3 avril 2020
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Balancement de l’homme, entre toutes choses égales –incréées et créées. L’arbre illustre sa feuille dans la clarté du soir : le grand Arbre Sauveur qui berce encore notre enfance, ou cet arbre en forêt qui s’ouvrit à la nuit, élevant à son dieu la charge outragée de ses roses géantes.
Ah ! Qu’une élite aussi se lève de très grands arbres sur la terre, comme tribu de grandes âmes, qui nous tiennent en leurs conseils…Et la sérénité du soir descends avec l’aveu de sa douceur, sur les chemins de pierre brulante éclairés de lavande.
Saint –John-Perse : Amers.
Quand la violence eût renouvelé le lot des hommes sur la terre
Un très vieil arbre avide de ses feuilles reprit le fil de ses maximes….
Et un autre arbre de haut rang montrant déjà des grandes Indes souterraines
Avec sa feuille magnétique et changement de fruits nouveaux.
Saint –John-Perse : Vents.
Arbre (Chambon sur Lignon 1962) Photo JPB
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Arboles
¡Árboles!
¿Habéis sido flechas
caídas del azul?
¿Qué terribles guerreros os lanzaron?
¿Han sido las estrellas?
Vuestras músicas vienen del alma de los pájaros,
de los ojos de Dios,
de la pasión perfecta.
¡Arboles!
¿Conocerán vuestras raíces toscas
mi corazón en tierra?
Federico Garcia Lorca : Libro de poémas, 1921
Arbres
O Arbres,
Êtes-Vous des flèches
Tombées de l’azur ?
Quels terribles guerriers vous lancèrent ?
Seraient-ce les étoiles ?
Votre musique sourit de l’âme des oiseaux
De la vision de Dieu,
De la passion parfaites
O arbres,
Plongerez-vous vos racines grossières
Un jour jusqu’à mon cœur, sous terre.
Federico Garcia Lorca : Livre de poèmes. Traduction André Belamich. In Poésies. Gallimard
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2 avril 2020
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Tant de forêts arrachées à la terre
Et massacrées
Achevées
Rotativées
Tant de forêts sacrifiées pour la pâte à papier
Des milliards de journaux attirant annuellement l’attention des lecteurs sur le danger du déboisement des bois et des forêts
Jacques Prévert
La pluie et le beau temps
Éditions Gallimard
Chambon sur Lignon Août 1962 Photo JPB
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2 avril 2020
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Max-Pol Fouchet Demeure le secret Mercure de France; Paris, 1961
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2 avril 2020
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Dans l’arbre privé de fruits et de feuilles
Qui déjà se lasse
Des rameaux jouant pour ne pas trop voir
Un soleil couchant
Une pomme est restée
Au milieu des branches
Et rouge à crier
Crie au bord du temps
Guillevic.
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1 avril 2020
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Vois, comme l’arbre semble au-dessus de nous jouir de la divine ardeur dont il m’abrite : son être en plein désir qui est certainement d’essence féminine, me demande de lui chanter son nom et de donner figure musicale à la brise qui le pénètre et le tourmente doucement.
*
Mon âme aujourd’hui se fait arbre.
*
L’Arbre et l’Amour, tous deux, peuvent dans nos esprits se joindre à une idée. L’un et l’autre sont chose qui, d’un germe imperceptible née, grandit et se fortifie, et se déploie et se ramifie ; mais autant elle s’élève vers le ciel (ou vers le bonheur), autant doit-elle descendre dans l’obscure substance de ce que nous sommes sans le savoir.
Paul Valéry
Dialogue de l’arbre
In Eupalinos, l’âme et la danse, dialogue de l’arbre. Paris, Gallimard 1944
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1 avril 2020
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Grenoble Hiver 1968 Photo JPB
Francis Ponge :
Le parti pris des choses
Gallimard,Paris 1942
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31 mars 2020
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Blason des arbres
À Yvonne Zervos
Bouche folle ou sage
Il te faut parler
Bouche ouverte ou close
Il te faut rêver
Plus haut que ton souffle
Paroles paroles pendues
Aux plumes vérités des nids
Entre les branches dessinées
Du mur sans fin de la forêt
Les étoiles des œufs s’amassent
C’est le bouleau la coquille
Et les roues fusées en ailes
De douces devenant subtiles
Les bouches tremblent de savoir
Légère brise sur les îles
Et mille plages c’est l’aune
Ou le tremble sans rupture
La caresse s’éternise
Dans ce globe de verdure
Piétiné par les oiseaux
Il a plus sur les acacias
Poitrines que la fraîcheur mêle
Seins libérés des jours des heures
Tempes marquant un pas fidèle
Grand’route éprouvant son pouvoir
Une autre nuit que notre nuit
La chaleur aveuglante et crue
Sûre de retrouver sa force
Entre les doigts entre les bras
Entre les membres du platane
C’est le cyprès sur les tombeaux
Et pour tout dire il faut mentir
Les mots les morts découronnés
Plongent leur ombre dans son ombre
Sans sortir d’un sommeil de pierre
Vite comblez-moi cette ornière
Car une autre ornière vous guette
Le plus bel astre perd racine
La nuit vous moulera la tête
L’if en flammes n’allume rien
Le sapin aux lèvres dures
Le pin qui sait bien se taire
Le noyer à son ouvrage
Le tilleul à son parfum
Comme un sourd à son silence
L’arbre en cercle des voyages
L’arbre des sentiers communs
L’arbre d’émail roux et blanc
L’arbre aux lianes bouillonnantes
L’arbre des maisons en ruines
Le hêtre aux paniers troués
Le frêne aux épaules calmes
L’orme redoutable aux hommes
Le prisme du peuplier
Et le saule au bout d’un fil
L’orage honnête s’épuise
À contredire l’espace
Qu’ils se chargent de combler
L’aune envoûte la rivière
Le charme adoucit le chêne
Le chêne adoucit l’amour
Ses os orientent ses veines
Le miel dort dans sa fourrure
Et la houle de la mousse
Recouvre ses vieilles graines
L’océan tout est préservé
C’est la cloche le chêne sonne
Le vent fait battre son cœur
Chaque vague chaque feuille
Change voit clair et rayonne
Les ailes ont quitté le corps
De la forêt l’arbre s’envole
Il règne de la terre au ciel
Il s’éclaircit il prend des forces
Il chante et peuple le désert
Un plus tendre bois
Un miroir plus vert
Une seule voix
Reflètent l’azur
Sous toutes ses faces.
Paul Éluard, Le Livre ouvert II,
Éditions Gallimard, Paris 1942
Poème publié en 1941 dans la revue Fontaine n°15, septembre 1941
Fiésole Aout 1963 Photo JPB
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31 mars 2020
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Yves Bonnefoy
Du mouvement et de l'immobilité de Douve
Mercure de France Paris 1953
repris dans Poèsie Gallimard.
Paris, juillet 1961 Photo JPB
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30 mars 2020
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In Georges-Emmanuel CLANCIER Vrai visage. Paris, éd.Seghers 1952, Robert Laffont,1965 Poètes d'aujourd'hui.90
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