Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 16:16

Une exposition consacrées aux Toilettes publiques m'incitent à republier le texte déjà paru sur ce blog le 9 mai 2011

 

Dans ce Paris de la fin des années 50, les bordels avaient déjà disparu. Mais il y avait des pissotières toutes circulaires qui étaient aussi fréquentes que les colonnes Morris. Il y eut des municipalités qui cédèrent aux pressions des syndicats des cafetiers désirantt supprimer ces engins pour récupérer la clientèle des pis- seurs obligés de consommer après avoir fait usage des toilettes. Pour calmer ma colère d’avoir vu disparaître les pissotières, je n’hésite pas à user des toilettes des bistrots sans pour autant prendre une consommation.
Je me souviens, comme dirait Georges Perec des autobus à plateforme. C’était très agréable de faire une balade dans Paris à l’air libre lorsqu’il ne faisait pas trop froid et ces autobus étaient parfaitement bien dessinés. On peut les revoir dans ce beau petit film de Lamorisse : le Ballon rouge. Lorsque l’on prenait le bus, on payait en fonction de la longueur de son trajet par l’entremise des sections, et le receveur venait lui-même vendre les billets sans que nous ayons besoin de nous dé- placer. Il annonçait les arrêts : Voici Denfert et son lion et voici Duvernet et son mouton. Palais-royal, fin de section ! Dans le métro, des poinçonneurs et des poin- çonneuses essayaient de fabriquer des confettis en faisant des trous, des petits trous, toujours des petits trous, comme le chantait Gainsbourg. Ce qui était moins agréable, c’était les portillons automatiques qui empêchaient les voyageurs de courir après les trains arrivant sur les quais. Il y avait aussi une ligne de métro cu- rieuse par ses décorations di
!érentes des autres lignes, c’était l’ancien Nord-Sud, qui était jusqu’en 1930, concurrent du métro, il allait de Montmartre à Montpar- nasse ou plus précisément de la porte de la Chapelle à la porte de Versailles. Il fallait éviter de prendre une correspondance à Marcadet-Poissonnier, car le couloir était fort long. Les noms des stations étaient tout un programme : Chemin vert, Filles du calvaire, Bonne Nouvelle, Jasmin etc. Les stations étaient toutes tapissées de carreaux de faïence blanche comme dans cet immeuble de la rue Vavin immortalisé dans le dernier tango à Paris.Dans les tunnels noirs entre les stations, on ne pouvait que voir des a"ches publicitaires avec DUBO, DUBON, DUBONNET. La fréquence de ces a"ches nous agaçait et était probablement contre-productive car je n’ai jamais bu de cet apéritif. Les stations de métro au style art déco de Guimard étaient nombreuses. Il en reste très peu aujourd’hui.

Les flics avaient un képi et une pèlerine en hiver. Actuellement ils sont en tenue de combat ou déguisé en loubard.
Des encarts publicitaires paraissant dans les revues médicales qui traînaient chez moi avaient pris pour thème Paris méconnu. Il y avait dans chaque revue deux

hors-texte avec une photographie et un commentaire... puis lune publicité pour un médicament. C’est ainsi que je sus qu’au métro Bastille, on pouvait observer un vestige de l’ancienne Bastille : deux pierres qui ont résisté à la destruction de la forteresse. Je sus aussi que place Furstemberg il y a l’atelier de Delacroix, qu’au théâtre Sarah Bernard le trou du sou#eur correspond au lieu où Gérard de Nerval s’est pendu, qu’au métro aérien Jaurès et au parc Monceau il y a des rotondes construites par l’architecte Ledoux, ce célèbre architecte du XVIII ème siècle qui bâtit les Salines d’Arc et Senans et la prison d’Aix-en-Provence. Ces rotondes sont les vestiges des anciennes fortifications. Il n’y a plus de fortifications chantait Fréhel sur l’électrophone de Jean-Pierre Léaud dans la Maman et la Putain, Je sus aussi que rue Visconti, cette rue du quartier Saint Germain des près entre la rue de Seine et la rue Bonaparte vécut Jean Racine.

Il y avait toujours les Halles avec ses odeurs particulières aujourd’hui disparues. On dit que lorsque les Halles déménagèrent pour Rungis, les rats des Halles sui- virent les camions à Rungis et à Rungis, il y a autant de rats qu’il y en avait rue Saint-Denis.
Un autre lieu peu connu était l’île aux cygnes avec la statue de la Liberté, maquette de celle de New York, tout près de ce Pont Mirabeau, célébré par Apollinaire. L’une des choses que je regrette le plus c’est les numéros de téléphone MON 06 92 BAB 0514, TAITbout1012. On pouvait au moins retenir les numéros de téléphone qui évoquaient les lieux où habitaient nos correspondants

Jean-Pierre Bénisti

 

Voir : 

Les Tasses, toilettes publiques, affaires privées exposition de Marc Martindu 19 novembre au 1er décembre au Point éphémère, à Paris (Xe). Livre éponyme : éd. Agua, 300 pp, 58 .

Vespasiennes : petit coin, gros tabous 

par  Emmanuèle Peyret

(https://www.liberation.fr/auteur/7985-emmanuele-peyret)

Libération — 19 novembre 2019 

Photo JPB 1960

Photo JPB 1960

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 17:13
Exposition Louis Bénisti et Jean-Yves Cassar
Exposition Louis Bénisti et Jean-Yves Cassar

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 07:54

Exposition  de peintures de Louis Bénisti et de Jean-Yves Cassar

à la Batterie du Cap Nègre à Six-Fours les plages (83140)
du 9 novembre 2019 au 5 janvier 2020
 
vernissage le samedi 9 novembre 2019 à 11 heures
 
 
 
 

La Batterie est ouverte du mardi au dimanche de 9h30 à 12h et de 14h à 17h30 (18h du 15 mai au 30 septembre), et ferme ses portes les lundis et jours fériés.

Corniche de Solviou Entrée par le Parc Méditerranée 83140 Six-Fours -

 www.polesartsplastiques.sitew.fr 

04 94 25 53 84
GPS : 43.100205 / 5.806438

Entre Exil et Royaume : une rencontre.

 

      C’est à l’Espace Interrogation, à Toulon que j’ai vu pour la première fois, Louis Bénisti et ses peintures.

       J’exposais au même moment, à la Maison des Comoni   au Revest-les eaux. Louis Bénisti visita mon exposition en ma compagnie et si j’étais conscient de tout ce qui pouvait nous séparer du point de vue esthétique, et que les différences d’histoires personnelles et de parcours artistiques expliquent facilement, je savais qu’une sympathie réelle nous rendait mystérieusement complices. Nombre de personnes de mon âge témoigneraient sans peine du respect et de l’affection que nous nous lui vouions. 

      Nous eûmes d’autres occasions de rencontre, chez lui à Aix, à Lourmarin pour la parution du Premier Homme, se tenait pour cette belle circonstance une exposition : les peintres amis d’Albert Camus. Nallard, Maria Manton, le surprenant Galliero, Assus, De Maisonseul y figuraient avec Balthus.

          Cela me donnait enfin quelque prise sur la vie artistique en Algérie avant l’Indépendance , car j’étais mieux au fait à l’époque des avant-gardes européennes et américaines que de l’art de mon pays d’origine. Pour différentes raisons liées aux conséquences de la guerre.

        L’exposition actuelle où sont montrées certaines des peintures que Bénisti a vues aux Comonidonne un sens particulier à cette rencontre, celui d’un moment « de temps renversé, temps de la peinture, seule patrie retrouvée » , pour reprendre les mots même d’Albert Camus1

 

Jean-Yves Cassar

20 octobre 2019

 

 

 

 

1. Préface à l’exposition Balthus. New York, Pierre Matisse Gallery, 1949.

Jean-Yves Cassar : Modèle et Chat

Jean-Yves Cassar : Modèle et Chat

Bénisti dans le Var 

 

Les relations de Louis Bénisti avec le pays varois sont assez curieuses. Sans y être venu pour y travailler, il tissa dans ces lieux tout un réseau d’amis.
Lorsqu’il quitta Alger en 1972, il s’installa avec sa femme Solange à Aix-en-Provence et retrouva des amis algérois dispersés tout au long de la côte méditerranéenne. C’est ainsi qu’il retrouva son vieil ami Sauveur Terraciano, peintre de talent, amoureux de la mer, qui racontant toujours des aventures de Cap Horn, n’avait en Algérie que fait des ronds dans l’eau entre Alger et Cap Matifou. Replié sur Toulon, il avait pu réaliser son rêve en faisant une traversée de l’Atlantique dans des conditions rocambolesques. 

   Plus tard, Jean et Mireille de Maisonseul s’installèrent à Cuers, et Louis et Solange renouèrent avec eux les relations qu’ils avaient interrompues à Alger.
Jean de Maisonseul, qui fut un immense catalyseur des arts et des lettres dans l’Alger des années 30 à 60, amena les Bénisti dans la villa de Michèle et Guy Domerc au Pradet, villa bâtie par leur ami Roland Simounet, grand architecte qui ne se doutait pas qu’il travaillait non loin de Armand Vitiello, l’instituteur qu’il avait eu à Guyotville(1) qui s’était installé au Pradet et dont le fils Jean-Claude, mon camarade du Lycée, fréquentait l’atelier algérois de Louis Bénisti. C’est dans cette villa que se retrouvait souvent le groupe de vieux amis algérois tels Suzon Pulicani, le peintre Pierre Famin, et Marguerite Benhoura, tante de Mireille, qui se réinstalla à Cuers, sa ville natale, après avoir eu une vie mouvementée en Algérie où elle avait encouragé une fille de seize ans à faire de la peinture. Cette jeune fille devint la célèbre Baya. 

Chez Jean de Maisonseul, Louis retrouva Lucie Germain, une grande dame ! une « princesse » !comme il se plaisait à la nommer ! Ils avaient passé leur enfance dans les mêmes paysages et connaissaient tous deux les mêmes lieux : El Biar, Saint-Raphaël, Scala, les deux Entêtés, Birtraria et Aïn Zebouja. Lucie était connue pour avoir dirigé avec talent le Théâtre de Lutèce à Paris dans les années 60. Elle avait ainsi permis la création de pièces de Eugène Ionesco, Jean Genet, Kateb Yacine..  André Acquart, un autre ami fidèle de Bénisti et Maisonseul, en était le décorateur. 

Toujours chez Jean et Mireille, Louis rencontra Jean-Claude Villain, bien connu des milieux artistiques varois et ce dernier l’introduisit auprès de jeunes artistes de Toulon comme Nicole Benkemoun ou Jean-Yves Cassar, qui l’adoptèrent comme ami malgré leur différence d’âge. Nicole Benkemoun, rendit visite à Louis et lui montra les travaux picturaux qu’elle avait effectués à partir de l’œuvre de Saint- John-Perse, ce grand poète qui finit son existence à Hyères, près de la mer. 

En 1993, Bénisti participa avec de jeunes artistes de Toulon à diverses expositions et rencontres et il eut l’occasion d’exposer ses œuvres à l’Espace Interrogation de Toulon. Ce très haut lieu disparut peu après en même temps que ses animateurs. Cette exposition fut la dernière exposition particulière du vivant de l’artiste. 

Et c’est aux premiers jours du printemps 1995, que Louis, peu de temps avant sa disparition rendit une ultime visite aux Maisonseul à Cuers et qu’il conta les belles histoires dont il avait le secret. Et cette journée fut pour Louis ses derniers moments de bonheur. 

Après les décès de Louis Bénisti et de Jean de Maisonseul, des expositions posthumes ont eu lieu dans ce département. En février 2004, la ville de Cuers rendit hommage au poète Jean Sénac et il y eut une exposition regroupant des peintres amis de Sénac comme Maisonseul, Baya, Bénisti ou Khadda. Cette exposition était organisée par Odile Teste. En 2004, c’était la ville de Hyères qui organisait une rétrospective des œuvres de Bénisti.

Jean-Pierre Bénisti 

 

(1) Roland Simounet : Traces écrites - Domens éditeur Pézenas - 1997. 

(2) Jean-Claude Villain : L’heure de Pan - L’Harmattan - Paris 2001. 

 

Louis Bénisti : Peintre et modèle Huile 1975

Louis Bénisti : Peintre et modèle Huile 1975

Exposition Bénisti et Cassar à Six-Fours

Partager cet article

Repost0
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 20:37

Édito #2 

De Patrice Rötig 

Le 17 octobre arrive en librairie 

Albert Camus – Correspondance avec ses amis Bénisti (1934-1958). Inédite, cette correspondance est exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent. Aux lettres de Camus répondent notamment des reproductions d’œuvres du sculpteur et peintre Louis Bénisti. Ce livre soigné affine notre vision de l’écrivain et éclaire l’effervescence créatrice d’une jeune génération dans l’Algérie des années 1930. Il est présenté plus avant sur ce site et sera l’objet d’une rencontre le mercredi 6 novembre à la librairie Compagnie (rue des Écoles à Paris), avec la participation de Daniel Mesguich qui en lira des extraits. 

D’ici là, d’autres rendez-vous dans notre rubrique « agenda ».
Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire à Blois, deux conférences le samedi 12 octobre : « Louise Michel : autoportrait de l’artiste en jésuite », par Claude Rétat (voir ses livres Art vaincra ! et La Révolution en contant) ; et « Lire Loti aujourd’hui », par Alain Quella-Villéger, au château du Guérinet (à deux pas de Blois), qui fut propriété de l’éditeur historique de Pierre Loti, Calmann-Lévy. Puis, le lundi 14 octobre, une rencontre àl’IMEC (Paris) autour de Leïla Sebbar nouvelliste (voir son dernier livre, Dans la chambre), avec la participation de Manon Paillot. La rencontre sera animée par Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC. 

Ici, très bientôt, d’autres nouveautés, d’autres rendez-vous. 

P.S.– Important : si vous souhaitez recevoir notre lettre d’infos (périodicité mensuelle), merci de renseigner le cadre « Lettre d’infos » ci-dessous. 

Le 4 octobre 2019 

http://bleu-autour.com

La plage des Sablettes et le jardin d'Essai à Alger par Hacène Benaboura

La plage des Sablettes et le jardin d'Essai à Alger par Hacène Benaboura

Mercredi 6 novembre à 18h30

Présentation de la "Correspondance inédite d'Albert Camus avec ses amis Bénisti" aux Editions Bleu Autour. Avec Jean-Pierre BENISTI, Martine MATHIEU-JOB, et la participation de Daniel MESGUICH. (Parution le 17/10)

 

 

 

 

http://www.librairie-compagnie.fr/billet/127?fbclid=IwAR1_8opx99g1erv9Z66LNNRoanOZetNNPL-gv0ECaLqF9CfUe_Xjv7Sio2k

 

La Maison devant le Monde (Croquis de Louis Bénisti)

La Maison devant le Monde (Croquis de Louis Bénisti)

Partager cet article

Repost0
2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 07:40

 

 

En librairie le 17 octobre 2019 

Édition dirigée par Jean-Pierre Bénisti et Martine Mathieu-Job et présentée par Virginie Lupo et Guy basset
Voici une cinquantaine de lettres d’Albert Camus à des proches d’Alger rencontrés quand il avait vingt ans : le sculpteur et peintre Louis Bénisti (1903- 1995), son frère Lucien et leurs épouses respectives. Aux lettres et fac-similés sont associées, comme autant de traces d’un univers sensible et partagé, des reproductions d’oeuvres de Louis Bénisti, de photographies et d’autres documents. 

À la faveur de ce dialogue amical, intellectuel et artistique, Camus exprime son idée et sa pédagogie de la philosophie ou ses exigences et scrupules d’éditeur. Surtout, il se livre en toute confiance et simplicité. Confronté à la maladie et aux difficultés de sa vie affective, il aborde la carrière littéraire à la fois inquiet et empli d’espoir, jusqu’à l’arrivée du tourbillon de la célébrité. 

Exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent, cette correspondance inédite affine notre vision de l’écrivain. Elle éclaire aussi l’effervescence créatrice d’une jeune génération dans l’Algérie des années 1930. 

PAPIER 

14 x 22 cm
192 pages
22€
octobre 2019
ISBN 978-2-35848-125-0 AUDIO SEUL 

Version sonore non disponible 

NUMÉRIQUE 

Version numérique non disponible 

 

 

ÉDITIONS BLEU AUTOUR


38 avenue Pasteur


03500 Saint-Pourçain-sur-Sioule 

France

+33(0)470457245

dialogue {at} bleu-autour {point} com 

 

http://bleu-autour.com/livres_bleu/albert-camus-correspondance-avec-ses-amis-benisti/

 

Albert Camus : Correspondance avec ses amis Bénisti (1934-1958)

Partager cet article

Repost0
25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 10:28
 L'Europe, aux anciens parapets, va-t-elle retirer son cache-sexe ? Ce drapeau bleu est une très pale imitation du drapeau des Etats-Unis et les étoiles sont jaunes. Retour des refoulés ?

L'Europe, aux anciens parapets, va-t-elle retirer son cache-sexe ? Ce drapeau bleu est une très pale imitation du drapeau des Etats-Unis et les étoiles sont jaunes. Retour des refoulés ?

Partager cet article

Repost0
22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 09:27
Dessin de Louis Bénisti (1938)

Dessin de Louis Bénisti (1938)

-Pour qui vos tétons ?

-Pour l'Europe, naturellement.

 

Partager cet article

Repost0
20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 08:27

Poèmes retrouvés dans les archives de Louis Bénisti. Sévérine Navon avait envoyé ses poèmes de jeunesse à Louis Bénisti.
Hommage à une poétesse aujourd'hui disparue;

 

Longue prière, évocation

Mémoire, pays profond
Vague, qui, au doux passage du temps
M'inonde d'un nouvel émoi

Doux, et, apaisant massage
Comme une promesse de maman
à la main, petite et large...
jaillit par dessus le barrage
du néant
descend
dans le sillage du soir tombant

Miroir
qu'au monde
je demande
la perle ronde
de mon âme
comme une amande
dessert vivant
de ma seconde, frais reflet vibrant
de mon enfance vagabonde

Plage ensoleillée
le jour durant
dont les ^plis des vagues
luisent dans le couchant
comme des yeux de louve 
couchée
au bord du lit
orange et rouge
de la nuit
et glissant
selon le courant
sur le sable 
qui repose
au bord du temps
Pluie qui abonde
et me ravage
le tempérament
printemps 
noble saison 
dont j'essaie 
de palper
l'image
l'impression
le pétillant feuillage 
dans le vent

Sévérine Navon

 

Printemps

Je te rencontre un certain jour, 
Je me rencontre, ce soir !

Le passé joue, Un autre jour passe.

Le présent n'est plus qu'un futur à venir
Le passé, un futur à mourir
Le passé, c'est toi, c'est un présent qui va mûrir

 

Sévérine Navon.

 

 

Valse légère

 

Auprès de moi

Ma pensée vague

Vogue

Autant de fois

Qu’il y a

De feuilles

De feuillages

De seuils sages

De vols que veuille

De mages seuls

Au soleil

Sur les vagues…

 

Et ce bleu

Vaguement réchauffe

De bombes d’or,

Repose

D’étoiles et d’ombre

Mes épaules rondes

Et longuement,

La voix d’un monde

Secret

Présent

Puis pesant

Se fait plus rêveur,

Elle, sérieuse

Plus profonde !

 

L’églantier sous la nue

Sanglote

Dans sa chevelure d’épines

Verte et blonde

Où d’éclatants pétales dorment

Ce sont plumes, pleurs de joie

Sur ma joue

Au soleil

Ils grondent…

Il est dans l’air

Je ne sais quoi

De froid et de chaud,

Un miel qui se répand

Me caressant, comme un serpent

Les nerfs et les narines

Ouverts tout grands

 

 

Au fond de l’eau

Une fois plongée

 

Le géranium sur le bleu..

Comme un lézard sur le feu,

De l’onde au sable

Une fois remontée

Je reçois des éclats

De soie

Sur mes yeux, ombrés de fraîcheur

Sa pulpe juteuse et salée

M’éclabousse

C’est l’heur de vivre !

Ruisselant, sur ma peau vive et reposée

Cent cinq ou huit mille bulles de mousse émoussées…

 

Un cyprès, à la forme mouvante

S’efface, s’allonge, s’élance

Sur le sable turquois,

D’une pente dansante,

Mesurant un instant

La pointe du ciel

-cime-indicible-du-soleil-

Un moment, déplumée par le vent

Comme une écume échevelée.

 

Un toit aux tuiles

Qui se fondent avec la senteur du bois paraît

Paresser

D’un air lointain, et, velouté

Comme si, l’air, la lenteur

Du soir prochain

Aller tomber

 

Le bougainvillée  et l’olivier

En mille éclats de sainteté

Riment, selon le cri

Très jolies braisées du chardonneret.

Sa ramure, brune et bleue

Blanc et jaune, et soulignée

D’une rayure noire et,

Toute époussetée, pouf !

Sous  son bec, à peine émoussée.

 

Au bord, un bateau s’endort

Jeté dans un frisson bleu chaud

Éteint, telle une planche sur son dos

Un trois-mâts, sur la mer figée, dort

« Dans le calme dévorant de ce port »

Scalp vert, ivre mort

D’où l’on perçoit, le silence d’or

Du doux levant, du fier occident

Écrit, fort discrètement sur la pierre

Au fond de sommeil de mort

Le soleil semble encore, n’avoir pas fini de sortir de son for

Alors qu’à la puissante et sourde tiédeur du couchant

Se fondent

Les couleurs i

Intenses et denses

Et se confondent,

Avec le temps

 

Sévérine Navon

Avril 1981

 

 

Tableau en jaune

 

C’est l’automne,

La saison fait un somme,

Les brins de platane

Papillonnent

Sur un hymne de rigodon.

 

Les feuilles aux tons mornes, 

Montent et descendent,

En somme, 

Le long des façades,

Contre les rideaux, les persiennes cognent.

 

Dans les chambres,

Dorment les enfants, 

Les dons,

Les gris et les blonds

De la faune

De la flore 

Des balcons et des chevaux

Aux robes en dentelle

Fumerolles

De roses bleutés

Pouponnent

Vos joues

Chagrins bonhommes 

Et s’accordent

Avec les regards

Étonnés, étonnants

Des pigeonnes

Aux passants…

 

Pour chaque personne 

Qui réveillonne

Que d’assiettes tintent

Les unes contre les autres

En porcelaine mignonne

 

Pendant que les écoliers s’éparpillent

Ma bonne maman

Mitonne

Des vol-au-vent.

 

Personne ! Ne les sait

Faire autrement

Et d’une coca

Me pardonne

Mes pas gourmands

 

Les sons

Les cloches

Les chansons

Virevoltent

Dans l’air du temps

Comme des grelots

Qui moutonnent

 

C’est Noël qui prépare

L’escadrille

Et la fanfare

Les frais, 

Les gares

La joie en tout

Au fond des toits 

Tonne

Dans les crèches 

Où tout prie

Tableau en jaune

 

C’est l’automne,

La saison fait un somme,

Les brins de platane

Papillonnent

Sur un hymne de rigodon.

 

Les feuilles aux tons mornes, 

Montent et descendent,

En somme, 

Le long des façades,

Contre les rideaux, les persiennes cognent.

 

Dans les chambres,

Dorment les enfants, 

Les dons,

Les gris et les blonds

De la faune

De la flore 

Des balcons et des chevaux

Aux robes en dentelle

Fumerolles

De roses bleutés

Pouponnent

Vos joues

Chagrins bonhommes 

Et s’accordent

Avec les regards

Étonnés, étonnants

Des pigeonnes

Aux passants…

 

Pour chaque personne 

Qui réveillonne

Que d’assiettes tintent

Les unes contre les autres

En porcelaine mignonne

 

Pendant que les écoliers s’éparpillent

Ma bonne maman

Mitonne

Des vol-au-vent.

 

Personne ! Ne les sait

Faire autrement

Et d’une coca

Me pardonne

Mes pas gourmands

 

Les sons

Les cloches

Les chansons

Virevoltent

Dans l’air du temps

Comme des grelots

Qui moutonnent

 

C’est Noël qui prépare

L’escadrille

Et la fanfare

Les frais, 

Les gares

La joie en tout

Au fond des toits 

Tonne

Dans les crèches 

Où tout prie

Ou se pare

Et moi, grand-père

Dit et bougonne

Que je suis bonne à rien

Qu’à me faire faire

Polissonne !

Lorsque de la maison

Le ciel abandonne,

Ses traînées de fumées

Saumonées

 

L’or et l’argent

Sonnent

Dans mes mains 

De condamnée

 

Sévérine Navon

1981

 

 

Dessin de Louis Bénisti 1962

Dessin de Louis Bénisti 1962

Partager cet article

Repost0
3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 08:27
Dessins de Louis Bénist, 1934
Dessins de Louis Bénist, 1934

Dessins de Louis Bénist, 1934

Partager cet article

Repost0
2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 18:04

: Naissance de Max-Pol Fouchet à Saint Vaast la Hougue.

1er mai 1995 : Disparition de Louis Bénisti à Évian.

 

Louis Bénisti : Baigneuses du Léman, encre 1983.

Louis Bénisti : Baigneuses du Léman, encre 1983.

Partager cet article

Repost0