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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 10:31

 

 

            Le 17 octobre 1961, j’étais à Paris chez ma tante Suzanne, qui m’avait accueilli après mon départ d’Alger. J’étais élève en classe terminale au lycée Jacques Decour, près de Montmartre. Alors que j’étais en train de finir mon travail scolaire, vers onze heures du soir, Suzanne, qui était en train d’écouter la radio, vint m’informer que les Algériens en masse manifestaient sur les boulevards. Je n’étais pas étonné, car j’avais su que le préfet de police Maurice Papon venait d’instaurer un couvre-feu, frappant les Algériens, en raison de fréquents attentats visant les policiers. Ce couvre-feu était tout à fait illégal, car il visait les seuls musulmans qui n’étaient reconnaissables que par leurs caractéristiques physiques. Les Algériens vivant en région parisienne avaient mal ressenti cette mesure discriminatoire et avait fait part de leurs mécontentements. Le lendemain, lorsque je lus les journaux, j’appris qu’il y eut  une terrible répression. Les services d’urgence des hôpitaux avaient reçu de nombreux blessés. La Seine charriait des cadavres de manifestants noyés. Enfin les militants des droits de l’homme s’indignaient que le préfet Papon ait donné l’ordre de parquer les manifestants au Palais des sports, de la même façon ,  la Gestapo parqua les juifs au Veld’Hiv. Triste retour des choses. On pourrait presque parler de retour du refoulé. Dans les années 80, on devait apprendre que Papon avait été un fonctionnaire du gouvernement pétainiste à Bordeaux et qu’il avait signé des ordres de déportation de juifs. Sinistre Papon ! Il devait encore s’illustrer en février 1962, lors de la manifestation qui devait aboutir aux morts du métro Charonne. Heureusement qu’il ne fut pas en service en mai 68, car il y aurait eu des victimes et il faut être reconnaissant envers le préfet Maurice Grimaud, qui devait succéder à Papon. Il faudrait un jour étudier l’utilisation des stades pour parquer les prisonniers. Au Chili, Pinochet parqua ses opposants au stade de Santiago.

 

                                                                                                              Jean-Pierre Bénisti

 

 

             

Voir le court métrage d'Ali Akika:

http://www.liberte-algerie.com/contributions/paris-17-octobre-61-les-algeriens-sont-jetes-dans-la-seine-commemoration-du-50e-anniversaire

 

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