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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 16:35

 

Les  mots de Saint-Pierre et de Miquelon ont toujours été pour moi mystérieux. J’ai entendu ces deux mots dans ma plus tendre enfance, en découvrant dans une boite de souliers une carte postale qu’un ami, probablement en mission, avait envoyé à mes parents.

Je ne savais pas exactement où se trouvaient ces deux îles lointaines et je les confondais avec les Antilles, la Nouvelle-Calédonie, ou Tahiti.

Dans les cartons à dessin de mon père, au milieu d’innombrables croquis, une maquette pour la couverture d’un livre d’Émile de Curton : Les îles Saint-Pierre et Miquelon. Je demandais des explications sur ce livre. Mon père me dit qu’il s’agissait d’un projet de couverture d’un livre que l’éditeur Edmond Charlot lui avait probablement demandé, et que le projet n’avait pas abouti.

Bien plus tard, j’ai entendu de nouveau parler de ces îles. Dans les années 60, chez des amis de mes parents, j’ai rencontré un monsieur qui me dit qu’il partait en mission à Saint-Pierre et Miquelon. Il m’a parlé un peu de ces territoires lointains demeurés français, après la décolonisation. J’ai su que ce monsieur était Jean Cédille, qui avait eu un rôle important  en Indochine.

Une autre fois, un étudiant me dit qu’il partait enseigner dans ces îles pendant le temps de son service militaire. Je songeais à partir dans ces îles pour travailler à l’hôpital, mais j’ai vite écarté cette idée en raison de mon attachement au vieux continent.

Par le miracle d’Internet, j’ai fini par trouver le livre  qui n’a pas eu une couverture dessinée par Bénisti, mais qui est paru sans nom d’éditeur à Alger, imprimé le 28 septembre 1944 sous les presses de l’Imprimerie Nord-Africaine.

Le Président de la République a eu l’heureuse initiative de se rendre dans ces îles, dont les habitants ont eu une attitude courageuse pendant la seconde guerre mondiale. Le 24 décembre 1941 les Forces françaises, libres sous la conduite de l’Amiral Muselier (1882-1966), débarquent dans l’Archipel et  les deux îles rejoignent la France libre. Alain Savary (1918-1988) ,  qui participait au débarquement devint gouverneur de ces territoires. Il est important de rendre hommage à cet homme politique socialiste, né à Alger, qui a su démissionner en 1956 lorsqu’il s’est trouvé en désaccord avec la politique algérienne d’un gouvernement qui se disait socialiste.

                                                                        Jean-Pierre Bénisti

Voir :

Émile de CURTON :Les îles Saint-Pierre et Miquelon. Imprimerie Nord-Africaine, Alger 1941

http://www.grandcolombier.pm/wp-content/uploads/pdf/EMILE%20DE%20CURTON.pdf

Le ralliement de Saint-Pierre et Miquelon à la France Libre

https://www.google.fr/webhp?source=search_app&gfe_rd=cr&ei=ts9QU5mlMIGF5Aa7jYGoCQ#q=ralliement+de+saint-pierre-et-miquelon+france+libre

André-Louis SANGUIN Saint-Pierre et Miquelon, département français d’Amérique du Nord. Norois, Poitiers, 1883

http://classiques.uqac.ca/contemporains/sanguin_andre_louis/livres/Saint_pierre_et_miquelon/Saint_pierre_et_miquelon.pdf

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Maquettes de Louis Bénisti (vers 1944)

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 22:35

 

Si la photographie a été vulgarisée comme moyen d’information et de documentation, elle n’en est pas restée à la fidèle empreinte de l’objet intéressé. Elle peut exprimer des visions qui nous sont propres. L’appareil photo n’est pas une machine automatique, c’est l’aide-mémoire de notre œil. L’appareil saisit ce que notre œil a saisi de la réalité dans des conditions bien déterminées dans l’espace et dans le temps. Cette réalité n’est pas la réalité habituelle, elle est réfractée par le regard du photographe : « Nous avons braqué sur la durée, un œil qui l’a rendu durante. » disait Paul Claudel (1).

La nature, nous livre une série de plaisirs esthétiques : Arbres, paysages, etc.…Elles dessinent aussi des signes non-figuratifs : les tiges des plantes s’entrecroisant, l’empreinte des vagues sur le sable, les pierres rongées par l’érosion…Il appartient à l’homme de surprendre ces objets, qui ne sont pas des œuvres d’art, qui pourraient êtres vus comme tel et c’est au photographe de communiquer son regard sur l’objet.

Autrement dit, l’intérêt de la photographie ne réside pas dans l’objet photographié lui-même, mais dans l’interprétation de cet objet. L’œil du photographe capte l’image d’un seul instant  vu par un seul regard. Le photographe établit une corrélation entre l’esprit, le cœur et l’œil, comme la main de l’écrivain est en corrélation avec le cœur et l’esprit

.Le spectateur d’une exposition de photo établit un regard nouveau sur le regard du photographe, avec lequel il se solidarise.

Comme dit Éluard : « Le poète, c’est le lecteur. »

   Jean-Pierre Bénisti

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 17:03

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 16:58

 

Le musée Picasso a fini par rouvrir après de multiples péripéties et des polémiques sans rapport avec l’art.

Dans son discours d’inauguration, le président de la République a rendu hommage à Roland Simounet (1927-1996) l’architecte qui a conçu la structure intérieure du musée, installé dans l’hôtel Sallé.

À la différence de certains architectes de renom qui essaient de faire parler d'eux, cet architecte a tellement bien réussi son travail, que lors de la visite au musée, on ne voit que le contenu du musée. Le contenant n’est visible que dans les couloirs ou les escaliers. L’architecte a atteint son but : se faire oublier. D’autres architectes modernes n’ont pas eu ce même souci et ont cherché à ce que leur architecture  soit encore plus visible que ce qu’elle est censée montrer.

Il est regrettable que la direction du musée  n’est pas eu l’idée de faire visiter le musée avec les murs nus avant l’accrochage des œuvres de façon à montrer l’architecture de Simounet dans toute sa splendeur.
L’architecte chargé du réaménagement du musée a respecté en gros l’architecture antérieure, mais il a supprimé la cour des sculptures au profit d’un espace consacré aux caisses.

 

                                                            Jean-Pierre Bénisti

 

 

http://www.elysee.fr/videos/discours-a-l-039-occasion-de-la-reouverture-du-musee-national-pablo-picasso/

. http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-a-l-occasion-de-la-reouverture-du-musee-national-pablo-picasso/

 


 

Paris 87948

Musée Picasso 1985     Photo JPB

 

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La cour des sculptures 1985     Photo JPB

 

 

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La Cour des sculptures 1985                              Photo JPB

 

 

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Escalier  novembre 2014                                                             Photo JPB

 

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Escalier Novembre 2014                                                                                            Photo JPB

 

 

 

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:43

j'ai horreur de l'expression vous n'êtes pas savoir, ou vous n'êtes pas sans ignorer.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 18:30

 

 

 

"La partie moderne d'Alger ressemble beaucoup à n'importe quelle ville de France. Mise à part la foule d'autochtones habillés de leurs costumes traditionnels, on pourrait se croire dans une cité espagnole ou française de la côte méditerranéenne. Le quartier arabe d'Alger est lui, plus pittoresque"…

 

 

Ce texte est de Charlie Chaplin. Il est extrait de Mon tour du monde,  traduit de l'anglais par Moea Durieux éditions du sonneur, Paris 2014

 

 

 

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Photo extraite de Maurice Robert Bataille et Claude Veillot, Caméras sous le soleil, Heintz, Alger, 1956

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 18:11

La référence psychanalytique est évidente 

 

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Renoir

Jeune fille endormie

exposée à l'exposition Durand-Ruel au Musée du Luxelborg

 

 

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Balthus  Le lever

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 20:15

 

Solange Sarfati naquit à Alger le 12 novembre 1914, rue des Écoles dans le quartier de Bab el Oued, rue qui prit peu après le nom de Jean-Jaurès. Sa naissance au sein d’un couple qui avait déjà quatre enfants a permis à son père d’être démobilisé et de ne pas partir aux Dardenelles, lieux où les soldats de son régiment qui y sont allés, n’y sont pas revenus..

Elle entreprit des études de Médecine à la faculté d’Alger et devint médecin en 1944, métier qu’elle désirait pratiquer depuis son plus jeune âge.

En avril 1942, elle épousa Louis Bénisti, sculpteur et peintre. Les jeunes mariés ne pouvant se rendre à Venise du fait de la guerre, passèrent leur lune de miel, à Oran  répondant à l’invitation d’Albert Camus, qui était très lié à Louis. Camus avait d’ailleurs eu l’occasion de donner à Solange des leçons de philosophie, lorsqu’elle préparait  son baccalauréat.

  Elle exerça son métier de médecin dans le quartier de Bab el Oued de 1944 à 1972, traversant des époques de guerre et de paix,  et toujours dévouée à sa clientèle.

Elle finit sa carrière à Aix-en-Provence et prit sa retraite en 1979.

Elle mourut dans cette ville le 17 octobre 1990.

 

 

 

Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

 

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Maternité (Solange) encre de Louis Bénisti

 

 

 

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Solange, Louis et Jean-Pierre à Alger vers 1947

Photo Louis Bernasconi

 

 

 

 

 

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Solange en été 1987 à Évian

 

 

 

 

 

Passer son baccalauréat avec Albert Camus.

 

C’est en 1934 que me trouvant chez ma sœur, j'ai vu arriver un beau jeune homme, qui n'était autre qu' Albert Camus.

Et lorsqu’en 1935, en dépit de mes bons résultats au lycée, j'ai échoué à la session de juin du baccalauréat, ma sœur demanda à Albert Camus (qui était le meilleur ami de Louis Bénisti, le frère de son mari Lucien) de me donner des leçons de soutien en philosophie. Camus étant alors jeune marié, il  avait besoin d'argent. Et pour être rentables, ces cours devaient être collectifs. C’est ainsi que je recrutais six autres élèves, Ginette Degueurce, Paulette Mamin, Josette Chiche (1), Lucile Elbaz et  Mademoiselle Weiss. Nous étions donc sept lycéennes qui tous les jeudis nous rendions à  la maison de Camus à Hydra, sur les hauteurs d'Alger..

Les cours de Camus se révélèrent complètement différents de ceux que nous avions suivis au lycée avec nos professeurs dont Monsieur Escaffre. Camus lui, donnait chaque semaine un exposé à une élève. Après l'exposé, il  provoquait la discussion avec les autres élèves, tout en prenant le thé et fumant des cigarettes. Ces après-midi étaient  si passionnantes  que nous attendions le jeudi  avec impatience,  et  ne regrettions plus d'avoir échoué, en dépit de  tout le travail que cela nous avait donné pendant cet été.

Nous étions toutes en admiration devant ce beau jeune homme qui, non seulement nous apprenait d'une manière fort agréable la philosophie, mais encore nous faisait rire.

Je tiens à raconter une petite anecdote qui se passait au cours d'une leçon un jeudi après-midi. Alors que l’une des lycéennes  commençait son exposé, nous avons entendu la voix de sa femme qui criait " Albert, vous avez laissé vos chaussures dans la salle à manger. " Camus nous dit alors : "Ne vous mariez pas, mesdemoiselles, ne vous mariez pas."

Au cours du mois de septembre 1935, comme nous avions beaucoup de travail pour les révisions et que nous perdions vraiment du  temps pour  aller jusqu'au parc d'Hydra, les leçons se déroulèrent chez une de nos camarades, Ginette Degueurce, au 12 bis du Boulevard du Telemly, une villa qui se trouvait en face de l'Eglise Sainte Martienne.

      Chaque fois que nous entendions les cloches sonner pour un mariage, Camus nous disait toujours avec un sourire ironique: " Ces malheureux, ils ne savent pas ce qu'ils font; ne vous mariez pas mesdemoiselles, ne vous mariez pas ! »  Inutile de vous dire que nous lui avons toutes désobéi.

La session d'octobre arriva, nous avons été reçues toutes les sept.  Il nous restait un peu plus d'un mois pour profiter des  vacances jusqu’à  l'entrée aux Facultés.

Ce mois a été merveilleux car chacune de nous organisait  une réception à tour de rôle, et ce fut un véritable plaisir d'avoir la présence de  notre jeune professeur parmi nous, si plein de charme et d’humour. C'est ainsi qu'il nous faisait rire en parlant "cagayous" et en nous lisant des passages du livre de "Musette" : "Le mariage de Cagayous", livre qu'il aimait particulièrement.

C'était le mois où il fallait décider du choix des études. Mon désir était évidemment de faire médecine, depuis  l'âge de huit ans, je rêvais de devenir doctoresse;, mais je fis part à Albert Camus des conseils de mes frères qui auraient préféré que je choisisse la pharmacie, "C'est moins long et cela laisse plus de liberté, " me disaient-ils. Albert Camus intervint : "Ne les écoutez pas, Solange, faites ce que vous désirez, vous êtes faite pour être un bon médecin." Ce furent de précieux encouragements.

 

 

Solange Bénisti

 

 

Texte  ècrit à Aix en Provence en 1984

 

(1) Une lettre d’Albert Camus à Josette Chiche est parue dans le  Cahier de  l’Herne consacrée à Camus paru en été 2013.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 20:03

Evelyne Baylet, directrice de la Dépèche du Midi vient de disparaître à l'âge de 101 ans. C'était le dernier témoin de la fameuse Khagne du lycée Bugeaud d'Alger ( Lycée Émir Abdel Kader aujourd'hui) qui comptait comme élève : Albert Camus , Claude de Fréminville, André Bélamich, Maurice Perrin et Évelyne Izac-Baylet

 

 

ACKagne Bugeaud 608

 

Sur la célèbre photo de la classe d’hypokhâgne du lycée Bugeaud, (lycée Émir Abdel Kader aujourd’hui) on reconnaît au centre Monsieur Paul  Mathieu, professeur de français, Monsieur Sauvage, proviseur, Monsieur Garoby, professeur d’histoire et géographie et Évelyne Izac (future Baylet) Au deuxième rang, à l’extrême droite, Jean Bogliolo, et de droite à gauche  André Bélamich, une étudiante inconnue et Claude de Fréminville, derrière le proviseur. Toujours au deuxième rang, mais à l'extrême gauche Marcel Chiapporé, puis Paul Boyer. Au dernier rang, de droite à gauche Maurice Perrin, puis Albert Camus sans calot.

André Belamich, devint traducteur de Federico Garcia Lorca  pour le compte des éditions Gallimard. Jean Bogliolo, qui obtint en hypokhâgne, le premier prix de philo devant Camus, s’essaya à l’écriture et publia chez Charlot Broussailles. Il devint ensuite un professeur de lettres estimé et resta au lycée Gauthier d’Alger jusqu’au début de l’indépendance de l’Algérie. Marcel Chiapporé devint professeur de grec à la faculté d'Alger.  Paul Boyer enseigna les lettres au lycée Bugeaud. Claude de Fréminville devint  le célèbre Claude Terrien, journaliste à Europe n°1. Évelyne Izac devint plus tard Evelyne Baylet, mère de Jean-Michel Baylet et directrice de la Dépêche du midi.  

Les autres personnes ne sont pas identifiables et  il est étonnant que depuis la disparition de Camus, ces personnes ne se soient pas manifestées auprès des camusiens.

Par la suite, la khâgne de Bugeaud devait avoir d’autres élèves prestigieux comme : Assia Djebbar, Jacques Derrida, Pierre Rivas ou plus récemment Jean-Pierre Castellanni  ou Mauricette Berne

Maurice Perrin fréquentait Camus à l’époque où il dirigeait le théâtre de l’Équipe et il le rencontrait souvent dans la Maison Fichu dite Maison devant le monde et dans l’atelier de Bénisti. En 1956, il participa aux côtés de Miquel, Simounet, Roblés, Maisonseul. Il fut assassiné par un commando de l'OAS le 25 novembre 1961


 

                                 Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

Jeanne Delais, dans un ouvrage consacré à son mari Claude de Fréminville rapporte au sujet d'Évelyne Baylet :

"Vive, jolie, esprit délié, rapide à la riposte, dans les cours, se distinguait Évelyne Izac qui était capable de discuter avec autant de rigueur que les garçons et fascinait Camus et Fréminville. Elle épousera Jean Baylet. La meilleure élève de la classe, elle fut première en philosophie aux deux premiers trimestres. Camus ne lui vola cette place qu'au troisième trimestre. "C'est, à ce moment-là, dit-elle, que Jean Grenier commença à s'intéresser à lui." 

Jeanne Delais; L'ami de chaque matin, Grasset, Paris 1969

 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 12:51

 

Hier, 4 novembre 2014, j’ai écouté l’excellente émission du Pr René Frydman : Révolution médicale sur France-Culture1.

Le sujet était la césarienne. L’interlocuteur de René Frydman a commis une inexactitude concernant l’origine du mot césarienne. Il prétendait que le mot césarienne venait du fait que l’auteur du De bello Gallico serait né par césarienne. Jules César n’est pas né par Césarienne et Cicéron n’avait pas une verrue en forme de pois-chiche, comme il serait permis de le penser.

Jules César s’appelait Caius Julius Cæsar, selon la dénomination latine :  prénom + nom + surnom. Cæsar était donc le surnom, signifiant né par incision . Cela voulait dire qu’un de ses ancêtres était né par césarienne (de cædere : couper)

D’autre part, une césarienne itérative n’est pas une césarienne programmée en opposition à celle qui serait faite en urgence, mais tout simplement une césarienne faite chez une femme déjà césarisée lors d’une grossesse antérieure.

On ne demande pas à un obstétricien d’être bon en latin et en histoire romaine, mais il ne faut tout de même pas induire les auditeurs d’une émission de radio en erreur.

Jean-Pierre Bénisti

 

 

1.Voir :

http://www.franceculture.fr/emission-revolutions-medicales-de-plus-en-plus-de-cesariennes-2014-11-04

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