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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:59

C’est évident. Les résultats des élections municipales ne sont pas bons pour la gauche. Il serait cependant inconvenant de parler de défaite ou de déroute. Il s’agit d’élections de maires et il y a autant de défaites ou de déroutes que de maires battus ou autant de victoires que de maires élus. Le terme approprié serait plutôt : échec de la gauche, succès de la droite et de l’extrême droite.

Ce n’est pas la première fois que des élections municipales traduisent un mécontentement vis-à-vis d’une politique nationale, sans tenir compte de la gestion de leur  mairie. En 1983, les Grenoblois n’ont pas réélu Hubert Dubédout, qui était pourtant l’un des meilleurs maires de France. En 1977, les électeurs de gauche ont essayé de transformer les élections municipales en une répétition d’élections législatives : la gauche gagnait des mairies et la droite en perdait, mais à la différence avec 2014, les maires étaient bien élus ou bien battus, ils n’étaient pas battus par défaut comme certains maires de gauche aujourd’hui dont leurs défaites sont dues surtout au déficit de voix de leur propre camp ;

Les électeurs ont donc sanctionné des maires qui ont souvent fait un excellent travail, faute de pouvoir sanctionner la politique nationale.

Après avoir entendu le message que les Français lui ont envoyé, le Président aurait pu ne pas tenir compte de ce revers électoral et ne pas changer de gouvernement aussi rapidement. Jean-Marc Ayrault devient une victime expiatoire, alors qu’il a fait un travail tout à fait honorable. Une personne doit démissionner, c’est Harlem Désir qui, en tant que secrétaire du principal parti de la majorité gouvernementale, porte une grande responsabilité de l’échec de son parti. Le remplacement de Ayrault par Valls  n’apporte rien. Valls est un homme qui se dit de gauche, mais qui est surtout apprécié par la droite, or, ce que nous enseigne les résultats ce n’est pas seulement, que les électeurs ont préféré  la droite, c’est que la gauche a souffert d’un déficit.

Par ailleurs, le parti socialiste a surtout proposé plus des réformes sociétales (type mariage pour tous) que des réformes sociales. La loi sur le mariage pour tous peut déplaire, car s’il est normal que les couples homosexuels aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels, le mariage a un caractère sacré même s’il n’est pas célébré religieusement et il doit répondre à un projet familial. Je pense que les législateurs ont été trop loin. Il aurait mieux valu proposé pour les couples homosexuels, un contrat d’union civile (PACS amélioré) plutôt qu’un mariage.

Le grand problème de la vie politique française est surtout un problème d’institution. La Vème République a été faite pour résoudre la crise algérienne. En donnant des pouvoirs importants au Président de la République, la politique extérieure se faisait en dehors du Parlement et n’était plus soumise aux caprices des députés, soucieux de satisfaire leur électorat. Le Général de Gaulle avait su user d’une Constitution à sa mesure en n’usant pas de tous ses pouvoirs et en concentrant son énergie sur des domaines réservés : défense ou politique extérieure. Pompidou, Giscard et Mitterrand ont usé de tous leurs pouvoirs et ont laissé leurs premiers ministres remplir une fonction de secrétaire de gouvernement et éventuellement de fusible. Mitterrand et Chirac ont eu leur pouvoir limité durant les années de cohabitation. Sarkozy et Hollande ont repris les pouvoirs dont ils sont investis.  La réduction du mandat présidentiel n’arrange rien, car le Parlement devient une chambre d’enregistrement et  le Premier ministre n’est plus qu’un fusible. Lorsque l’opinion désavoue le Président en cours de mandat, il devrait ou faire un référendum ou user du droit de dissolution. Seul De Gaulle était à l’aise dans ce genre de pratique.

 Si on peut expliquer la progression d’un parti nationaliste et poujadiste (et non fasciste, comme on se plait à le qualifier) dans des villes industrielles touchées par la crise, il n’en est pas de même dans le Gard ou le Vaucluse. Les analystes politiques n’ont pas non plus expliqué  comment le public des pseudo-spectacles d’un humoriste antisémite, se recrute à la fois chez les militants frontistes et chez les loubards de banlieue.

 

Enfin, à Paris, Anne Hidalgo a sauvé l’honneur de la gauche. Elle mérite un coup de chapeau et peut-être même de sombrero !

 

 

Jean-Pierre Bénisti

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 15:01

Une grande actrice vient de nous quitter. J'avais vu pour la première fois;Catherine Sellers jouant le role de Junie dans Britanicus, bien avant que Camus l'a recrute pour le Requiem. C'était à Alger en 1956. J'étais au lycée à l'époqiue. Par la suite je l'ai vue à Avignon en 1960 aux côtés de Vilar dans Antigone. Elle était merveilleuse ! La dernière fois que je l'ai vue, c'était encore à Alger, dans le même théâtre, mais bien après l'Indépendance. Elle jouait dans  la Cigogne de Gatti.

 Michel Bouquet qui,  parait-il excelle dans le Roi se meurt de Ionesco, est le seul acteur, qui a été dirigé par Camus à être encore en activité
JPB

 

 

 

 

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Avignon juillet 1960 avec Jean-Vilar                                                                            Photo LCS

 

 

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Voir 

 

 

 http://www.lestroiscoups.com/article-la-comedienne-catherine-sellers-nous-a-quittes-hier-dimanche-9-mars-2014-a-paris-annonce-122904929.html

 

 

 

 http://odile-quirot.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/03/10/la-disparition-de-catherine-sellers-524963.html

 

 

 

http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0065_19660209/OBS0065_19660209_038.pdf

 

 

 

 

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 21:47

L’ASSOCIATION LES AMIS DE MAX MARCHAND, DE MOULOUD FERAOUN

ET DE LEURS COMPAGNONS

vous invite à participer au colloque

ETRE PEINTRE EN ALGERIE : 1950 – 1970

qu’elle organise vendredi 14 mars 2014, à partir de 14 heures 30, salle Dumont  45,  rue de la Glacière à Paris 13ème (Métro Glacière ligne 6).

14 h30 :                                     Ouverture du colloque

Quels peintres en Algérie ?                                                  Michel Lambart

15 h 00 : Autour de Jean de Maisonseul                             Jean-Pierre Benisti

15 h 45 : Le groupe  Aouchem »                                        Ali Silem

16 h 30 : Analyse de la construction identitaire dans les arts plastiques aux lendemains de l’indépendance algérienne                          Fanny Gillet Ouhenia 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 16:02

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Publier (Haute-savoie) 1992                                            Photo JPB

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 22:29

Les personnes intéressées sont inviées à souscrire

 

 

 

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 09:59

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:12

Du 11 au 24 janvier 2014
Lieu : Centre Berthelot – Salle Edmond Locard – Lyon 7ème – Tramway T2 Berthelot
Horaires : Ouvert tous les jours de 14h à 19h sauf le dimanche. Tramway T2 Arrêt Berthelot

 

Albert Camus, ses amis peintres

Exposition de peintures et de sculptures
Peintures de Acquart, Adrey, Assus, Baya, Benaboura, Bénisti, Brouty, Caillet, Chevalier, Clot, Degueurce, Deschamps, Galliero, Maguet, Maisonseul, Pelayo, Sintès, Stiers, Terraciano.
Sculptures de Bénisti et Damboise

 

Le 17 janvier 2014
Lieu : Mairie du 7ème arrondissement, Place Jean Macé, Lyon – Métro et Tramway Jean Macé
Horaire : 19 h

« J’habite une blessure sacrée »

Lectures croisées de textes de Camus, Césaire, Feraoun par Raymonde Palcy, Renaud Lescuyer, Dominique Lurcel
Textes extraits des œuvres suivantes :
. Discours sur le colonialisme, poèmes, Cahier d’un retour au pays natal, Discours de juillet 1945 … (Césaire),
. Misère en Kabylie, Le premier homme, L’étranger, lettre à Mouloud Feraoun – 1951, Trêve pour les civils 1956, Algérie 1958 – Chroniques algériennes …(Camus),
. Les chemins qui montent, lettre à Albert Camus -1951, La source de nos malheurs communs … (Feraoun).

Albert Camus, Aimé Césaire et Mouloud Feraoun, trois immenses écrivains, tous nés en 1913 : la tentation était grande d’imaginer leur dialogue posthume autour des thèmes qui traversent leur œuvre. La confrontation du colonisé au colonisateur, l’enracinement dans la terre natale, la langue comme arme de combat pour la justice …

PHOTOS Raymonde Palcy, Renaud Lescuyer, Dominique Lurcel

 

Avant la reprèsentation de FOLIES COLONIALES.10 mars 2012
R_Lescuyer
R_Palcy

Raymonde Palcy

D’origine martiniquaise, d’où des rôles ayant trait à la diaspora africaine : « Lettres Indiennes » (Alain Timar) ; « Paroles d’esclaves » (Alain Besset) ; « Frères Volcan », et « Pluie et vent sur Thélumée Miracle » (Anne Marie Lazarini) ; « Anjo Negro » (Marc Albert Adjadj) ; « Kamelia » (Marie-Annie Félicité).

Raymonde Palcy a aussi plaisir à abandonner  cette étiquette « ethnique » pour des textes d’auteurs contemporains vivants : Jean-Pierre Cannet (avec Christian Sterne), Emmanuel Darley (avec Thierry Tchang Tchong), Marie Nimier (avec Claude Défard), Pierre Bourdieu (avec Alain Timar), J. S. Sinisterra (avec Jose Manuel Cano Lopez), Frank Mas.

Et quelques classiques : Ruy Blas » (avec Arlette Alain), « Othello » (avec Emmanuel Meirieu), La Casa de Bernarda Alba (avec Philippe Faure),  Le Cercle de craie caucasien » (avec Akel Mohammed Akian), « Amour pour amour » (avec Sylvie Mongin Algan)…

 

 

Le 18 janvier 2014
Lieu : Centre Berthelot – Salle Edmond Locard – Lyon 7ème – Tramway T2 Berthelot
Horaire : 16h

Conférence sur Jean Sénac, poète algérois

par Blandine VALFORT
Blandine VALFORT Doctorante, Département des Lettres modernes, Université Lyon 2, spécialiste de la littérature francophone du XXème siècle. Poésie, engagement littéraire et identités culturelles.

B_Valfort

Conférence sur Jean Sénac
Blandine Valfort (18 janvier, 15 h)

 

Entre Albert Camus et son « fils rebelle »*, Jean Sénac, les liens, passionnés et quelquefois conflictuels, sont multiples.
Et cela ne tient pas seulement au double anniversaire célébré en 2013 – le centenaire de la naissance de Camus, à Mondovi, et les quarante ans de la mort de Sénac, à Alger.
L’ancrage géographique et affectif dans cette terre algérienne habite les deux écrivains dont l’amitié a été rompue pendant la guerre d’indépendance.
Certes l’auteur de L’Etranger a éclipsé, de par son envergure littéraire, le jeune poète avec lequel il a correspondu à partir de 1947 et qu’il a rencontré pour la première fois en 1948.
Si ces deux parcours n’ont pas été couronnés du même succès littéraire, ils reflètent néanmoins un questionnement identitaire similaire, auquel les deux écrivains ont répondu différemment.
Jean Sénac, qui a embrassé la cause indépendantiste et soutenu la lutte armée, a gardé l’Algérie chevillée au corps, quitte à renier, au nom de son idéal de « justice », ce « père » qu’il avait adopté pendant ces onze années de correspondance.
Cette exposition sur Albert Camus et les peintres est l’occasion de rappeler ces liens et d’exhumer quelques poèmes de l’ami méconnu.
Et ce d’autant plus que Jean Sénac a lui-même entretenu des relations très étroites avec les milieux artistiques algérois.
Définissant dès 1945 le concept de « poépeintrie » lors d’une exposition du peintre Orlando Pelayo, il fonde le cercle « Lélian », puis la « Galerie 54 » qui promeut l’ « Ecole du Signe ».
Au-delà de la question de l’engagement, les parcours des deux écrivains se rejoignent donc aussi dans cet échange de regards entre ces arts, à la fois jumeaux et concurrents, que sont la littérature et la peinture.

*Nacer –Khodja, Hamid, Albert Camus, Jean Sénac ou le fils rebelle, Paris, Paris-Méditerranée, 183 p.

 

Le 21 janvier 2014
Lieu : Ecole Normale Supérieure – 15 parvis René Descartes, 69007 Lyon – Métro Debourg
Horaire : 19 h

« La Chute de Camus : entre exil et royaume, un chef d’œuvre ambigu… »

Conférence par Abraham BENGIO
Discutante Virginie LUPO, enseignante, docteure ès lettres – Lectures par Renaud LESCUYER.
A. Bengio évoque La Chute comme la réaction, non plus philosophique mais littéraire et intime, et douloureuse (puisqu’il ne s’y épargne pas lui-même) de Camus à la fameuse « querelle ».
Abraham Bengio est né à Tanger (Maroc). Il est agrégé de lettres classiques. Il a été notamment professeur de lettres puis directeur de l’Institut français de Madrid, et Directeur régional des affaires culturelles dans plusieurs régions. Il est aujourd’hui directeur général adjoint en charge de la culture au Conseil régional de Rhône-Alpes.
A_Bengio
Biographie A Bengio au format PDF

Le 30 janvier 2014
Lieu : Mairie du 7ème arrondissement, Place Jean Macé, Lyon – Métro et Tramway Jean Macé
Horaire : 18h30

3 approches de Camus – Conférences
Modérateur : Gilbert Meynier, historien

« Camus, Premier homme à Mondovi, le poids de la mémoire »

par Yvonne FRACASSETTI BRONDINO
La mémoire, complexe et sédimentée, d’un fils de la colonisation et de la Méditerranée qui a toute sa vie et son œuvre durant, essayé de réduire la fracture de l’histoire. Il nous a livré les clés d’une lecture du monde libérée du carcan des idéologies et du savoir rationnel. Une mémoire pour retrouver «l’amour du monde ».
Yvonne Fracassetti Brondino, francisante, lectrice à l’université d’Alger, attachée culturelle à l’Institut Culturel Italien de Tunis, directrice du service culturel auprès du Consulat italien de Lyon et de Nice, co-directrice de la collection Italies aux éditions Publisud (Paris). Elle a publié plusieurs essais sur les cultures de la Méditerranée.

 

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Biographie Y Fracassetti Brondino au faormat PDF

Albert Camus et l’Algérie coloniale : une autre lecture de la colonisation »

par Michele BRONDINO

Pour comprendre le rapport Camus-Algérie coloniale il importe de partir de l’optique dans laquelle Camus se pose dans son œuvre et dans sa vie : l’optique d’un écrivain au service de ceux qui subissent l’histoire, non de ceux qui la font.
Michele BRONDINO Historien de l’Afrique méditerranéenne, attaché culturel dans les pays du Maghreb, directeur de l’Encyclopédie de la Méditerranée et co-directeur de la collection Italies aux éditions Publisud (Paris).

 

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Biographie M Brondino au format PDF

« Une variation algérienne sur l’écriture camusienne : Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud »

par Christiane CHAULET ACHOUR

Ce roman est la création la plus récente dialoguant avec l’écriture de Camus. C. Chaulet Achour en propose une analyse pour faire apparaître un dialogue de Kamel Daoud avec l’écrivain A. Camus ; elle y introduire à toute la complexité de la relation que les Algériens entretiennent avec lui.
Christiane CHAULET ACHOUR est actuellement professeur de Littérature Comparée et francophone et chercheuse au Centre de Recherche Textes et Francophonies qu’elle a dirigé de 2002 à 2009, à l’Université de Cergy-Pontoise.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 22:55

Testament

 

"Je lègue à mes amis

un bleu céruléum pour voler haut

un bleu de cobalt pour le bonheur

un bleu d'outremer pour stimuler

un vermillon pour faire circuler le sang allègrement

un vert mousse pour apaiser les nerfs

un jaune d'or : richesse

un violet de cobalt pour la rêverie

une garance qui fait entendre le violoncelle

un jaune barite : science- fiction, brillance, éclat

un ocre jaune pour accepter la terre

un vert Véronèse pour la mémoire du printemps

un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage

un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin

un jaune citron pour la grâce

un blanc pur : la pureté

terre de sienne naturelle : la transmutation de l'or

un noir somptueux pour voir Titien

une terre d'ombre naturelle pour mieux accepter la mélancolie noir     

une terre de sienne brûlée pour le sentiment de durée"

 

Vieira da Silva

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 22:00

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Voir

 

http://art-figuration.blogspot.fr/2013/12/albert-camus-ses-amis-peintres.html

 

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 17:43

 

            Les journaux d’Alger nous ont fait part de la visite de Madame Brigitte Ayrault à Tipaza  en compagnie de Catherine Camus. Les journaux nous ont aussi dit que la presse n’était pas invitée à couvrir l’événement : il n’y eut point de reportage télévisé, pas même une photo. Aux dernières nouvelles, Catherine Camus n’était pas présente, ce qui laisserait supposer que l’entretien du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avec le Président Bouteflika n’aurait pas eu lieu (heureusement qu’il y a eu une photo dans la presse algérienne qui apparemment ne semblait pas du même type que les photos des manuels d’histoire de la Russie stalinienne.

            Je discutais la semaine passée avec un ami qui s’était rendu à Tipaza récemment. Il m’a dit que cette stèle avec la phrase de Camus gravée par mon père, Louis Bénisti,   était un monument très important mais qu’il était agacé par ceux qui réduisaient l’œuvre de Bénisti à cette stèle. Je suis en accord avec ce que dit cet ami, tout en lui faisant remarquer que si dans l’œuvre de Bénisti, la stèle risquait de jouer le rôle de l’arbre qui cache la forêt, elle incitait les lecteurs de Camus à s’intéresser à l’œuvre de Bénisti et aux œuvres de ses amis peintres ou architectes.

            Au cours d’un récent séjour à Alger, je me suis rendu à Tipaza et j’ai remarqué que la stèle était surveillée par les gardiens et que le scellement avait été renforcé par un liseré de plâtre.

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            Le parc des ruines de Tipasa est devenu le lieu de rendez-vous des jeunes amoureux qui circulent au milieu des sarcophages. Il y a même des sarcophages doubles destinés aux Abélard et Héloïse ou aux Tristan et Yseult de l’époque romaine.

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            S ‘il y a une rue Mozart à Salzbourg, et je crois même une avenue Kafka à Prague, il n’y a pas de rue Albert Camus à Tipaza, pas plus que de d’avenue Sigmund Freud à Vienne. Un restaurateur a réparé l’oubli des autorités administratives de Tipaza en ouvrant sur le port un restaurant Albert Camus. Ce restaurant se trouve en face de l’emplacement du restaurant Varin, où Camus avait l’habitude d’aller et qui n’existe plus.

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            Au MAMA (1) (Musée d’art Moderne d’Alger), j’ai vu une exposition du peintre Djamal Tatah un peintre franco-algérien qui expose actuellement chez Maeght à Saint-Paul de Vence, un lieu qui expose très rarement les artistes vivants. Ce peintre fait beaucoup de très grands portraits en pied avec des fonds monochromes. Cet artiste a fait un triptyque composé de trois panneaux : deux panneaux avec un autoportrait du peintre de chaque côté d’un panneau représentant la stèle de Tipasa. Voilà maintenant que la stèle a rejoint les divinités adorées par les anciens.

 

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            La stèle est toujours à l’honneur dans les livres et Dominique Fernandez vient de faire avec le photographe Ferrante Ferranti un livre d’images,  pour les parents et les enfants sages,  intitulé Voyage en Algérie antique. Le livre (2) commence par une image de la stèle avant celles de monuments plus anciens.

                                                Jean-Pierre Bénisti

  1. http://mama-dz.com/media/files/publication/djamel-tatah.pdf
  2. Dominique FERNANDEZ , Michel CHRISTOL, Sabah FERDI, Ferrante FERRANTI, Voyage en Algérie Antique. Actes-Sud, Arles, 2013

Voir :

Jean-Claude IZZO : Méditerranée des bonheurs possibles, in Le Point 15.08..1998

http://www.lepoint.fr/actualites-voyages/2007-01-23/mediterranee-des-bonheurs-possibles/1088/0/76997

Maïssa BEY Vous cherchez Camus ? Il est là-bas. Le Monde 04.05.06

http://www.limag.refer.org/Documents/LM20064maiCamusBey.pdf


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