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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:12

Du 11 au 24 janvier 2014
Lieu : Centre Berthelot – Salle Edmond Locard – Lyon 7ème – Tramway T2 Berthelot
Horaires : Ouvert tous les jours de 14h à 19h sauf le dimanche. Tramway T2 Arrêt Berthelot

 

Albert Camus, ses amis peintres

Exposition de peintures et de sculptures
Peintures de Acquart, Adrey, Assus, Baya, Benaboura, Bénisti, Brouty, Caillet, Chevalier, Clot, Degueurce, Deschamps, Galliero, Maguet, Maisonseul, Pelayo, Sintès, Stiers, Terraciano.
Sculptures de Bénisti et Damboise

 

Le 17 janvier 2014
Lieu : Mairie du 7ème arrondissement, Place Jean Macé, Lyon – Métro et Tramway Jean Macé
Horaire : 19 h

« J’habite une blessure sacrée »

Lectures croisées de textes de Camus, Césaire, Feraoun par Raymonde Palcy, Renaud Lescuyer, Dominique Lurcel
Textes extraits des œuvres suivantes :
. Discours sur le colonialisme, poèmes, Cahier d’un retour au pays natal, Discours de juillet 1945 … (Césaire),
. Misère en Kabylie, Le premier homme, L’étranger, lettre à Mouloud Feraoun – 1951, Trêve pour les civils 1956, Algérie 1958 – Chroniques algériennes …(Camus),
. Les chemins qui montent, lettre à Albert Camus -1951, La source de nos malheurs communs … (Feraoun).

Albert Camus, Aimé Césaire et Mouloud Feraoun, trois immenses écrivains, tous nés en 1913 : la tentation était grande d’imaginer leur dialogue posthume autour des thèmes qui traversent leur œuvre. La confrontation du colonisé au colonisateur, l’enracinement dans la terre natale, la langue comme arme de combat pour la justice …

PHOTOS Raymonde Palcy, Renaud Lescuyer, Dominique Lurcel

 

Avant la reprèsentation de FOLIES COLONIALES.10 mars 2012
R_Lescuyer
R_Palcy

Raymonde Palcy

D’origine martiniquaise, d’où des rôles ayant trait à la diaspora africaine : « Lettres Indiennes » (Alain Timar) ; « Paroles d’esclaves » (Alain Besset) ; « Frères Volcan », et « Pluie et vent sur Thélumée Miracle » (Anne Marie Lazarini) ; « Anjo Negro » (Marc Albert Adjadj) ; « Kamelia » (Marie-Annie Félicité).

Raymonde Palcy a aussi plaisir à abandonner  cette étiquette « ethnique » pour des textes d’auteurs contemporains vivants : Jean-Pierre Cannet (avec Christian Sterne), Emmanuel Darley (avec Thierry Tchang Tchong), Marie Nimier (avec Claude Défard), Pierre Bourdieu (avec Alain Timar), J. S. Sinisterra (avec Jose Manuel Cano Lopez), Frank Mas.

Et quelques classiques : Ruy Blas » (avec Arlette Alain), « Othello » (avec Emmanuel Meirieu), La Casa de Bernarda Alba (avec Philippe Faure),  Le Cercle de craie caucasien » (avec Akel Mohammed Akian), « Amour pour amour » (avec Sylvie Mongin Algan)…

 

 

Le 18 janvier 2014
Lieu : Centre Berthelot – Salle Edmond Locard – Lyon 7ème – Tramway T2 Berthelot
Horaire : 16h

Conférence sur Jean Sénac, poète algérois

par Blandine VALFORT
Blandine VALFORT Doctorante, Département des Lettres modernes, Université Lyon 2, spécialiste de la littérature francophone du XXème siècle. Poésie, engagement littéraire et identités culturelles.

B_Valfort

Conférence sur Jean Sénac
Blandine Valfort (18 janvier, 15 h)

 

Entre Albert Camus et son « fils rebelle »*, Jean Sénac, les liens, passionnés et quelquefois conflictuels, sont multiples.
Et cela ne tient pas seulement au double anniversaire célébré en 2013 – le centenaire de la naissance de Camus, à Mondovi, et les quarante ans de la mort de Sénac, à Alger.
L’ancrage géographique et affectif dans cette terre algérienne habite les deux écrivains dont l’amitié a été rompue pendant la guerre d’indépendance.
Certes l’auteur de L’Etranger a éclipsé, de par son envergure littéraire, le jeune poète avec lequel il a correspondu à partir de 1947 et qu’il a rencontré pour la première fois en 1948.
Si ces deux parcours n’ont pas été couronnés du même succès littéraire, ils reflètent néanmoins un questionnement identitaire similaire, auquel les deux écrivains ont répondu différemment.
Jean Sénac, qui a embrassé la cause indépendantiste et soutenu la lutte armée, a gardé l’Algérie chevillée au corps, quitte à renier, au nom de son idéal de « justice », ce « père » qu’il avait adopté pendant ces onze années de correspondance.
Cette exposition sur Albert Camus et les peintres est l’occasion de rappeler ces liens et d’exhumer quelques poèmes de l’ami méconnu.
Et ce d’autant plus que Jean Sénac a lui-même entretenu des relations très étroites avec les milieux artistiques algérois.
Définissant dès 1945 le concept de « poépeintrie » lors d’une exposition du peintre Orlando Pelayo, il fonde le cercle « Lélian », puis la « Galerie 54 » qui promeut l’ « Ecole du Signe ».
Au-delà de la question de l’engagement, les parcours des deux écrivains se rejoignent donc aussi dans cet échange de regards entre ces arts, à la fois jumeaux et concurrents, que sont la littérature et la peinture.

*Nacer –Khodja, Hamid, Albert Camus, Jean Sénac ou le fils rebelle, Paris, Paris-Méditerranée, 183 p.

 

Le 21 janvier 2014
Lieu : Ecole Normale Supérieure – 15 parvis René Descartes, 69007 Lyon – Métro Debourg
Horaire : 19 h

« La Chute de Camus : entre exil et royaume, un chef d’œuvre ambigu… »

Conférence par Abraham BENGIO
Discutante Virginie LUPO, enseignante, docteure ès lettres – Lectures par Renaud LESCUYER.
A. Bengio évoque La Chute comme la réaction, non plus philosophique mais littéraire et intime, et douloureuse (puisqu’il ne s’y épargne pas lui-même) de Camus à la fameuse « querelle ».
Abraham Bengio est né à Tanger (Maroc). Il est agrégé de lettres classiques. Il a été notamment professeur de lettres puis directeur de l’Institut français de Madrid, et Directeur régional des affaires culturelles dans plusieurs régions. Il est aujourd’hui directeur général adjoint en charge de la culture au Conseil régional de Rhône-Alpes.
A_Bengio
Biographie A Bengio au format PDF

Le 30 janvier 2014
Lieu : Mairie du 7ème arrondissement, Place Jean Macé, Lyon – Métro et Tramway Jean Macé
Horaire : 18h30

3 approches de Camus – Conférences
Modérateur : Gilbert Meynier, historien

« Camus, Premier homme à Mondovi, le poids de la mémoire »

par Yvonne FRACASSETTI BRONDINO
La mémoire, complexe et sédimentée, d’un fils de la colonisation et de la Méditerranée qui a toute sa vie et son œuvre durant, essayé de réduire la fracture de l’histoire. Il nous a livré les clés d’une lecture du monde libérée du carcan des idéologies et du savoir rationnel. Une mémoire pour retrouver «l’amour du monde ».
Yvonne Fracassetti Brondino, francisante, lectrice à l’université d’Alger, attachée culturelle à l’Institut Culturel Italien de Tunis, directrice du service culturel auprès du Consulat italien de Lyon et de Nice, co-directrice de la collection Italies aux éditions Publisud (Paris). Elle a publié plusieurs essais sur les cultures de la Méditerranée.

 

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Biographie Y Fracassetti Brondino au faormat PDF

Albert Camus et l’Algérie coloniale : une autre lecture de la colonisation »

par Michele BRONDINO

Pour comprendre le rapport Camus-Algérie coloniale il importe de partir de l’optique dans laquelle Camus se pose dans son œuvre et dans sa vie : l’optique d’un écrivain au service de ceux qui subissent l’histoire, non de ceux qui la font.
Michele BRONDINO Historien de l’Afrique méditerranéenne, attaché culturel dans les pays du Maghreb, directeur de l’Encyclopédie de la Méditerranée et co-directeur de la collection Italies aux éditions Publisud (Paris).

 

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Biographie M Brondino au format PDF

« Une variation algérienne sur l’écriture camusienne : Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud »

par Christiane CHAULET ACHOUR

Ce roman est la création la plus récente dialoguant avec l’écriture de Camus. C. Chaulet Achour en propose une analyse pour faire apparaître un dialogue de Kamel Daoud avec l’écrivain A. Camus ; elle y introduire à toute la complexité de la relation que les Algériens entretiennent avec lui.
Christiane CHAULET ACHOUR est actuellement professeur de Littérature Comparée et francophone et chercheuse au Centre de Recherche Textes et Francophonies qu’elle a dirigé de 2002 à 2009, à l’Université de Cergy-Pontoise.

C_Chaulet_Achour

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 22:55

Testament

 

"Je lègue à mes amis

un bleu céruléum pour voler haut

un bleu de cobalt pour le bonheur

un bleu d'outremer pour stimuler

un vermillon pour faire circuler le sang allègrement

un vert mousse pour apaiser les nerfs

un jaune d'or : richesse

un violet de cobalt pour la rêverie

une garance qui fait entendre le violoncelle

un jaune barite : science- fiction, brillance, éclat

un ocre jaune pour accepter la terre

un vert Véronèse pour la mémoire du printemps

un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage

un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin

un jaune citron pour la grâce

un blanc pur : la pureté

terre de sienne naturelle : la transmutation de l'or

un noir somptueux pour voir Titien

une terre d'ombre naturelle pour mieux accepter la mélancolie noir     

une terre de sienne brûlée pour le sentiment de durée"

 

Vieira da Silva

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 22:00

AFFICHE_CAMUS.jpg

Voir

 

http://art-figuration.blogspot.fr/2013/12/albert-camus-ses-amis-peintres.html

 

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 17:43

 

            Les journaux d’Alger nous ont fait part de la visite de Madame Brigitte Ayrault à Tipaza  en compagnie de Catherine Camus. Les journaux nous ont aussi dit que la presse n’était pas invitée à couvrir l’événement : il n’y eut point de reportage télévisé, pas même une photo. Aux dernières nouvelles, Catherine Camus n’était pas présente, ce qui laisserait supposer que l’entretien du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avec le Président Bouteflika n’aurait pas eu lieu (heureusement qu’il y a eu une photo dans la presse algérienne qui apparemment ne semblait pas du même type que les photos des manuels d’histoire de la Russie stalinienne.

            Je discutais la semaine passée avec un ami qui s’était rendu à Tipaza récemment. Il m’a dit que cette stèle avec la phrase de Camus gravée par mon père, Louis Bénisti,   était un monument très important mais qu’il était agacé par ceux qui réduisaient l’œuvre de Bénisti à cette stèle. Je suis en accord avec ce que dit cet ami, tout en lui faisant remarquer que si dans l’œuvre de Bénisti, la stèle risquait de jouer le rôle de l’arbre qui cache la forêt, elle incitait les lecteurs de Camus à s’intéresser à l’œuvre de Bénisti et aux œuvres de ses amis peintres ou architectes.

            Au cours d’un récent séjour à Alger, je me suis rendu à Tipaza et j’ai remarqué que la stèle était surveillée par les gardiens et que le scellement avait été renforcé par un liseré de plâtre.

IMG_2463-copie-1.jpg

 

            Le parc des ruines de Tipasa est devenu le lieu de rendez-vous des jeunes amoureux qui circulent au milieu des sarcophages. Il y a même des sarcophages doubles destinés aux Abélard et Héloïse ou aux Tristan et Yseult de l’époque romaine.

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            S ‘il y a une rue Mozart à Salzbourg, et je crois même une avenue Kafka à Prague, il n’y a pas de rue Albert Camus à Tipaza, pas plus que de d’avenue Sigmund Freud à Vienne. Un restaurateur a réparé l’oubli des autorités administratives de Tipaza en ouvrant sur le port un restaurant Albert Camus. Ce restaurant se trouve en face de l’emplacement du restaurant Varin, où Camus avait l’habitude d’aller et qui n’existe plus.

DSCN0308.jpg


            Au MAMA (1) (Musée d’art Moderne d’Alger), j’ai vu une exposition du peintre Djamal Tatah un peintre franco-algérien qui expose actuellement chez Maeght à Saint-Paul de Vence, un lieu qui expose très rarement les artistes vivants. Ce peintre fait beaucoup de très grands portraits en pied avec des fonds monochromes. Cet artiste a fait un triptyque composé de trois panneaux : deux panneaux avec un autoportrait du peintre de chaque côté d’un panneau représentant la stèle de Tipasa. Voilà maintenant que la stèle a rejoint les divinités adorées par les anciens.

 

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            La stèle est toujours à l’honneur dans les livres et Dominique Fernandez vient de faire avec le photographe Ferrante Ferranti un livre d’images,  pour les parents et les enfants sages,  intitulé Voyage en Algérie antique. Le livre (2) commence par une image de la stèle avant celles de monuments plus anciens.

                                                Jean-Pierre Bénisti

  1. http://mama-dz.com/media/files/publication/djamel-tatah.pdf
  2. Dominique FERNANDEZ , Michel CHRISTOL, Sabah FERDI, Ferrante FERRANTI, Voyage en Algérie Antique. Actes-Sud, Arles, 2013

Voir :

Jean-Claude IZZO : Méditerranée des bonheurs possibles, in Le Point 15.08..1998

http://www.lepoint.fr/actualites-voyages/2007-01-23/mediterranee-des-bonheurs-possibles/1088/0/76997

Maïssa BEY Vous cherchez Camus ? Il est là-bas. Le Monde 04.05.06

http://www.limag.refer.org/Documents/LM20064maiCamusBey.pdf


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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:37

Affiche-ACcdBJJ-copie-1.jpgBeaucoup de Lyonnais ignorent les relations de Camus avec Lyon. Elles sont assez nombreuses et elles ne se résument pas à une enfance passée à Alger dans un appartement d’une rue appelée rue de Lyon (aujourd’hui Mohamed Belouizdad), dans le quartier de Belcourt (qui ne s’écrit pas Bellecour). On raconte aussi qu’un libraire ou plutôt un marchand de livres avait apporté à son client qui lui demandait l’Homme révolté de Camus, un livre sur la Révolte des Canuts

Si à la lecture de l’œuvre de Camus, on perçoit son attachement à une mère très pauvre, on oublie qu’une autre personne eût une grande influence sur lui : son oncle par alliance, boucher de son état, venu dans sa famille au moment où il était adolescent qui l’aida à  poursuivre ses études. Cet oncle s’appelait Gustave Acault.  Il avait ouvert dans le centre d’ Alger, une boucherie qui vendait une viande d’excellente qualité. Cet homme distingué était originaire de Saint Genis-Laval et était fier de son origine lyonnaise.

Lyon n’était pas une ville étrangère pour le jeune algérois. Lorsque Camus fut obligé de quitter Alger en 1939, il partit pour Paris,  puis il se rendit à  Clermont-Ferrand et à  Lyon, où, dans la mairie du IIIème  arrondissement, il épousa Francine Faure avant de s’embarquer pour  Oran, dont  sa femme était originaire.

En 1942, Camus après une crise de tuberculose partit pour se soigner près du Chambon sur Lignon, village qui s’est particulièrement illustré pendant la dernière guerre. Depuis le Chambon,  Camus allait chaque semaine à Saint-Étienne pour y recevoir des soins et il venait de temps en temps à Lyon pour rencontrer des intellectuels résistants.

Il ne faut pas oublier que Lyon était à cette époque, une ville refuge des intellectuels résistants. C’est ainsi qu’à Décines, Marc Barbezat, un pharmacien qui fabriquait de l’eau oxygénée, dirigeait une revue l’Arbalète qui publiait les œuvres de Jean Genet. René Tavernier dirigeait la revue Confluence et hébergeait dans sa villa de Montchat le couple Aragon-Elsa Triolet et c’est dans cette villa que le poète a écrit : Il n’y a pas d’amour heureux et la Rose et le réséda.

Pendant ce temps-là, Albert Camus rencontrait sur les pentes de la Croix-Rousse, rue Vieille Monnaie, un écrivain résistant René Leynaud qui fut fusillé. René Leynaud avait hébergé Camus dans cette rue Vieille Monnaie devenue depuis rue René Leynaud.

Camus note dans ses Carnets,  après une promenade à Ternay, dans les environs de Lyon :   « Ternay. Petit village désert et froid qui surplombe le Rhône. Ciel gris et vent glacé comme une robe souple. Les hautes terres en friches. Quelques sillons noirs et les vols de corbeaux. Petit cimetière ouvert en plein ciel ; ils ont tous été bon époux et bon père. Ils laissent tous des regrets éternels. » (Carnet 1935-1948. Cahier III avril 1939-février 1942.)

                          Enfin après la guerre 39-45, un écrivain médecin Jacques Chauviré établit une correspondance avec Camus. Jacques Chauviré était l’ami d’un autre écrivain Jean Reversy, médecin-écrivain très influencé par Camus

Avec Michel Wilson et les amis de l’Association Coup de soleil, nous avons pensé qu’il serait intéressant pour célébrer le centenaire de la naissance de l’écrivain, de faire une exposition consacrée aux peintres amis d’Albert Camus.

Cette exposition serait dans le même esprit que celle qui avait été organisée à Orléansville (aujourd’hui Chlef) pour l’inauguration du Centre Culturel Albert-Camus en avril 1961 et celle organisée en  juillet 1994 à Lourmarin par l’association des Rencontres Méditerranéennes Albert Camus.

Si Camus n’a pas été critique d’art, il a toujours observé avec un sens artistique aigu, les œuvres de ses amis peintres.

Dans les années 30, après l’arrogante célébration du centenaire de la conquête de l’Algérie, Alger se trouvait être une capitale artistique et cela pour différentes raisons ,  l’Afrique du Nord a une position insulaire en raison de sa situation géographique : coincée entre les deux déserts du sable et de la mer. De ce fait, les artistes avaient tendance à exposer sur place, car il était difficile pour eux de « monter » à Paris.

La présence à Alger de jeunes professeurs éminents dont Jean Grenier, qui commençaient leur carrière loin de la capitale, a favorisé l’émergence de cercles intellectuels et artistiques. On a même pu parler d’École d’Alger au sens où Camus définissait une école : « Quand je dis école, je ne veux pas dire un groupe d’hommes obéissant à une doctrine, des règles, je veux dire simplement un groupe d’hommes exprimant une certaine terre, une certaine manière d’aborder les hommes. … » (AC, Conférence à l’Algérienne, novembre 1958)

Camus jeune étudiant dans les années 30,  avait rencontré chez son ami Max-Pol Fouchet : Jean de Maisonseul, futur peintre et architecte, Louis Miquel, futur architecte et Louis Bénisti, futur sculpteur et peintre. Il commença sa carrière de journaliste en publiant dans un journal Alger-Ètudiant, un article sur Louis Bénisti.

Plus tard, lorsqu’il créa le Théâtre du travail et le théâtre de l’Équipe, il prit pour réaliser les costumes le peintre Marie Viton et pour réaliser les décors les architectes Louis Miquel et Pierre André Émery  qui étaient aidés par le sculpteur Louis Bénisti.

Lorsque Edmond Charlot ouvrit sa librairie les Vraies richesses, il invita les artistes à exposer dans sa boutique. C’est ainsi que Camus rencontra le peintre Armand Assus, dont les enfants jouaient au théâtre de l’Équipe, René-Jean Clot, Henri Caillet et plus tard Sauveur Galliéro, ainsi que les pensionnaires de la villa Abdeltif : Caujan, Clairin, Damboise et Richard Maguet.

Lorsque Camus rejoignit sa femme à Oran, il rencontra le peintre Maurice Adrey. Il fit des articles sur la plupart de ses peintres amis.

Pendant la guerre, Camus rencontra Picasso et il monta « Le désir attrapé par la queue » en compagnie de Jean-Paul Sartre et de Jacques Lacan. Une célèbre photo de Brassaï illustre ce moment très important de la vie intellectuelle et artistique du vingtième siècle.

Après la guerre, il continua à fréquenter les peintres,  surtout ceux qui faisaient les décors de ces pièces : Balthus, Mayo, Léonore Fini et d’autres comme Pelayo ou Prassinos.

En 1958, il préfaça l’exposition de Jean de Maisonseul   où, selon l’expression de Jean Grenier « il reconnaissait dans la construction qui était celle d’un architecte, mais toute baignée d’une lumière méditerranéenne, une vision parente de la sienne. » (Jean Grenier, Albert Camus Souvenirs.)

Pour des raisons matérielles et techniques, l’exposition que nous proposons de présenter sera centrée sur les artistes connus pendant la période algérienne de Camus c’est-à-dire : Maurice Adrey, Armand Assus, Baya, Louis Bénisti, Henri Caillet, Marcel Damboise, Jean Degueurce, Suzanne Delbays, Raoul Deschamps, Sauveur Galliéro, Richard Maguet, Jean de Maisonseul, René Sintès, Orlando Pelayo, Mohamed Racim, Sauveur Terracianno et quelques autres... 

Cette exposition insisterait sur les catalyseurs de la vie artistique à Alger, c’est-à-dire : Max-Pol Fouchet, Jean de Maisonseul et Edmond Charlot.

Jean-Pierre Bénisti

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 14:32

J'ai retrouvé dans ma bibliothèque un article de Pierre Gardère : l'esprit solaire, paru dans une revue dans Réalités latines en 1964.
Pierre Gardère a été mon professeur de philosophie en terminale au Lycée Jacques Decour à Paris. Il se disait personnaliste et disciple de Mounier.
Ce texte de 1964 a des résonances actuelles au moment où on célèbre le centenaire de Camus avec sa pensée de  midi et ses pensées du midi

 

 

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 18:03

C’était à la fin du mois d’août 1973. Je séjournais avec mes parents à Tourettes sur Loup. Nous nous réunissions souvent avec des amis et nous discutions comme toujours des sujets d’actualité. Le journal, le Monde publiait une interview d’Andrei Sakharov, savant soviétique qui critiquait la politique de l’URSS et une autre d’Alexandre Soljenitsyne qui avait fait un réquisitoire sans appel du système soviétique. Charles P. qui était un ancien communiste que l’on pouvait qualifier de repenti nous faisait  une analyse de la situation et il se trouvait renforcé dans sa position actuelle, ouvertement anticommuniste. Nous voyons que non seulement l’Union soviétique n’était pas du tout le paradis, mais qu’elle était proche de l’enfer, et le bilan des années de communisme n’était pas, comme dirait l’autre, globalement positif. Cependant Charles pensait qu’il devait avoir un relâchement du système soviétique, car sous Staline, Sakharov et Soljenitsyne n’auraient pas pu faire de telles interviews et que sous Brejnev, les intellectuels risquaient de perdre leurs libertés mais pas de perdre leurs vies comme sous Staline. Je me suis précipité sur une journée d’Ivan Denissovitch  et je l’ai lu d’une traite. Nous nous interrogions sur le bien fondé du Programme commun de la gauche, car nous rejetions tous, le système communiste. Beaucoup d’entre nous ne cachaient pas que l’union de la Gauche était une union à visée exclusivement électorale et que nous manquions d’honnêteté intellectuelle. Nous verrons qu’aux prochaines élections présidentielles de 1974, Valéry Giscard d’Estaing a eu son élection grâce à Soljenitsyne, car il y a bien deux cent mille personnes qui, effrayées par le témoignage de l’écrivain, ont voté Giscard par peur du communisme.

Un fait divers attira notre attention. Un traminot marseillais venait d’être tué d’un coup de couteau par une personne d’origine nord-africaine. Des réactions racistes suivirent ce meurtre et les relations algéro-françaises traversèrent une période de turbulence. En fait, après enquête médico-légale, on a su que le meurtrier présentait des signes d’épilepsie. Les épileptiques peuvent commettre des actes incontrôlés.

Par ailleurs, des rumeurs concernant la santé du président Pompidou circulaient. Des indiscrétions, émanant de médecins hospitaliers qui laissaient de côté leurs devoirs de réserves, nous apprenaient que le président souffrait d’un myélome, c'est-à-dire une affection cancéreuse de la moelle osseuse. Il subissait un traitement intensif à la cortisone. Son état physique en était transformé.

L’été n’en finissait plus. Mon père était assez excité et discutait vivement avec les copains. Au cours d’une soirée nous nous sommes amusés à dire chacun son tour et de façons différentes, le vers de Victor Hugo :

- Va les chercher, dit-il ;

-Tiens, dit-elle en écartant les rideaux, les voilà.

Nous sommes rentrés à Aix fin août et nous avons repris nos activités.

Un matin, j’achetai  le Monde et je fus surpris d’apprendre la mort de Jean Sénac13 et j’en informai mes parents. Nous n’arrivions pas à dissimuler nos larmes. Mon père se résigna à accomplir la lourde tâche de téléphoner à Jean de Maisonseul pour lui annoncer la terrible nouvelle. Il n’avait pas encore lu le journal et apprit la nouvelle par ce coup de téléphone. Il finissait son séjour en Provence et regagnait Alger le lendemain.

Nous nous interrogions sur les mobiles de cet assassinat, qui rappelait celui qui avait eu lieu à Grenade en 1936 contre Federico Garcia Lorca. Je recherchais dans les journaux les hommages à Sénac. Le Monde et le Nouvel Observateur rendirent compte de l’évènement. L’extrême discrétion du journal El Moudjahid qui accorda à la mort du plus grand poète algérien un article d’un trente-deuxième de page nous déçut. Il est vrai que la presse d’Alger  était submergée par le sommet des non-alignés qui se tenait dans la capitale algérienne.

Jean de Maisonseul  nous informa des conditions dans lesquelles se sont déroulées les obsèques de Sénac. Les officiels algériens brillaient par leur absence. Cela nous a interpellé Pourquoi les officiels algériens s’évertuaient à tuer une seconde fois l’un de leurs plus grands poètes ? Aucun journaliste ne leur ont  posé la question. Ahmed Taleb-Ibrahimi, qui avait été ami de. Sénac et qui était ministre, n’a fait aucune déclaration. Mostefa Lacheraf, qui avait préfacé Sénac, n’a pas été à son enterrement. À Aix, mes parents reçurent la visite de Nathalie Garrigue-Jossé  qui leur raconta les derniers jours de la vie de notre ami à tous. Sénac  était-il la dernière victime de la guerre d’Algérie ou la première du fanatisme islamique. Peut-être ni l’une ni l’autre, mais la question est toujours posée.

Le 11 septembre, nous apprenions qu’à Santiago du Chili un coup d’état avait renversé le gouvernement d’unité populaire de Salvador Allende. Le Général Pinochet avait pris le pouvoir et Salvador Allende s’était suicidé. Nous étions tous bouleversés et nous pensions à la similitude entre le coup d’état de Pinochet et le pronunciamiento du Général Franco en 1936. Comme les nazis au Vel d ‘hiv  avaient parqué les juifs en 1942, Papon les Algériens en 1961, Pinochet parqua ses opposants dans les stades de Santiago.

Quelques jours après le coup d’état, le poète Pablo Neruda devait périr. En cette année 1973. Il ne fallait pas s’appeler Pablo, les deux autres grands Pablo : Picasso et Casals sont morts cette même année 73.  La guerre d’Espagne était présente dans nos esprits. Pablo Neruda14 avait écrit au sujet de cette guerre :

¡ Venid a ver la sangre por las calles !

(Venez voir le sang dans la rue !)

Mon ami Antoine Blanca, que j’avais perdu de vue, fut chargé par l’Internationale socialiste de faire une enquête sur la situation. Dans son rapport, il compara la situation à Santiago à celle de la Casbah pendant la bataille d’Alger. Il sera par la suite ambassadeur de France en Amérique du Sud et il publiera  par la suite un livre sur ce coup d’état intitulé : Salvador Allende, l’autre 11 septembre, en référence à ce qui s’est passé à New York le 11 septembre 2001.

Un autre évènement important avait lieu à Alger quelques jours avant ce coup d’état :c’était le sommet des pays non-alignés. Salvador Allende n’avait pu y participer et avait envoyé un message écrit.  On pouvait s’interroger sur le non-alignement de Fidel Castro ou d’autres, mais ce mouvement aurait pu être intéressant si les pays présents à cette conférence étaient réellement non-alignés. Je suivais les informations à la radio et je reconnus la voix de Ralph Pinto, un ancien camarade de l’école de la rue Franklin de Bab el Oued, qui était devenu journaliste de politique étrangère à France-inter et qui couvrait le sommet d’Alger.

Un mois plus tard, la guerre reprenait au Proche-Orient et l’année 1974 fut aussi riche en évènements.

Jean-Pierre Bénisti

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:20
De la fenêtre de Matisse à Nice, un pied-noir nostalgérique regarde la mer
Dessin de Louis Bénisti d'après Matisse (vers 1980)

Pieds-noirs-Matisse-Nice191-copie-1.jpg

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 16:56

 

 

 

Faits divers

 

Tous les étés, les accidents graves prennent le devant de l’actualité. Je me souviens du naufrage de l’Andrea Doria, il y a quelques années c’était le Concorde qui sombrait tandis qu’en 1982, un autobus, rempli d’enfants, brûlait. Aujourd’hui deux accidents de train occupent le devant de la scène : un dans la banlieue parisienne, l’autre près de Saint Jacques de Compostelle.

La naissance d’un bébé royal  est vraiment un non-événement. Il est vrai que dans notre paranoïa généralisée, tous les jeunes amoureux se prennent pour Chopin et  Georges Sand, et tous les nouveau-nés sont des bébés royaux.

À Trappes, des jeunes se sont livrés à des actes de délinquance pour protester contre l’attitude de policiers qui auraient agressé une femme voilée. Bien qu’une loi interdisant le port du voile intégral masquant le visage dans l’espace public ait été promulgué et que les représentants de l’ordre public ont le devoir de faire appliquer les lois, je ne pense pas qu’il ait été utile de contrôler cette dame dans un quartier sensible et en plein ramadhan. Sans doute, ces policiers ne devaient pas avoir d’autres chats à fouetter. Je ne pense pas non plus qu’il était utile de voter une telle loi. Les femmes voilées doivent tout simplement savoir qu’il est aussi indécent de circuler en ville toute voilée que de circuler en tenue de plage sur les Champs Elysée. Elles ont autant le droit de cacher leur visage que les Femmes doivent avoir le droit de manifester seins nus et même à Tunis ! Les psychanalystes nous disent que tout cacher équivaut à tout montrer.

 

Mort d’Henri Alleg

 

Tout en ne partageant pas toutes les positions politiques de ce journaliste, nous avons une profonde gratitude envers l’auteur de la Question. La publication de ce livre a marqué un tournant dans l’évolution de la guerre d’Algérie. Ce livre nous a révélé que les actes terroristes commis durant cette guerre n’étaient pas les seules exactions qu’il fallait condamner. 

Je me suis déjà exprimé sur ce sujet (1) Bien que le livre ait été interdit, il a été très largement lu. Je me souviens de cet été 1958, j’étais encore jeune et je passais des vacances au Chambon-sur-Lignon. La guerre d’Algérie animait les discussions. Mes parents faisaient lire à leurs connaissances Actuelles III (2) de Camus, livre paru peu de temps après que son auteur ait reçu le Nobel et que la presse a complètement ignoré alors qu’un autre faisait lire la Question et qu’une autre lisait l’Algérie 1957 de Germaine Tillion. Bien que Camus n’ait pas signé l’appel que Malraux, Martin du Gard, Mauriac et Sartre adressèrent au Président Coty à propos du livre d’Alleg, il a  condamné nettement l’usage de la torture dans la préface de son livre.

L’année suivante, l’annonce de la disparition de Maurice Audin nous interpellait : je me souviens de l’article de Servan-Schreiber dans l’Express, où sous les portraits de Maurice Audin et du Capitaine Dreyfus mis côte à côte, l’auteur disait : l’affaire Audin est l’affaire Dreyfus d’aujourd’hui.

Plus tard, à Alger, au début de l’Indépendance, je croisais souvent Henri Alleg et il me saluait amicalement.

Je l’ai revu, il y a quelques années à Lyon, lors de la projection du film de Jean-Pierre Lledo : Un rêve algérien. Henri Alleg avait toujours gardé la langue de bois des communistes et justifia son départ d’Alger, par la disparition de son journal, alors que ses collaborateurs qui après le coup d’état de Boumediene, n’ont pas eu le temps de quitter l’Algérie, ont fait un séjour en prison.

 

 

(1)http://www.aurelia-myrtho.com/article-djamila-boupacha-102014153.html

(2) Albert Camus :Actuelles III, Chroniques Algériennes, Gallimard 1958

(3) Germaine Tillion  L’Algérie 1957, Éditions de Minuit, 1958

(4) Voir Jean-Pierre Lledo http://www.huffingtonpost.fr/jean-pierre-lledo/henri-alleg-ou-lespiegle-harry-salem_b_3623929.html

Voir aussi : Roland Rapaport

http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/07/24/la-question-histoire-d-un-manuscrit_3452592_3260.html?x

Jean Foscoso

En ouvrant le Monde, je regarde toujours la rubrique nécrologique. Dimanche matin, j’apprends la disparition de Jean Foscoso, le gendre de l’architecte Pierre-André Émery, ami intime de mes parents

Depuis sa jeunessechez les scouts en Algérie, il avait toujours milité pour une Algérie libre et plurielle. Il avait été très lié à l’historien Mahmoud Khaddache responsable des SMA (Scouts musulmans algériens) et au groupe dit des trois Pierre (Pierre Colonna, Pierre Roche et Pierre Chaulet, responsables des scouts catholiques et futurs médecins). Il avait, durant la guerre d’Algérie, assuré le lien entre les libéraux (d’obédience laïque) et les progressistes chrétiens et c’est à ce titre qu’il a dirigé le journal des libéraux d’Algérie : l’Espoir Algérie. Il continuait à militer au sein de l’Association France –Algérie.

Je salue cet ami qui a toujours mis en application aussi bien dans sa vie que dans son travail, son idéal de justice sociale. Il m’avait répété ce que son père lui disait : « N’oublie pas que nous sommes tous des enfants de Dieu. »

Voir : Alger-Paris : les scouts de France et la guerre d’Algérie.

http://www.scoutunjour.org/spip.php?article224

 Jean Lacouture : De 1954 à 1962 : Le combat des Européens « libéraux ». Le Monde 9 juin 1972

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5382

Valérie Lang

En plein festival d’Avignon, une actrice quitte la scène de la vie. Nous garderons d’elle l’image d’une belle et jeune comédienne. Je l’avais vu l’an dernier au Théâtre ouvert de Lucien Attoun où elle jouait seule en scène dans une pièce de Laurent Gaudé Sodome ma douce, mise en scène par Stanislas Nordey :  C’est plus q’un texte récité. Valérie Lang joue le rôle de la femme rescapée de la destruction de Sodome. Elle est entièrement nue, mais les éclairages insistent surtout sur la silhouette, montrant surtout le visage de Valérie et discrètement ses seins. Et il est important que l’actrice soit nue même si l’ensemble du corps n’est pas montré. Le visage d’une femme nue est tout à fait différent de celui d’une femme habillée. Michel Tournier l’a très bien dit dans le Portrait nu (1) Il s’agit d’une performance et beaucoup plus qu’un texte en mouvement. L’actrice donne un corps au texte qu’elle dit et elle sait jouer avec son corps. Valérie reste les bras en l’air immobile «  en amphore autour de sa tête ’    »  (le Monde) presque une demi-heure et vient saluer le public en peignoir (2)

 

(1) Voir  Michel Tournier : Des Clés et des serrures.éditions du chêne, Paris 1983

http://oceania55.canalblog.com/archives/2007/03/17/4338981.html

(2)Voir :Articles

http://www.lestroiscoups.com/article-sodome-ma-douce-de-laurent-gaude-critique-de-cedric-enjalbert-theatre-ouvert-a-paris-90297677.html

http://vimeo.com/50671342

                                                            Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:53

 

 

 

C’était un 14 juillet 1993, vingt ans déjà,

 

 

Lisons  la Mémoire et la mer, le texte peut se passer de musique. Il n’a pas pris une ride.

 

 

 

La Mémoire et la mer

 

 

La marée je l'ai dans le coeur

 

Qui me remonte comme un signe

 

Je meurs de ma petite soeur

 

De mon enfant et de mon cygne

 

Un bateau ça dépend comment

 

On l'arrime au port de justesse

 

Il pleure de mon firmament

 

Des années-lumière et j'en laisse

 

Je suis le fantôme Jersey

 

Celui qui vient les soirs de frime

 

Te lancer la brume en baisers

 

Et te ramasser dans ses rimes

 

Comme le trémail de juillet

 

Où luisait le loup solitaire

 

Celui que je voyais briller

 

Aux doigts du sable de la terre

 

 

Rappelle-toi ce chien de mer

 

Que nous libérions sur parole

 

Et qui gueule dans le désert

 

Des goémons de nécropole

 

Je suis sûr que la vie est là

 

Avec ses poumons de flanelle

 

Quand il pleure de ces temps-là

 

Le froid tout gris qui nous appelle

 

Je me souviens des soirs là-bas

 

Et des sprints gagnés sur l'écume

 

Cette bave des chevaux ras

 

Au ras des rocs qui se consument

 

Ô l'ange des plaisirs perdus

 

Ô rumeurs d'une autre habitude

 

Mes désirs dès lors ne sont plus

 

Qu'un chagrin de ma solitude

 

 

Et le diable des soirs conquis

 

Avec ses pâleurs de rescousse

 

Et le squale des paradis

 

Dans le milieu mouillé de mousse

 

Reviens fille verte des fjords

 

Reviens violon des violonades

 

Dans le port fanfarent les cors

 

Pour le retour des camarades

 

Ô parfum rare des salants

 

Dans le poivre feu des gerçures

 

Quand j'allais géométrisant

 

Mon âme au creux de ta blessure

 

Dans le désordre de ton cul

 

Poissé dans les draps d'aube fine

 

Je voyais un vitrail de plus

 

 

Et toi fille verte mon spleen

 

 

Les coquillages figurants

 

Sous les sunlights cassés liquides

 

Jouent de la castagnette tant

 

Qu'on dirait l'Espagne livide

 

Dieu des granits ayez pitié

 

De leur vocation de parure

 

Quand le couteau vient s'immiscer

 

Dans leur castagnette figure

 

Et je voyais ce qu'on pressent

 

Quand on pressent l'entrevoyure

 

Entre les persiennes du sang

 

Et que les globules figurent

 

Une mathématique bleue

 

Dans cette mer jamais étale

 

D'où nous remonte peu à peu

 

Cette mémoire des étoiles

 

 

Cette rumeur qui vient de là

 

Sous l'arc copain où je m'aveugle

 

Ces mains qui me font du flafla

 

Ces mains ruminantes qui meuglent

 

Cette rumeur me suit longtemps

 

Comme un mendiant sous l'anathème

 

Comme l'ombre qui perd son temps

 

À dessiner mon théorème

 

Et sur mon maquillage roux

 

S'en vient battre comme une porte

 

Cette rumeur qui va debout

 

Dans la rue aux musiques mortes

 

C'est fini la mer c'est fini

 

Sur la plage le sable bêle

 

Comme des moutons d'infini

 

Quand la mer bergère m'appelle

 

 

Léo Ferré

 

 

 

 

http://memoirechante.wordpress.com/2011/12/27/leo-ferre-la-memoire-et-la-mer/

 

 

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