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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 07:40
Villeneuve Loubet en 1950 par Louis Bénisti

Villeneuve Loubet en 1950 par Louis Bénisti

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 16:34

L’actualité m’amène à reprendre un texte que j’avais écrit il y a trois ans.

Un article du Monde (1), publié aujourd’hui, nous signale que l’épilation totale est aujourd’hui à la mode chez les femmes et que cette mode atteint aujourd’hui les hommes.

« L’esthéticien pense, l’esthéticienne épile. » C’est ainsi que s’exprime le sociologue Ivan Jablonka1 dans une étude récente sur le métier d’esthéticiennes, qui, selon lui, deviennent de véritables travailleuses sociales et même quelquefois des psychothérapeutes

Le musée du quai Branly aujourd’hui Musée Jacques Chirac, a consacré, il y a quelque temps, une exposition aux cheveux. Nombre d’ouvrages sur la barbe ou les poils paraissent. Cela témoigne de l’intérêt des humains pour un système pileux proprement humain, les autres mammifères ont un pelage permanent tout à fait différent du système pileux humain.

Les religions se sont emparées du problème : les juifs et les musulmans portent souvent la barbe. Les sikhs ne se coupent jamais les cheveux. Dans les trois religions monothéistes, les femmes traditionnellement ne doivent pas se présenter devant d’autres en cheveux. Si cette tradition s’est perdue chez les chrétiens où les femmes se couvraient encore lorsqu’elles pénétraient à l’intérieur d’une église jusqu’à une époque pas si lointaine, elle perdure chez les juifs et les musulmans. Chez les juifs, les femmes très religieuses auraient la tête rasée recouverte d’un foulard ou d’une perruque. Chez les musulmans, les femmes manifestent leur identité en se couvrant la tête d’un voile. Ce fameux voile a alimenté des polémiques sur le port de signes religieux ostensibles, sur les traditions ancestrales et sur les prescriptions religieuses.

 

Le port de la barbe ou de la moustache chez les hommes varie selon les modes. Il s’agit souvent de manifestation de virilité. En Afrique du Nord, il n’était pas convenable qu’un homme ne laisse pas subsister une moustache plus ou moins grosse. Je connais des barbus qui masquent une déformation de leur menton (retrognatisme) par une barbe. Brassens fait allusion dans une de ses chansons à une moustache pouvant dissimuler un bec de lièvre (la fessée). Souvent le port de la barbe traduit souvent une forte timidité ou une affirmation d’une autorité qui pourrait être défaillante. Pourquoi vouloir circonscrire son visage ? Si le barbu est con, sa connerie en sera aggravée.

Les femmes à barbe ont toujours intrigué. Un tableau du peintre espagnol Ribera intitulé la mujer barbuda montre une femme barbue allaitant son bébé. Ce tableau est exposé à l’hôpital Tavera de Tolède. Il s’agit d’une femme atteinte d’un désordre endocrinien. Lorsque, enfant, je passais mes vacances en Auvergne, j’étais effrayé de voir des vieilles paysannes avec des barbes grises. Ces visions de femme à barbe étaient pour moi surréalistes.

 

Dire que c’est barbant ou c’est la barbe signifie c’est ennuyeux et c’est ennuyeux de se raser, c’est la raison pour laquelle les hommes politiques méditent sur leur avenir en se rasant.

Une expression comme à poil signifiant tout nu est une expression empruntée au vocabulaire des cavaliers. Monter à cheval à poil signifie monter un cheval sans selle ou encore à cru.

 

Les anthropologues étudiant les différences anatomiques des différentes populations ont pu faire des classifications des individus selon leurs systèmes pileux selon la couleur des poils ou selon leur implantation. Les hommes d’origine asiatiques ont peu de poils sur les jambes et le torse. Aussi bien les hommes que les femmes asiatiques ont les aisselles et le pubis assez fournis et surtout lisses. Ce sont presque des cheveux.

 

Cela rejoint cette chanson enfantine que nous chantions sur un air de tango, la dénégation était évidente :

 

Je ne suis pas curieux,

Mais je voudrais savoir,

Pourquoi les femmes blondes

Ont les poils du cul noir

 

Je ne chanterais pas la suite. Il y a cependant quelques blondes qui le sont entièrement

 

Jusqu’au dix-neuvième siècle, les artistes ne figuraient pas dans leurs peintures les poils de leur modèle. Les femmes à poil étaient sans poils. Même Rembrandt dans sa gravure de « la Femme qui pisse » ne figure pas les poils C’est Courbet qui fut un des premiers artistes à figurer la pilosité de son modèle dans un tableau appelé l’Origine du monde qui à l’époque fit scandale. Ce qui est surprenant dans ce tableau, ce n’est pas pour ce qu’il représente mais le fait que ce n’est pas seulement l’observateur qui regarde le tableau mais c’est le sexe velu de la femme représentée sur le tableau qui regarde son public. Ce regard est accentué par l’absence de visage du modèle peint. Depuis Courbet, d’autres artistes n’ont pas censuré les poils de leur modèle, notamment Picasso, Manguin ou Marquet…

Lucien Clergue a su tirer parti de l’esthétique du système pileux dans ses admirables photos de nus en contre-jour, photos qu’il fit pour illustrer le poème d’Eluard : Corps mémorable

 

Baudelaire dans un poème des Fleurs du mal rend hommage à ces toisons :

 

« Et sous un ventre uni, doux comme du velours,

Bistré comme la peau d'un bonze,

 

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur

De cette énorme chevelure,

Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,

Nuit sans étoiles, Nuit obscure ! »

 

(Les promesses d’un visage in les Fleurs du mal)

 

Jules Verne n’a pas écrit que le Tour du monde en quatre-vingt jours, il a aussi écrit un poème intitulé : Lamentation d’un poil de cul de femme. (3)

Au cinéma, la première actrice qui ait montré sa pilosité dans un film d’auteur est Jane Birkin dans Blow up d’Antonioni. Dans le Dernier tango à Paris, un film qui fit scandale, Maria Schneider soulève sa robe et exhibe une gigantesque touffe qui apparaît en gros plan sur l’écran et qui regarde les spectateurs comme dans l’Origine du monde de Courbet.

 

 

 

Près du Pont de la Concorde, la Piscine Déligny était dans les années 70 un lieu très fréquenté. Sur la terrasse de cette défunte piscine, les femmes retiraient le haut de leurs maillots et exhibaient leurs seins. Une dame tricotait au crochet des petits triangles en coton. Ces triangles pouvaient être portés comme cache-sexe. Un cordon noué au haut des fesses permettait d’accrocher le triangle. La tricoteuse vendait ces vêtements minimum pas trop chers. Des baigneurs et surtout des baigneuses les essayaient. Ainsi, non seulement les seins étaient à l’air, mais aussi les fesses. À cette époque, les femmes ne se rasaient pas et laissaient voir leurs poils plus ou moins abondants dépasser les contours de ces triangles : il y en avait de toutes les couleurs : des poils bruns, des poils roux, des blonds… Aujourd’hui les femmes se rasent comme pour se libérer des dernières contraintes et l’on a plus l’occasion de voir le moindre poil. Tout le mystère qui se cache derrière ces toisons disparaît. Il y eut aussi la mode du rasage sélectif laissant sous le maillot un simple ticket de métro. Je préfère que les poils restent apparents et je regrette aussi les aisselles non épilées. Catherine Millet, l’écrivaine célèbre pour avoir raconté en détail ses exploits sexuels, avouait ne pas avoir cédé à la mode du rasage. Peut être qu ‘en s’épilant, les femmes veulent retrouver un sexe de petite fille. Il ne faut pas oublier que l’étymologie du mot puberté signifie apparition de la pilosité pubienne et cette apparition marque souvent le commencement de la fin de l’enfance.

 

Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

  1. Lorraine de Foucher : La guerre du poil est déclarée. Le Monde 13.08. 2016
  2. Ivan Jablonka : Le corps des autres. Coll. Raconter la vie. Seuil, Paris, 2015 ISBN 978-2-37021-034
  3. Voir : http://pdidion.free.fr/notules_2006/pdf/lamentations_d_un_poil_de_cul_de_femme.pdf

 

 

Voir dans Libération un article issu d’un blog intitulé les 400 culs. L’auteure de l’article s’insurgeait contre la mode de l’épilation qui sévit actuellement

http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/09/epilation-cest-une-mode-ou-une-dictature-.html

Voir aussi :

Sylvie Kerviel et Macha Séry : La tyrannie de l'épilation.Le Monde 07.03.10

 

 

 

Nu de Charles Camoin, exposé actuellement au Musée Granet à Aix en Provence

Nu de Charles Camoin, exposé actuellement au Musée Granet à Aix en Provence

Matisse

Matisse

Louis Bénisti  : Nu couché sépia 1937

Louis Bénisti : Nu couché sépia 1937

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 14:20

René Gachet vient de nous quitter. Avant d'avoir été haut fonctionnaire au Ministère de la Culture, inspecteur d'art dramatique et DRAC à Metz ou à Lyon. Il a dirigé admirablement le Centre culturel français d'Alger entre 1967 et 1971 et a contribué à faire connaître les peintres et les écrivains d'Algérie en organisant des expositions et des conférences.

Catalogues d'expositions de peinture

Catalogues d'expositions de peinture

Publications d'écrits de Jean Dejeux et de Jean Sénac

Publications d'écrits de Jean Dejeux et de Jean Sénac

Exposition Louis Bénisti  au CCF en janvier 1970

Exposition Louis Bénisti au CCF en janvier 1970

F!esta campestre en Andalucia, peinture de Diaz Ojeda exposée au CCF d'Alger en 1967

F!esta campestre en Andalucia, peinture de Diaz Ojeda exposée au CCF d'Alger en 1967

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 07:27

Hommages de deux hommes remarquables décédés le même jour le 2 juillet 2016

Les 9 et 10 novembre 1990, s'est déroulé à Strasbourg le colloque "Albert Camus et l'Europe". Après l'ouverture du colloque par Catherine Trautman, Maire de Strasbourg, André Abbou, organisateur du colloque, lit un message de sympathie de Michel Rocard, Premier ministre, dont voici le texte:

Mesdames, Messieurs,

Lorsque j'ai reçu l'invitation des organisateurs de ce colloque international sur Albert Camus et l'Europe, j'ai regretté que mon emploi du temps ne me permette pas d'être présent à la séance d'ouverture. J'ai toujours, en effet, pensé qu'Albert Camus n'avait pas la considération qu'il mérite, bien qu'il soit l'un des auteurs français les plus lus. Le choix du thème de votre colloque me paraît judicieux. Car Camus est, parmi les intellectuels de ce temps, un de ceux qui ont porté le plus loin le regard sur l'Europe du milieu du siècle, secouée par des crises de toute nature et tourmentée par les idéologies autoritaires. Albert Camus, parmi d'autres engagements, a refusé d'être uniquement un artiste et a participé au combat contre l'injustice. Il a défendu l'Allemand contre le nazisme, il a signé un double appel en faveur des communistes grecs condamnés à mort en 1949 et 1950, il a démissionné de l'UNESCO lorsque l'Espagne franquiste y fut admise, il a protesté après l'écrasement de l'insurrection hongroise de 1956. Il a donc ainsi anticipé sur les mouvements de solidarité que l'on connaît aujourd'hui en Europe. Albert Camus fut un éminent représentant de l'esprit européen, fait d'un questionnement permanent. La condition humaine est pour lui essentiellement révolte, c'est-‡- dire réaction à l'absurdité qui se révèle dans la confrontation de l'homme au monde, refus de toutes les injustices engendrées par la société et l'histoire. Cependant, cette tragédie fondamentale doit se doubler d'une révolte positive qui affirme les droits de l'homme, de la vie, de la nature comme valeurs suprêmes. La révolte sauve donc la dignité de l'homme, laquelle s'inscrit dans cette tension entre la révolte contre et la révolte pour. C'est ce que n'ont pas vu les idéologies totalitaires qui ont finalement conduit à justifier le crime et la négation de l'homme. Il faut relire L'homme révolté et comprendre la force qu'il donne à un combat, inscrit dans la mesure, pour un âge adulte de la pensée moderne. L'avenir de nos nations aujourd'hui n'est-il pas lui aussi inscrit dans la tension entre la révolte et la mesure, dans le refus de toute logique unilatérale du désespoir. L'Europe de Camus, que nous découvrons en creux de ses ouvrages, est une préfiguration de celle que nous avons à vivre aujourd'hui. Je suis sûr que votre colloque contribuera à la connaissance et à la diffusion d'une pensée qui nous a tant apporté et qui nous apportera encore beaucoup.

Michel Rocard.

Bulletin de la Société des études camusiennes n°22, avril 1991

http://webcamus.free.fr/sec/archives/b22-9104.pdf

Elie Wiesel rends hommage à Albert Camus dans le numéro 846 de la revue Europe, octobre 1999, (numéro spécial Camus publié sous la direction de Jacqueline Levi-Valensi.

Michel Rocard et Elie Wiesel parlent de Camus
Michel Rocard et Elie Wiesel parlent de Camus
Michel Rocard et Elie Wiesel parlent de Camus

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 09:03

Une voix

.

Écoute-moi revivre dans ces forêts

Sous les frondaisons de mémoire

Où je passe verte,

Sourire calciné d’anciennes plantes sur la terre,

Race charbonneuse du jour.

.

Écoute-moi revivre, je te conduis

Au jardin de présence,

L’abandonné au soir et que des ombres courbes,

L’habitable pour toi dans le nouvel amour.

.

Hier régnant désert, j’étais feuille sauvage

Et libre de mourir,

Mais le temps mûrissait, plainte noire des combes,

La blessure de l’eau dans les pierres du jour.

.

Yves Bonnefoy (1923-2016)

Hier régnant désert, Mercure de France, 1958.

Hommage à Yves Bonnefoy

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:07

Un lieu peu connu dans un pays très touristique a été remarqué par des artistes et des écrivains.

Si vous allez vous promener dans le Lubéron, au lieu-dit du Jas de Puyvert, entre Lourmarin et Cadenet, arrêtez-vous et montez au sommet d’une colline : vous trouverez une petite tour avec un porche ouvert et à l’intérieur un colombier.

L’écrivain Gabriel Audisio (1900-1978) a écrit en un roman portant le titre Le Colombier de Puyvert (Gallimard 1953) qui nous transporte au quatre coins de la Méditerranée pour finir près de ce fameux colombier :

« …Avant d’arriver aux abords du fleuve, Sauveur aperçut, à quelque distance, sur une faible éminence au delà d’un boqueteau, une vieille tour qui dominait les environs d’un lieu-dit Puyvert. Il n’y était jamais allé voir de près. Ce ne devait être qu’un colombier, comme il en existe beaucoup, comme il subsiste quelques-uns dans ces parages. Mais la beauté du site qui semblait avoir quelque chose de privilégié, le tenta. »

Au restaurant Ollier de Lourmarin, ce texte écrit de la main de l’auteur était encadré et accroché dans la salle jusqu'à la fin des années 70.

Non loin de ce lieu, à Lourmarin, au lieu dit du Pierouret, le scénographe André Acquart, qui vient de nous quitter, avait acquis un terrain où il avait l’habitude en été de planter sa tente en compagnie de sa femme Barbara et de ses enfants.

Marie Cardinal (1928-2001), qui avait connu les Acquart en Algérie, leurs rendait souvent visite. Elle relate dans son livre les Mots pour le dire (1) , la promenade qu’elle avait faite en leur compagnie au fameux colombier : « …je suis entrée et la beauté du lieu m’a saisie, comme si on m’avait jeté un charme. La tour n’avait pas de toit (…). Les parois étaient percées de profonds alvéoles de porcelaine bleus et jaunes, un rang bleu, un rang jaune en quinconce, où nichaient les oiseaux. »

Emerveillé, moi aussi, par cette beauté, survenant de façon inattendue. J’ai saisi mon appareil de façon à rendre éternelle quelques centièmes de secondes.

Jean-Pierre Bénisti

  1. Marie Cardinal : Les Mots pour le dire. Paris, Grasset 1975 Livre de poche p.22
Colombier de Puyvert Photo JPB

Colombier de Puyvert Photo JPB

Jas de Puyvert Photo JPB

Jas de Puyvert Photo JPB

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 10:58

Sur France-culture, l’émission « les Regardeurs » est consacrée cette semaine au Déjeuner sur l’herbe de Manet. Ce tableau est surprenant, car la femme se trouve nue, en compagnie de messieurs habillés en habit de dimanche. Au loin, une autre femme, en déshabillé, s’apprêtant à se baigner, semble se fondre dans le paysage lointain.

Pour moi, deux interprétations sont possibles :

La première : le peintre se met à la place du spectateur-regardeur. En réalité, les personnes sont habillées, la femme l’est aussi mais le regardeur, séduit par sa beauté, la voit comme étant nue. Les hommes sont réels, la femme assise est imaginaire, quant au symbolique, c’est peut-être la baigneuse du fond.

La deuxième : la femme s’est mise nue pour se baigner devant des messieurs qui ne connaissent pas ce plaisir. Ellr interpelle le spectateur qui la regarde et lui dit : « Regarde-moi, comme je suis belle ! » Le spectateur se trouve alors dans la même position devant ce tableau, que celle dont il se trouve devant l’Origine du monde de Courbet : Ce n’est pas le spectateur qui est voyeur c’est le personnage du tableau qui est exhibitionniste. La femme peinte n’a pas un visage qui pourrait regarder le public. C’est son sexe qui regarde le public.

Ces peintures gardent encore une fonction sociale. Les fresques du Moyen-âge racontaient l’histoire sainte à un public non lettré. Les peintures de Goya pouvaient nous parler des désastres de la guerre. Élie Faure, voyant ces peintures narratives comme le déjeuner sur l’herbe, parlait de cinéma avant la lettre.

Auguste Renoir continua à faire quelques peintures narratives comme le Moulin de la Galette et avec ses collègues impressionnistes, il tournait le dos aux peintres académiques que l’on qualifiait de pompiers. Jean Renoir a pris le relai de son père en devenant cinéaste et il fit lui aussi son déjeuner sur l’herbe.

Jean-Pierre Bénisti

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 15:26

Actuellement à l'espace Oscar Niemeyer à Paris XIX ème (siège du Parti Communiste Français) a lieu une très intéressante exposition consacré à la résistance par la culture.

On peut voir notamment l'histoire du poème Liberté de Paul Éluard publié à Alger par Max-Pol Fouchet sous le titre : Une seule pensée.

L'exposition consacre une large place aux camps d'internement en Algérie durant la période où le Gouvernement Général de l'Algérie était à la solde du régime institué par Philipe Pétain.

Au camp de Djelfa, a été interné un républicain espagnol, Max Aub

Au camp de Bossuet, près de Sidi Bel Abbes, le parlementaire communiste Prosper Moquet fut interné. Il fut ensuite transféré à la prison de Maison-carrée et c'est là qu'il appris l'exécution de son fils Guy Moquet, fusillé comme otage à Chateaubriant. Aragon a dédié son poème célèbre : la Rose et le Réséda à Gilbert Dru, militant catholique (celui qui croyait au ciel ) et à Gabriel Peri et Guy Moquet (celui qui n'y croyait pas)

Des républicains espagnols ont été internés à Boghari ! non évoqué dans l'exposition.

Ces camps d'internement ont été réutilisés pendant la guerre d'Algérie.

Jean-Pierre Bénisti

Au sujet des camps d'internement en Algérie en 1940-42
Prosper Moquet à Bossuet et à Maison-Carrée
Prosper Moquet à Bossuet et à Maison-Carrée

Prosper Moquet à Bossuet et à Maison-Carrée

Max Aub à Djelfa
Max Aub à Djelfa

Max Aub à Djelfa

Le camp de Boghari, gravure de René-Jean Clot

Le camp de Boghari, gravure de René-Jean Clot

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:32

1° À Grenoble, un avocat s’est vu placé en hôpital psychiatrique après une garde à vue. Je ne veux pas savoir les motifs de l’interpellation de cet avocat. Ce que je constate, c’est qu’un tribunal a usé de l’aide de psychiatre comme simple moyen de privation de liberté. Le but des placements autoritaires en hôpital psychiatrique, est avant tout un moyen de protection d’un individu pour lui-même et pour les autres. Heureusement que des psychiatres, qui, ne se considèrent pas comme des auxiliaires de justice, ont infirmé le placement de l’individu interpellé.

Ce fait n’a pas été très commenté par la presse nationale, en raison de l’ actualité de la semaine qui étaitt dominée par les manifestations de rue et la pénurie de carburant. Il importe de réfléchir à une justice et une psychiatrie qui sont en train de se soviétiser.

2° Un professeur de médecine a été convoqué par le Conseil de l’ordre des médecins pour des propos contestables et contestés sur la pratique vaccinale. Je précise que je ne suis pas du tout d’accord avec les arguments de ce médecin, qui ne dit pas des contre-vérités, mais, qui, mélange vérités et contre-vérités. Néanmoins, je trouve parfaitement inutile de sanctionner ce praticien, car il y a suffisamment d’organes de presse pour contredire ce médecin, qui, abuse de sa notoriété pour émettre une opinion personnelle mais qui, comme tout un chacun, a le droit de dire des sottises.

3° Il y a d’ailleurs beaucoup de faits qui sont tout a fait en contradictions avec la déontologie des médecins et qui apparemment ne sont pas sanctionnés. Certains praticiens de la chirurgie réparatrice pratiquent l’hymenoplastie (chirurgie de la virginité ) et mettent sur internet des sites qui sont de véritables placards publicitaires.

Il paraît que la pratique de la chirurgie, qui n’est pas un commerce,ne doit pas user de la publicité.

4° Je voudrais aussi m’indigner contre cette manière de stigmatiser des intellectuels médiatiques taxés de réactionnaires. Il est permis de critiquer BHL, Finkelkrault, Michel Onfray, Kamel Daoud, Boualem Sansal ou Caroline Fourest. Il serait judicieux de les critiquer sur des arguments et non pas sur leur personne en tant que tel. Cette technique d’ostracisassions était utilisée par l’extrême-droite surtout dans les 30 puis par les communistes dans les années 50 et 60. Sartre l’a utilisé contre Camus dans sa critique de l’Homme révolté. Cette manière de stigmatiser des personnes pollue le débat intellectuel. Je regrette beaucoup qu’un journal numérique comme Médiapart verse dans ce travers. Caroline Fourest a consacré son émission du 30 mai 2016 sur France-culture (1), sur ce sujet et cite le fameux proverbe chinois sur les imbéciles qui regardent le doigt plutôt que ce qu’il montre.

Jean-Pierre Bénisti.

(1) http://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-caroline-fourest/le-monde-selon-caroline-fourest-lundi-30-mai-2016

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 15:16

Je me souviens de Rita Renoir…

La semaine dernière, j’étais de passage à Paris. En allant voir une exposition de photographies de Francesca Woodman, à la fondation Cartier-Bresson, j’ai traversé ce quartier dit quartier de Plaisance, où se trouvait un petit théâtre près du métro Pernety. Je pensais au spectacle que j’avais vu en 1972 dans cette salle où se produisait Rita Renoir.
Je n’ai plus entendu perlé de cette grande comédienne jusqu’à ce matin où j’apprends son décès1.

Ce spectacle pour une femme seule m’avait été recommandé par le Nouvel Observateur 1. Il se composé de deux parties : Et moi qui dirait tout et le Diable. Ce spectacle qui se voulait érotique, était dépourvu de la moindre vulgarité. Dans la première partie du spectacle Rita, vêtue d’une robe noire, qui la dénudait plus qu’elle ne l’habillait, en laissant voir ses deux seins, allait d’un bout à l’autre de la salle en racontant son histoire. Elle prétexta la chaleur de la salle pour se mettre à l’aise et retirer sa culotte en exhibant sa touffe tout en continuant à parler. La deuxième partie était encore plus fascinante. Sur un fond de musique religieuse, Rita arrive nue enveloppée dans une cape noire et se mets à danser en jouant d’abord avec sa cape puis la laissant tomber, elle évolue complètement nue. Elle va et elle vient, halète, râle, bave et crache, écarte les cuisses ouvre son sexe, se retourne fait le poirier écarte ses cuisses la tête en bas. Elle finit son spectacle en se renveloppant dans sa cape pour saluer un public médusé.

Je suis retourné voir ce spectacle l’année suivante en 1973 et si j’avais pu, je l’aurais encore revu. Lorsque je l’ai revue, la première partie du spectacle était plus élaborée. Rita dialoguait avec le public et elle invitait les spectateurs à participer : deux filles sont montées sur la scène, se sont dévêtues et se sont présentées au public comme des femmes sorties d’un tableau de Delvaux.

Rita Renoir avait joué à Lyon dans la Poupée d’Audiberti chez Marcel Maréchal, dans le Désir attrapé par la queue de Picasso, monté par Jean-Jacques Lebel, longtemps après la lecture que Camus avait faite de ce texte en présence du maître, et dans les Immortelles de Pierre Bourgeade au Lucernaire à Paris.

Jean-Pierre Bénisti.

1. Voir Le Figaro 25 mai 2016 :. http://www.lefigaro.fr/cinema/2016/05/25/03002-20160525ARTFIG00019-hommage-a-rita-renoir-la-tragedienne-du-strip-tease.php

http://blog.lefigaro.fr/theatre/2016/05/rita-renoir-une-personnalite-a.html

2. Mariella RIGHINI : Qui a peur de Rita Renoir ?Le Nouvel Observateur 12 décembre 1972 et Louise LAME : Le hérisson mis à nu par Cortazar :http://passagejfv.eklablog.com/le-herisson-mis-a-nu-par-cortazar-meme-a2859985 et Jean Michel PALMIER :Rita Renoir : les Voyeurs attrapés par la queue http://stabi02.unblog.fr/2009/03/15/rita-renoir-les-voyeurs-attrapes-par-la-queue/

http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0425_19721230/OBS0425_19721230_042.pdf

voir aussi : http://joseangelgonzalez.com/rita/

Le nouvel Observateur 12 décembre 1972

Le nouvel Observateur 12 décembre 1972

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