mais l’histoire des historiens n’est pascelle vécue  par les  habitants de l’Algérie.

Un jour, un pied noir qui avait édité à compte d’auteurs son journal des dernières années de sa vie algéroise m’offrit son ouvrage et à la lecture, je remarquais que les évènements dont il faisait état ne correspondaient pas du tout à ceux que j’avais retenu. Son histoire m’était presque étrangère.

 

Des malentendus subsistent encore. Il ne faut pas oublier que l’affaire algérienne n’a pas été un drame, mais une tragédie. Dans un drame, tout le monde a tort. Dans une tragédie, tout le monde a raison. Il est courant de rejeter la responsabilité de la guerre d’Algérie a une minorité de Français d’Algérie exploiteurs et faisant « suer le burnous » Cela n’est pas exact. La plupart des Européens d’Algérie avaient des revenus inférieurs aux revenus de leurs collègues métropolitains et n’exploitaient personne. Cependant un pied-noir, même pauvre, avait toujours un plus pauvre que lui qui était musulman. D’autre part le colonialisme est un système et les pieds-noirs,  tout en n’étant pas  de ce système, se sont retrouvés responsables de ce système   par délégation et de fait, les victimes expiatoires.

 

À la lecture des témoignages sur la guerre d’Algérie apparaissent une succession de faits qui semblent  isolés les uns des autres et  qui ne peuvent se comprendre que si on en perçoit les liens.

            Des aspects des évènements survenus durant la fin de la guerre d’Algérie ne semblent pas avoir attiré l’attention des journalistes :

1° S’il existait une guerre franco-algérienne ou plutôt une guerre entre l’armée française et le FLN, il existait de part et d’autre deux autres conflits ; un conflit franco-français entre les français favorables à l’OAS et tous les autres qui étaient légalistes et un conflit interne à l’intérieur du FLN, qui a éclaté peu de temps après les premiers entretiens d’Évian. Jean-Jacques Servan Schreiber disait dans l’Express :"Nous devons choisir entre le FLN à Alger ou l’OAS à Paris. "Le choix était clair. Cela explique certaines positions extrêmes comme celle de Sartre qui dans sa préface aux Damnés de la terre de Frantz Fanon lançait un véritable appel au meurtre. (2). La guerre d’Algérie devenait un problème politique intérieur à la France.

2° L’action de l’OAS en Algérie après l’échec du pronunciamento d’avril 1961 a entraîné un pourrissement de la situation, exigeant de la part des autorités françaises une solution de type chirurgical entraînant naturellement des victimes collatérales. Les pieds-noirs et les harkis en ont fait les frais.

3° Un livre récent sur les pieds-noirs restés en Algérie (3) laisse supposer que l’OAS est seule responsable du départ massif de la majorité des pieds-noirs et que leur maintien dans l’Algérie indépendante demeurait possible.

Cela n’est pas tout à fait exact. Tous les pieds-noirs ont dû quitter leur maison durant les années 1961 et 1962. Tout d’abord les pieds-noirs libéraux, menacés par l’OAS ont  quitté  le pays pour des raisons évidentes. Après le terrorisme exercé par l’OAS sur la population musulmane, les pieds-noirs se sont dit que lorsque l’Algérie sera indépendante,, les Algériens seront prêts à les étriper. Saisis par la peur, ils se sont précipités sur les bateaux et les avions.

Beaucoup de pieds-noirs songeant à rentrer en Algérie après leurs départ précipité y ont renoncé du fait de l’insécurité régnant en Algérie pendant l’été 62 et de la guerre entre willayas. Un certain nombre de pieds-noirs décidèrent cependant de rentrer

Il y avait effectivement au moment de  la rentrée scolaire de 1962-63 environ deux cent mille pieds-noirs, quelques années après ils devaient peut-être en rester dix mille et les Algériens n’ont pas réussi à les maintenir.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

 

 

  1.   Selon Georges Pérec
  2. « Car, en premier temps de révolte, il faut tuer. Abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé. Restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante des pieds. ») Vu la situation présente en Algérie, nous ne saurons considérer cette pensée comme une formule de rhétorique, et c’était un véritable appel au meurtre. Le livre de Fanon était cependant intéressant, notamment sur l’influence du conflit algérien, sur la pathologie mentale.
  3. Pierre DAUM : Ni valise, ni cercueil. Actes-Sud. Paris 2012.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 14:07

Bernard Noël : « L’histoire n’existe pas. Elle est ce que le présent fait du passé."

 

Raphaël Einthoven

"On ne prend pas au sérieux les paroles d’un con, sinon on est con soi-même."

citant Alain Besançon : « Il croit qu’ils savent, sans savoir qu’ils croient. » (C'est un chiasme)

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 14:00

Dans le Monde de samedi 3 mars, la belle Emmanuelle Béart avoue son regret d’avoir fait refaire ses lèvres, grâce à la chirurgie esthétique, car le résultat a été décevant. Cette pratique chirurgicale pose d’énormes problèmes. Je ne parle que de chirurgie esthétique et non pas de chirurgie plastique qui permet de réparer de gros délabrements corporels ou des malformations congénitales. Nous naissons comme nous sommes et pourquoi vouloir corriger les imperfections de notre corps. Simone Signoret disait que les rides étaient les cicatrices des sourires. Laissons donc ces cicatrices en guise de souvenirs. Beaucoup de personnes  se font rectifier le nez, car elles n’aiment plus  le voir dans leur miroir au milieu de la figure. Comment le chirurgien, si habile soit-il pourra redessiner un nez correspondant à la personnalité du sujet. Tous ces chirurgiens n’ont pas le talent d’un Rodin ou d’un Maillol qui savaient sculpter des nez, et aurait-il un talent équivalent, il serait limité par les difficultés techniques.

 

J’ai toujours eu de l’aversion pour les tatouages. Quand j’étais enfant, je voyais en Algérie beaucoup de femmes originaires de Kabylie ou des Aurès, ayant sur leurs visages des tatouages marquant leurs appartenances à une tribu. Le concierge de la maison où j’habitais avait sur son bras une ancre marine, probablement dessinée du temps où il était marin. Ces traits verts sur la peau me faisaient horreur d’autant plus que je savais qu’ils étaient indélébiles. Par la suite, j’ai rencontré des personnes qui avaient sur leurs bras, le numéro matricule tatoué lors de leurs séjours dans d’horribles camps d’extermination. Aujourd’hui, je remarque, plus en été qu’en hiver fleurir des tatouages sur les parties découvertes de la peau de beaucoup de jeunes, filles ou garçons et de toutes conditions. Ces jeunes sont à la mode. Mais l’ennui, c’est que la mode, ça se démode.

 

 J’ai toujours été contre la pratique de la circoncision, aussi bien chez les juifs, chez les musulmans ou chez d’autres. Je suis d’ailleurs étonné que ceux qui combattent l’excision des filles restent silencieux sur la circoncision, qui est aussi, à un degré moindre, une mutilation. Je sais que mes amis juifs et musulmans me désapprouveront. Peut-être qu’à l’origine, les conditions climatiques de certains pays ont favorisé les infections préputiales et les phimosis et il est facile de penser que la circoncision ou la non-consommation de viandes de porc  seraient dictées par des règles d’hygiène. Rien n’est moins sûr et actuellement les non-circoncis ont peu d’affections liées à leurs prépuces. Des études statistiques prouveraient que le SIDA atteint davantage les non-circoncis que les circoncis. Ces études nécessiteraient d’être approfondies avant que l’on soit autorisé à préconiser  une extension de cette pratique.

       Il y a d’ailleurs une question juridique qui n’est pas résolue. Les rabbins ou les imans ne sont pas habilités à faire des actes chirurgicaux et en cas de plainte, leurs actes seraient  considérés comme des blessures infligées à un tiers. Les chirurgiens pratiquant des circoncisions de complaisances seraient aussi  répréhensibles, car cet acte est rarement un acte de soin.

Cette pratique n’a aucun statut juridique, elle bénéficie seulement d’une tolérance. Je suis étonné du silence de l’Ordre des médecins à ce sujet.

        Le regretté professeur Minkowski  nous avait dit dans ses mémoires qu’il devait sa vie au fait de ne pas être circoncis. Sa judéité n’était pas apparue à ceux qui s’y intéressaient d’un peu trop près et il ne fut pas expédié dans un sinistre camp de déportation. Jacques Derrida  a avoué ne pas avoir fait subir ce rite à ses enfants et  un seul problème s’est posé : son fils était ainsi différent de lui et ne lui ressemblait pas.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 12:55

« Une journée de passée. Sans un seul nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d'un bout à l'autre, trois mille six cent cinquante-trois.
Les trois de rallonge, c'était la faute aux années bissextiles. »

Alexandre Soljenitsyne Une journée d'Ivan Denissovitch.

 

 

Il n’y a de 29 février que tous les quatre ans. Et les travailleurs n’ont pas l’air de se rendre compte qu’ils travaillent un jour de plus sans pour autant gagner plus.

Le 29 février n’est pas seulement l’anniversaire du Sapeur Camembert. Il y a d’autres personnes qui sont nées ce jour, mais elles sont rares, car les parents soucieux de ne pas frustrer leurs petits qui ne pourraient fêter leurs anniversaires que tous les quatre ans, diffèrent de quelques heures, leurs déclarations de naissance au service de l’état civil.

Ce sacré jour permet aux enfants de poser des questions sur la rotation de la terre autour du soleil et sur notre calendrier solaire. Il existe d’autres calendriers : les musulmans ont un calendrier uniquement lunaire, qui ne tient pas compte des saisons et les juifs ont un calendrier lunaire avec un rattrapage solaire : tous les quatre ans il y a un treizième mois.

Je lance un appel aux candidats à la présidence de la République pour qu’ils proclament  le 29 février jour férié. Ce serait bien d’avoir une fête seulement tous les quatre ans et du même coup, il serait utile de supprimer un grand nombre de jours fériés inutiles.

 

            Jean-Pierre Bénisti

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 11:55

 

 

Hessel compare François Hollande à Mendés-France. François le second n'a pas dû être indigné de ce qu'a dit de lui le sympathique nonagénaire.(1)
Un souvenir d'enfance me vient à l'esprit. PMF venait de signer l'accord de cessez le feu avec le Viet Nam puis s'apprêtait  à discuter avec Bourguiba. Mon maître d'école, dont l'origine martiniquaise l'avait sensibilisé aux problèmes de la colonisation me fit l'éloge du Président du Conseil en me disant : "C'est un grand monsieur, il s'appelle Pierre comme toi." Je ne savais pas encore qu'il était comme moi et aussi comme mon grand-père paternel, né un onze janvier.
J'écoutais souvent les conversations de grandes personnes. Au cours d'un repas, j'assistais à une discussion passionée sur les conséquences des décolonisations et j'appris que Mendés avait accordé l'indépendance  à l'Indochine et à la Tunisie. C'est alors qu'un des interlocuteurs nous dit : " Les Hollandais se sont sépares de l'Indonésie et Batavia est devenu Djakarta." Je pris part d'un seul coup à la conversation et je dis : "Il y acertainement eu  un Mendés-Hollande pour accorder l'indépendance à ce pays."
Par la suite, au moment de l'Indépendance de l'Algérie, une avenue Anatole France devint, dit-on avenue Anatole Algérie.

                                                                                                       Jean-Pierre Bénisti

 

(1) Voir le Nouvel Observateur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120119.OBS9294/hessel-compare-hollande-a-de-gaulle-et-mendes-france.html

 

 

 

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 15:18

L’édition en ligne du Nouvel Observateur de cette semaine publie le bel article de Jean Daniel écrit en 1978 après la parution de la biographie de Camus par Herbert Lottmann. L’article se termine ainsi :

«   Le besoin étrange que nous avons de Camus, c’est l’acceptation de l’éclatement, consentement à la contradiction, l’accueil au mystère. Non pour se complaire dans la désillusion et installer comme il dirait, son fauteuil dans le sens de l’apocalypse ou de la malédiction ; non pour danser une dernière fois sur le volcan avec les dandys de l’esthétisme mais pour assumer dans le camp des humiliés et des offensés de l’Histoire, jamais ailleurs, ce rôle accidentel, inutile et pathétique dont l’homme hérite en accédant à une existence sur laquelle il n’a pas été consulté. Avec cette devise inscrite sur l’antique pierre tombale phénicienne érigée dans les ruines de Tipasa : Je comprends ici ce qu’on appelle la gloire : le droit d’aimer sans mesure.  » (1)

Jean Daniel reprend la phrase publiée dans la première édition du livre de Lotman et qui est erronée. La stèle a été gravée par Louis Bénisti, mon père qui écrivit à Jean Daniel pour signaler l’erreur :

           « À l’occasion de la parution du livre de M. Lottmann sur Albert Camus vous avez écrit un très bel article qui me touche et m'émeut parce qu'il évoque le souvenir de notre cher disparu.

Je crois de mon devoir de vous signaler qu'une erreur de transcription a fait écrire à M. Lottmann, à propos de la stèle dressée en hommage à Albert Camus : Je comprends ce qu'on appelle "La" gloire, le droit d'aimer sans mesure et vous reproduisez l'erreur, alors que Camus a écrit précisément :

        Je comprends ici ce qu'on appelle gloire le droit d'aimer sans mesure..

        Le sens est très différent » (2)

Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une pierre tombale phénicienne, il s’agit tout simplement d’une pierre romaine.

 

 

Jean-Pierre Bénisti

 

Voir : article de JD :

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120106.OBS8265/notre-camus.html#

 

Voir  Il y a cinquante ans, la stèle de Tipasa

http://www.aurelia-myrtho.com/article-il-y-a-cinquante-ans-suite-72698188.html

 

Tipaza-Stele-2-copie-1.jpg

 

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 15:15

Hier, notre Président a fait le voyage en Lorraine pour rendre hommage à notre héroïne. Il était accompagné de l’inévitable Nadine Morano, qui semble pouvoir facilement se reconvertir dans la chansonnette, lorsqu’elle en aura assez de la politique. Je ne sais si les trois capitaines l’auraient appelée vilaine, mais elle chante très bien Avec mes sabots.

Je m’attendais à ce qu’on nous annonce une loi interdisant de nier que cette personne ait été brûlée.

Aujourd’hui ce sont des enfants de Pétain qui iront rendre hommage à une Pucelle.

Je me souviens avoir été à Donrémy lorsque j’étais enfant et j’ai eu à cette occasion ma première leçon d’histoire.(Photo ci-jointe, j'avais six ans)

Beaucoup d’écrivains et de cinéastes se sont inspirés de cette figure mythique. Parmi eux, Joseph Delteil parle de Jeanne bébé :

« Jeanne est repue. La petite rose bave sur le sein maternel. Elle s’agite, devient chinoise. Ô chinoiseries ! Elle rit, et ses gencives nues font à son rire un décor d’aurore. Qu’y a-t-il ? Elle rotte, ma parole ! Ô rose rot ! Elle rote, elle rit, elle éternue –atchim- elle rit. Halte-là ! Je crois qu’elle pisse ! Petite cochonne ! »

 

 

Jean-Piierre Bénisti

 

Photo prise par ma maman.Donremy059.jpg

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 14:50

 

     Henri Chouvet (1906-1987),  sculpteur et graveur originaire de La Ciotat ayant travaillé en Algérie ne s'est jamais pris tout à fait au sérieux. Il avait toujours l'habitude d'organiser les soirées de réveillon et savait faire partager sa bonne humeur et avait créé au moment où les évènements étaient particulièrement tristes le club (virtuel) des çavassarrangistes . Tous les membres du club devaient dire en se levant le matin : "Ça va s'arranger!"  Au moment du passage d'une année à l'autre il nous faisait chanter a capela un petit cantique :

Le jour de l'an approche,

C'est le jour le plus beau,

On cherche dans sa poche,

Pour faire un petit cadeau,

Moi qui n'ai rien au monde

Pas même un petit écu,

Ma pièce la plus ronde,

C'est le trou de mon cul.

Peu de temps avant son décès, il m'avait envoyé un collage avec comme légende

Chouvet935-1.jpg

 

Trêve !avons nous pensé des micro-horizons

Faisons jaillir les culs  de leurs belles prisons 

Et passant le flambeau sur vos fesses charnues       

Rechargeons les accus.

  Il finit sa vie à Paris et avec son ami le peintre et graveur Jean Signovert, il fit surtout des gravures. Il mourut en septembre 1987.

 

                                                                                                         Jean-Pierre Bénisti

 

Belle-epoqueIMG_1923.JPG

 

La Belle époque (Gravure 1980)

 

Paris-77690.jpg

 

Henri Chouvet dans son atelier de Montmartre en avril 1977(Photo JPB)

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 17:57

Ballade de Noêl

 

 

« Tant l’on crie Noël qu’il vient. »
François VILLON

 

C’est vrai qu’il vient et qu’on le crie !
Mais non sur un clair olifant,
Quand on a la gorge meurtrie
Par l’hiver à l’ongle griffant.
Las ! Avec un râle étouffant
Il est salué chaque année
Chez ceux qu’il glace en arrivant,
Ceux qui n’ont pas de cheminée.

Il jasait, la mine fleurie,
Plus joyeux qu’un soleil levant,
Apportant fête et gâterie,
Bonbons, joujoux, cadeaux, devant
Le bébé riche et triomphant.
Mais quelle âpre et triste journée
Pour les pauvres repus de vent
Ceux qui n’ont pas de cheminée.

Heureux le cher enfant qui prie
Pour son soulier au noeud bouffant,
Afin que Jésus lui sourie !
Aux gueux, le sort le leur défend.
Leur soulier dur, crevé souvent,
Dans quelle cendre satinée
Le mettraient-ils, en y rêvant,
Ceux qui n’ont pas de cheminée ?

                          ENVOI

Prince, ayez pitié de l’enfant
Dont la face est parcheminée,
Faites Noël en réchauffant
Ceux qui n’ont pas de cheminée.

            Jean RICHEPIN  (1849-1926)

            La  chanson des Gueux

 

 

Lorsque j’étais à l’école primaire à Alger, j’avais eu un jeune instituteur qui  savait que les enfants ont une excellente mémoire et que l’on pouvait mettre à profit cette mémoire pour faire apprendre (par cœur) des  poésies intéressantes, loin des niaiseries habituelles. C’est ainsi  que j’ai du apprendre une Ballade de Noël écrite par un écrivain né à Médéa : Jean-Richepin.  Nous étions fiers d’apprendre un poème écrit par un de nos compatriotes, car Richepin est né à Médéa.

En fait , Richepin est né à Médéa par hasard, son père étant médecin militaire qui eut probablement " un enfant non voulu, qui est devenu un chevelu poète." alors qu'il aurait préféré qu'il fut notaire.

Cette ballade est une imitation de Villon et si on veut la chanter, il suffit de se servir de la musique que Brassens a écrite pour la Ballade des dames du temps jadis.

Le même Brassens a mis en musique un poème de Richepin .intitulé Philistins :

 

« Philistins, épiciers,
Alors que vous caressiez
Vos femmes,
Vos femmes.

En songeant aux petits
Que vos grossiers appétits
Engendrent,
Engendrent.

Vous disiez : ils seront,
Menton rasé, ventre rond,
Notaires,
Notaires.

Mais pour bien vous punir,
Un jour vous voyez venir
Au monde,
Au monde.

Des enfants non voulus
Qui deviennent chevelus
Poètes,
Poètes.

Car toujours ils naîtront
Comme naissent d’un étron
Des roses,
Des roses.

 

 Brassens a légèrement modifié le texte et n'a pas retenu  le dernier couplet.  

 

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