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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:48

Henri Chouvet (1906-1987),  sculpteur et graveur originaire de La Ciotat ayant travaillé en Algérie ne s'est jamais pris tout à fait au sérieux. Il avait toujours l'habitude d'organiser les soirées de réveillon et savait faire partager sa bonne humeur et avait créé au moment où les évènements étaient particulièrement tristes le club (virtuel) des çavassarrangistes . Tous les membres du club devaient dire en se levant le matin : "Ça va s'arranger!"  Au moment du passage d'une année à l'autre il nous faisait chanter a capela un petit cantique :

Le jour de l'an approche,

C'est le jour le plus beau,

On cherche dans sa poche,

Pour faire un petit cadeau,

Moi qui n'ai rien au monde

Pas même un petit écu,

Ma pièce la plus ronde,

C'est le trou de mon cul.

Peu de temps avant son décès, il m'avait envoyé un collage avec comme légende

Chouvet935-1.jpg

 

Trêve !avons nous pensé des micro-horizons

Faisons jaillir les culs  de leurs belles prisons 

Et passant le flambeau sur vos fesses charnues       

Rechargeons les accus.

  Il finit sa vie à Paris et avec son ami le peintre et graveur Jean Signovert, il fit surtout des gravures. Il mourut en septembre 1987.

 

                                                                                                         Jean-Pierre Bénisti

 

Belle-epoqueIMG_1923.JPG

 

La Belle époque (Gravure 1980)

 

Paris-77690.jpg

 

Henri Chouvet dans son atelier de Montmartre en avril 1977(Photo JPB)

 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 23:17

Que l’adulte français voit l’Enfant comme un autre lui-même, il n’y en a pas de meilleur exemple que le jouet français. Les jouets courants sont essentiellement un microcosme adulte ; ils sont tous reproductions amoindries d’objets humains, comme si aux yeux du public l’enfant n’était en somme qu’un homme plus petit, un homunculus à qui il faut fournir des objets à sa taille.

Les formes inventées sont très rares : quelques jeux de construction, fondés sur le génie de la bricole, proposent seuls des formes dynamiques. Pour le reste, le jouet français signifie toujours quelque chose, et ce quelque chose est toujours entièrement socialisé, constitué par les mythes ou les techniques de la vie moderne adulte : l’Armée, la Radio, les Postes, la Médecine (trousses miniatures de médecin, salles d’opération pour poupées), l’École, la Coiffure d’Art (Casques à onduler),1’Aviation (parachutistes), les transports (Trains, Citroën, Vedette, Vespa, Stations-services), la Science (Jouets martiens).

Que les jouets français préfigurent littéralement l’univers des fonctions adultes ne peut évidemment que préparer l’enfant à les accepter toutes, en lui constituant avant même qu’il réfléchisse l’alibi d’une nature qui a créé de tout temps des soldats, des postiers et des vespas. Le jouet livre ici lecatalogue de tout ce dont l’adulte ne s’étonne pas : la guerre, la bureaucratie, la laideur, les Martiens, etc. Ce n’est pas tant, d’ailleurs, l’imitation qui est signe d’abdication, que sa littéralité : le jouet français est comme une tête réduite de Jivaro, où l’on retrouve à la taille d’une pomme les rides et les cheveux de l’adulte. Il existe par exemple des poupées qui urinent ; elles ont un oesophage, on leur donne le biberon, elles mouillent leurs langes ; bientôt, sans nul doute, le lait dans leur ventre setransformera en eau. On peut par là préparer la petite fille à la causalité ménagère, la « conditionner » à son futur rôle de mère. Seulement, devant cet univers d’objets fidèles et compliqués, l’enfant ne peut se constituer qu’en propriétaire, en usager, jamais en créateur ; il n’invente pas le monde, il l’utilise : on lui prépare des gestes sans aventure, sans étonnement et sans joie. On fait de lui un petit propriétaire pantouflard qui n’a même pas à inventer les ressorts de la causalité adulte ; on les lui fournit tout prêts : il n’a qu’à se servir, on ne lui donne jamais rien à parcourir. Le moindre jeu de construction, pourvu qu’il ne soit pas trop raffiné, implique un apprentissage du monde bien différent : l’enfant n’y crée nullement des objets significatifs, il lui importe peu qu’ils aient un nom d’adulte : ce qu’il exerce, ce n’est pas un usage, c’est une démiurgie : il crée des formes qui marchent, qui roulent, il crée une vie, non une propriété ; les objets s’y conduisent eux-mêmes, ils n’y sont plus une matièreinerte et compliquée dans le creux de la main. Mais cela est plus rare : le jouet français est d’ordinaire un jouet d’imitation, il veut faire des enfants usagers, non des enfants créateurs.

L'embourgeoisement du jouet ne se reconnaît pas seulement à ses formes, toutes fonctionnelles, mais aussi à sa substance. Les jouets courants sont d'une matière ingrate, produits d'une chimie, non d'une nature. Beaucoup sont maintenant moulés dans des pâtes compliquées : la matiè plastique y a une apparence à la fois grossière et hygiénique, elle éteint le plaisir, la douceur, l’humanité du toucher. Un signe consternant, c'est la disparition progressive du bois, matière pourtant idéale par sa fermeté et sa tendreur, la chaleur naturelle de son contact ; le bois ôte, de toute forme qu'il soutient, la blessure des angles trop vifs, le froid chimique du métal ; lorsque l'enfant le manie et le cogne, il ne vibre ni ne grince ; il a un son sourd et net à la fois ; c'est une substance familière et poétique, qui laisse l'enfant dans une continuité de contact avec l'arbre, la table, le plancher. Le bois ne blesse, ni ne se détraque ; il ne se casse pas, il s'use, peut durer longtemps, vivre avec l'enfant, modifier peu à peu les rapports de l'objet et de la main ; s'il meurt, c'est en diminuant, non en se gonflant, comme ces jouets mécaniques qui disparaissent sous la hernie d'un ressort détraqué. Le bois fait des objets essentiels, des objets de toujours. Or il n'y a presque plus de ces jouets en bois, de ces bergeries vosgiennes, possibles, il est vrai, dans un temps d'artisanat. Le jouet est désormais chimique, de substance et de couleur : son matériau même introduit à une cénesthésie de l'usage, non du plaisir. Ces jouets meurent d'ailleurs très vite, et une fois morts, ils n'ont pour l'enfant aucune vie posthume.

 

Roland Barthes, Mythologies

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 12:33

Je me souviens que dans le mauel scolaire Gendrot et Eustache de la classe de 6ème , les petits avaient leurs dos en ronds. C'était au temps où les "ayant-droit" des écrivains ne faisaient pas de procès...

 

   Les Effarés

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
     Leurs culs en rond.

À genoux, cinq petits,
misère !
Regardent le boulanger faire
     Le lourd pain blond.

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
     Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
     Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
     Chaud comme un sein.

Quand, pour quelque médianoche,
Façonné comme une brioche,
     On sort le pain,

Quand, sur les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
     Et les grillons,

Quand ce trou chaud souffle la vie
Ils ont leur âme si ravie,
     Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres Jésus pleins de givre,
     Qu'ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, grognant des choses
     Entre les trous,

Tout bêtes, faisant leurs prières,
Et repliés vers ces lumières
     Du ciel rouvert,

Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
Et que leur chemise tremblote
     Au vent d'hiver.

 

Arthur RIMBAUD.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 19:18

 

 

            Le président français effectue une visite en Algérie. Je suis étonné que de part et d’autre,  le climat ne se soit pas apaisé entre les deux pays. Je comprends les ressentiments de la génération de la guerre d’Algérie, mais je crains qu’actuellement toutes ses demandes d’excuses ne soient utilisées à des fins de politique intérieure ou pour faire de la surenchère à des négociations commerciales.

            Le président de la République ne peut présenter des excuses pour l’action  de la France pendant la guerre d’Algérie. Les exactions commises de part et d’autres avant le cessez-le feu du 19 mars 1962 sont couvertes par l’amnistie des accords d’Évian.

            Présenter des excuses sur la politique de colonisation n’est pas actuellement possible : les faits ont été commis par des personnes disparues depuis longtemps et sous d’autres Monarchies, Empire ou République. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander au pape de présenter des excuses pour des faits commis pendant les guerres de religion.

            D’autre part la France est une totalité et ce n’est pas seulement Marcel Bigeard, Guy Mollet, Raoul Salan ou  Maurice Papon, c’est aussi  Germaine Tillion, Albert Camus, Aimé Césaire, Jean-Paul Sartre ou  Edmond Michelet. Les positions des uns et des autres sont différentes. (Personnellement, je me réfère plus aux seconds qu’aux premiers.) Il ne faut pas oublier que la guerre d’Algérie a marqué toute une génération  de Français et d’Algériens et a entraîné un changement de République. .La France s’est trouvé à la fin de la guerre d’Algérie presque en état de guerre civile et c’est la raison pour laquelle, un long silence a suivi la fin de cette guerre. Ce silence était nécessaire pour sauvegarder la paix civile comme cela s’est passé en Espagne quand Juan Carlos a rétabli la démocratie en faisant silence sur le passé de la guerre d’Espagne et de la dictature qui a suivi. La guerre d’Algérie était aussi une guerre franco-française et une guerre algéro-algérienne.

            La loi votée sur le rôle positif  de la colonisation est une loi imbécile non pas en raison de son contenu, mais en raison de son principe. Une loi sur les méfaits de la colonisation eût été aussi néfaste. Ce n’est pas aux lois de fixer le travail des historiens et il semble que beaucoup de Français ou d’Algériens n’ont pas compris cela.

            Une de mes amies me citaient récemment une phrase de Paul Ricoeur : « Il y a peut-être (..) des victimes dont la souffrance crie moins vengeance que récit. » .Ce qu’il est important c’est que d’une part les témoins de la tragédie algérienne raconte leur histoire qui est forcément différente selon le groupe auquel  ils appartiennent : combattants algériens, appelés français, pieds-noirs, libéraux, harkis etc. Les récits mémoriaux ne sont pas l’Histoire mais doivent être entendus et il importe que les historiens puissent travailler. La dernière édition franco-algérienne de l’Histoire de l’Algérie à la période coloniale est une entreprise intéressante. (Éditions la Découverte- Barzakh)

            Depuis l’indépendance de l’Algérie, les deux pays n’ont jamais été aussi liés. Il y a de plus en plus de couple franco-algérien et tout le monde sait que le grand drame de la présence française en Algérie résidait au très faible taux de couples franco-algériens. Les Portugais au Brésil  et en Afrique ont eu plus de succès que les Français et les Anglais dans leur entreprise coloniale.

            Que les Français et les Algériens fassent le plus d’enfants ensemble et que hollande et Bouteflika suppriment les visas !  

 

                                                                       Jean-Pierre Bénisti

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 19:51

 

 

Grande nouvelle, le radius ne pouvait pas être marié à un os masculin. Ce n’est pas tolérable. Il a fallu qu’on le change de sexe et naturellement de nom et il n’y a plus de cubitus, il n’y a qu’une ulna. Voir : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2012/12/11/cubitus-los-qui-a-change-de-sexe/

Je ne sais pas quelles sont les autorités dites scientifiques qui ne devaient avoir beaucoup de chats à fouetter et qui ont pris cette décision d’une grande importance.

Il est vrai qu’il y a eu des précédents. On ne dit plus vit mais bitte. Philippe  Sollers regrette le vit et moi aussi. Il n’est plus utilisé que dans les contrepétries du style À Beaumont le Vicomte.

           

Et au risque de me répéter , j’en reviens à un débat plus sérieux sur l’utilité et l’inutilité de changer des termes dans le vocabulaire médical  Je l’ai déjà dit(

 voir

 http://www.aurelia-myrtho.com/article-abus-de-langage-67920950.html  23 février 2011))

« Dans un autre ordre d’idées il est urgent de changer le mot euthanasie. Tant que ce mot sera utilisé, il ne pourra y avoir sur ce sujet de débat sérieux.

Parler d’euthanasie peut être entendu par « état nazi ». Ce n’est pas un jeu de mots amusant, il s’agit de mort dans les deux cas. Les médecins sont très forts pour changer les dénominations et même quand c’est inutile : il n’était pas nécessaire de remplacer les oculistes par les ophtalmologistes ! Les centres de conservation du sperme parlent de sperme congelé. Parler de con gelé chez un  couple souffrant de stérilité, c’est parler de la corde dans la maison d’un pendu ! Les non dupes errent ! disait le Docteur Lacan ! »

 

            Jean-Pierre Bénisti

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:58

Je reviens d’un court voyage à Rome et en Toscane. La pluie (la pioggia) avait envahi le Campo de Sienne et il n’y avait plus de vendeurs d’imperméables à usage unique  à mille lires. La pioggia est comme la pasta, une spécialité de l’Italie. Lorsque nous circulons sur une autoroute sous une pluie battante, c’est à Fellini que nous pensons. Quand il n’y a pas d’aqua alta à Venise, l’Arno sort de son lit et envahit  Florence comme en décembre 1966 martyrisant le Christ de Cimabue dans la Basilique de Santa Croce ;  et l’œuvre  a beau être restaurée, elle garde toujours des cicatrices indélébiles.

 

      Siena-Pioggia.jpg

 

Ce n’est pas la seule œuvre qui a souffert à Florence. Dans la Basilique de Santa Maria del Carmine, les restaurateurs ont retiré le feuillage qui couvrait les parties génitales d’Adam et d’Eve (1) chassés du Paradis terrestre, admirable fresque de Massacio. On ne connaît pas le peintre auteur de ce  feuillage cache-sexe. Mais on sait que le censeur de la Création du monde de Michel-Ange de la Sixtine était surnommé il  Braghettone. Il s’était spécialisé dans la réalisation des feuilles de vigne.

Dans d’innombrables églises, nous trouvons d’admirables fresques : Massacio à Santa Maria del Carmine ou à Santa Maria Novella, Fra Angelico au couvent de San Marco. Fra Angelico avait déjà dans ses peintures intégré le paysage toscan et avait déjà découvert intuitivement la perspective. Je ne suis pas sensible à l’énorme cathédrale avec les portes de bronze.

Dans les rues de la ville, il y a plus de touristes que de toscans et il est difficile de rencontrer quelqu’un qui puisse nous guider dans nos itinéraires.

Avant d’avoir fait des voyages en Italie, un ami de mes parents me disait en parlant de ce pays : « C’est un pays extraordinaire, mais attention, tu peux très bien être déçu de prime abord, car les monuments  que les guides te recommandent, nous les connaissons tous, nous les avons trop vus dans nos livres d’histoire. Ne te contente pas de suivre à la lettre le guide bleu. Regarde le pays dans son ensemble ! » Eh, je pensais que beaucoup de voyageurs font ce que Julien Gracq appelle du tourisme de validation. 

 

    Jean-Pierre Bénisti

 

Le guide du routard peut être utile, mais avant de partir en Toscane,, mais surtoutil faut lire : Le chapitre consacré à Florence dans l’Histoire de l’Art d’Élie Faure

Le Désert d’Albert Camus in Noces, Collection Folio Gallimard.

Le Voyage du Condottiere de André Suarès, éditions Granit, 1993

 

(1)Voir : Les couilles d’Adam

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/10/27/les-couilles-dadam/

 

 

 

Massacio952A.jpg       Massacio952B.jpg

 

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 15:43

Moraines

 

 

Il m’est interdit de m’arrêter pour voir. Comme si j’étais condamné à voir en marchant. En parlant. À voir ce dont je parle et à parler justement parce que je ne vois pas, ce qu’il m’est interdit de voir. Et que le langage en se déployant heurte et découvre. La cécité signifie l’obligation d’inverser les termes et de poser la marche, la parole avant le regard. Marcher dans la nuit, parler sous la rumeur, pour que le rayon du jour naissant fuse et  réplique à mon pas, désigne la branche, et détache le fruit.

 

 

                                                           Jacques DUPIN

 

 

 JDupin002.jpg

 

(Jacques Dupin par Giacometti)

 

 

Voir

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2010/07/anthologie-permanente-jacques-dupin.html

                                                                      

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 15:19

À la radio, Bernard Pivot  avoue sa frustration d'avoir été obligé de poser des questions à ses invités, sans que ces derniers puissent à leur tour, lui poser des questions. Et cela est en effet très frustrant. N'étant pas journaliste lorsque je me trouve en présence d'une personne à qui je pose des questions, sans qu'il m'en pose après, je prends aussitôt congé de mon interlocuteur.

Pivot parle aussi des questions que l'on se pose mais que l'on n’ose pas poser. Poserons-nous à cette jeune fille qui se bronze sur la plage et qui porte près du nombril un très large tatouage: "Lorsque vous serez grand-mère, que ferez-vous de votre tatouage ?

 

JPB


 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 15:35

Disparition de Pierre Chaulet

 

Pierre Chaulet était un des seuls citoyens algériens d’origine française à être demeuré en Algérie.  Il serait temps de se demander pourquoi ces personnes comme Chaulet  devenues algériennes au moment de l’accession de l’Algérie ont été si peu nombreuses à  se maintenir dans le pays.

J’ai peu connu Pierre Chaulet, je l’ai seulement croisé. J’ai bien connu sa famille et lorsque j’étais au lycée, je passais quatre fois par jour devant la vitrine de la librairie Riveil, que tenait sa tante : Madame Colette Riveil, qui doit être aujourd’hui presque centenaire. Madame Riveil nous accueillait toujours dans sa boutique avec un large sourire, même si nous rentrions sans faire d’achats effectifs.

Saluons en Pierre Chaulet ce grand médecin et ce grand humaniste.

 

La disparition de Chaulet eut plus d’échos sur les deux rives de la Méditerranée, que celle d’un ancien président de la République Algérienne : Chadli Benjedid. Chadli était le seul chef d’état que tout le monde dénommait par son prénom. Il avait comme devise : « Le travail et la rigueur pour une vie meilleure. » Lorsqu’en 1984, je fis un voyage à Alger, j’ai rencontré des jeunes qui m’ont dit en écho de cette devise : « Le travail, à la rigueur, pour une vie ailleurs ! »

 

Sommet de la francophonie.

 

Un sommet de la francophonie a eu lieu à Kinshasa. François Hollande a fait à ce sujet des déclarations courageuses. Il est bon de rappeler que le terme de francophonie a été créé par Onésime Reclus, l'un des 14 enfants du Pasteur Jacques Reclus, qui parmi ses enfants eut : Paul Reclus, médecin qui décrit la maladie fibro-kystique du sein,Elysée Reclus, célèbre géographe, anarchiste, naturiste et végétarien, Zéline, mère du célèbre Elie Faure et grand-mère de Jean-Pierre Faure, notre ami qui vint en Algérie,  dirigea le journal Alger-républicain avec Albert Camus et Pascal Pia et devint le beau-père d'Hugues Aufray;

N'oublions pas aussi que c'est dans un appartement situé dans une cave de la rue Elysée Reclus à Alger que fut assassiné le poète Jean Sénac, qui se définissait lui-même non pas comme écrivain francophone, mais comme écrivain algérien de graphie française. Le terme de francographie serait plus approprié que francophonie.

 

 

 

Claude Cheysson

 

            Comme le rappelle Antoine Blanca dans son blog (1), Claude Cheysson a été le seul ministre des relations extérieures. Le terme de relations extérieures et plus heureux que celui  d’affaires étrangères et il est dommage que ce terme n’ait pas été retenu. Le mot étranger n’est pas forcément péjoratif mais peut facilement le devenir. Ce grand diplomate était connu pour son franc-parler peu diplomatique. Il était surnommé le gaffeur. Le 1er novembre 1984, Claude Cheysson se rendit en Algérie aux cérémonies du trentième anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne. Je n’avais pas compris immédiatement la polémique que suscitait la présence du ministre aux cérémonies commémorant cet anniversaire. J’ai compris plus tard que l’insurrection algérienne avait commencée par l’assassinat de plusieurs personnes et que le jour de la Toussaint, il était mal venu, il était mal venu de célébrer un tel fait. Il est vrai que toute société est fondée sur un crime commis en commun.

 

17 octobre  1961 (2)

 

            François Hollande vient de reconnaître la responsabilité de la République dans le massacre des manifestants algériens le 17 octobre 1961.

   Dans un conflit aussi complexe et aussi passionné que le conflit algérien, le simple énoncé de faits historiques pose déjà problème. Le Président de la République vient de faire un geste important de reconnaissance d’un fait historique. Il s’agit d’une reconnaissance et non d’une repentance.

 

Sylvia Krystel

 

            L’actrice qui incarnait Emmanuelle dans un film à succès de 1974 vient de disparaître. Emmanuelle est un film qui a marqué une époque. Il s’agit plus d’un film publicitaire pour les agences de voyage et les compagnies aériennes que d’un film érotique. Je n’ai retenu de ce film que la rencontre d’Emmanuelle avec un homme incarné par Alain Cuny, ce grand acteur qui s’était égaré dans un cabaret où des danseuses acrobatiques fumaient par le bas en tenant les mégots par les orteils.

            Ce matin sur France Culture, les invités du matin parlant de « manuels »d’histoire se laissaient aller à de multiples jeux de mots. Philippe Meyer a parlé d’une ridicule publicité sur le département de l’Aisne et j’ai pensé au jeu de mots que faisait mon grand oncle Jules, qui avait le don de faire des calembours dans les temps difficiles. Ce tonton Jules racontait l’histoire de ces parasites de bas étage, dont il avait été infesté lorsqu’il avait été envoyé par les Allemands dans un camp de concentration. Il racontait l’histoire de deux petits morpions conversant sur un poil et l’un dit à l’autre : « Descendez-vous à la proche aine ? »

 

 

                                                                                                          Jean-Pierre Bénisti

 

(1) http://inter-socialiste.over-blog.com/

(1) http://www.aurelia-myrtho.com/article-17-octobre-1961-86686058.html

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 13:18

Voici quelques peintures qui ne sont pas exposées à l'exposition consacrée aux Juifs d'Algérie ouverte au Musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris :

Baba-A.jpg

 

Maurice ADREY ((1899-1960) Baba

 

 

 

 

 

 

 (a-assus-la-noce-juive-copie-1.jpg

 

Armand ASSUS (1892-1977)

La noce juive

On reconnait le célèbre musicien Séror jouant du violon

 

Fete-orientale441.jpg

 

Louis BÉNISTI ( 1903-1995)

La fête orientale

LB-Femme-juive.jpg

 

Louis BÉNISTI

Femme en costume de Constantine

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