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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 15:17

Un homme a toujous deux caractères, le sien et celui que sa femme lui prête.

Albert Camus

L’Été

 

 

Une campagne électorale très ennuyeuse vient d’être troublée par la compagne abusive du nouveau président.

La presse a parlé de psychodrame et ce propos, je constate que celle qui partage la vie du président de la République ne doit pas aller souvent au théâtre et je lui conseillerais de participer à des stages de vrais psychodrames, elle pourrait à loisir jouer le rôle de la femme d’un président où celle d’un autre. Cela éviterait  de participer à un psychodrame non contrôlé où l’image du Président de la République et à travers lui l’image de la France entière se trouve ternie.

Il ne faut pas oublier qu’un homme  (ou une femme politique) élu est dans sa vie publique en représentation et il joue le rôle que les citoyens lui demande de jouer. Le principal défaut reproché au précédent président est de n’avoir pas compris ce principe. Lorsqu’il traite de pauvre con,  un individu qui l’interpelle, on ne lui reproche pas de dire un gros mot que tout un chacun prononce quotidiennement, mais tout simplement de sortir de son rôle, un peu comme si un acteur en scène, arrêterait de jouer pour faire taire un spectateur bruyant.

Valérie T vient de s’illustrer en confondant vie publique et vie privée. Regardant la télévision durant la campagne présidentielle, je la voyais  aux côtés de son compagnon-candidat, j’avoue avoir été agacé par la façon dont  elle s’imposait toujours derrière lui. Elle joué le beau rôle uniquement lorsqu’elle a esquissé quelques pas de danse sur l’air de la Vie en rose.

Si Ségolène R est la rivale de Valérie T, c’est une affaire strictement privée et il n’est pas convenable d’essayer de flinguer publiquement une rivale privée. Il n’est pas non plus normal de faire état de divergences avec son compagnon pour des questions personnelles et en pleine campagne électorale.

Certes Ségolène n’aurait pas du annoncer si vite son ambition pour la présidence de l’Assemblée et François Hollande n’aurait pas du rompre le silence qu’il s’était imposé dans la campagne,  pour apporter à son ancienne compagne,  un soutien appuyé.

Madame, que vous soyez première ou dernière dame, cela n’a strictement aucune importance !  Vous avez réussi une chose : vous êtes plus détestée qu’estimée ! Il ne vous reste qu’une seule chose à faire : Quittez donc la scène publique et ne rejoignez votre compagnon que dans sa chambre, s’il vous y invite !

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

 

Voir

Le blog d’Antoine Blanca :Trierweiler’s attitude, ressentiment et politique.

http://inter-socialiste.over-blog.com/article-trierweiler-s-attitude-ressentiment-et-politique-106822945.html

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 11:57

Dans Libération, OPDA (Olivier Poivre d’Arvor) explique les raisons de sa démission du jury du prix du roman arabe.

Le jury qui avait décerné son prix à Rue Darwin de Boualem Samsal  a décidé de se déjuger depuis que l’écrivain algérien s’est rendu en Israël.

Il est permis de critiquer dans un sens ou dans un autre l’attitude de l’écrivain. Cependant il y a une chose sur laquelle les membres de ce jury qui se déjugent devraient méditer. Comment le contenu d’un livre se modifie en fonction du comportement se son auteur, une fois le livre imprimé ?

J’espère recevoir les commentaires de ces honorables jurés  qui se déjugent.. Il y a de quoi faire de longues dissertations.

 

                                                                       Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

Voir Lettre ouverte à Boualem Samsal  par Salah Guemriche

http://blogs.mediapart.fr/blog/snp/110612/lettre-ouverte-boualem-sansal

 

Pourquoi je démissionne du prix du roman arabe, par Olivier Poivre d’Arvor

http://www.liberation.fr/culture/2012/06/10/pourquoi-je-demissionne-du-prix-du-roman-arabe_825121

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 11:09

La ménagerie de Tristan

 

L'éléphant qui n'a qu'une patte
A dit à Ponce Pilate
"Vous êtes bien heureux d'avoir deux mains
Ça doit vous consoler d'être consul romain"

Tandis que moi, sans canne et sans jambe en bois
Je suis comme un héron et jamais je ne cours et jamais je ne bois
Et je ne parle pas des soins qu'il me faut prendre
Pour monter l'escalier qui conduit à ma chambre

J'aimerais tant laver mes mains avec un savon rose
Avec du Palmolive, avec du Cadum
Car il faut être propre et ne puis me laver
Et j'ai l'air ridicule, debout sur le pavé

Je n'ai pour consoler cette tristesse affreuse
Que ma trompe pareille aux tuyaux d'incendie
Et si je mets les pieds dans le plat
Ils y restent et l'on ne peut me manger à la sauce poulette

Plaignez, Ponce Pilate, plaignez cette misère
Il n'y en a pas de plus grande sur Terre
Vous êtes bien heureux de laver vos deux mains
Ça doit vous consoler d'être consul romain

 

Robert DESNOS

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 07:41

 

Le Muguet

 

Un bouquet de muguet,

Deux bouquets de muguet,

Au guet !Au guet !

Mes amis, il s'en souviendrait,

Chaque printemps au premier Mai.

Trois bouquets de muguet,

Gai ! Gai !

Au premier Mai,

Franc bouquet de muguet.

 

Robert DESNOS

Chantefables et Chantefleurs

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 13:42

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Expositions Louis Bénisti  à Nancy

 

 

du 10 mai au 1er juin 2012

 

 

Louis  Bénisti et son temps

La Douera

2 rue du Lion d'or 

Malzéville

Vernissage vendredi 11 mai à 18h

Conférence de Anissa Bouayed à 19h30

Queques jalons de la peinture algérienne

 

Bénisti : l'oeuvre ultime

Conseil Général de Meurthe et Moselle

Rue du Sergent Blandan

Nancy

Vernissage le mardi 15 mai à 17h30

Conférence de Jean-Pierre Bénisti à 18h30

Les peintres d'Alger de 1930 à 197O

 

Bénisti, Camus et ses amis

MJC Lillebonne

14 rue du Cheval Blanc 

Nancy

Conférence Mardi 29 mai à 20h30 de Zakia Abdelkrim

Camus et la Méditerranée

 

 

 

expositions réalisées avec le concours de l'association Diwan en Lorraine et de l'Association des Amis de Louis Bénisti

 

Voir le Site :
 http://www.louisbenisti.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 11:08
Fe374.jpgNuméro spécial Féraoun 
avec des articles de Guy Basst, Jean-Pierre Bénisti, Farida Boualit, Christiane Chaulet-Achour, Abdrrahmane Djeflaoi, Guy Dugas, Nora KaisseMaïdi, Albert Memmi, Youcef Merahi, Arezki Metref et Hamid Nacer-Khoja
Voir : 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 16:29

Raymond Aubrac, Ahmed Ben Bella, deux pans entiers de notre histoire qui s’écroulent en un seul jour !

Il ne faut pas oublier que la  plus grande faute politique commise par le Gouvernement français fut le détournement de l’avion transportant Ben Bella et ses compagnons en octobre 1956. Cet acte prolongea inutilement la guerre d’Algérie et entraîna la quatrième république dans sa chute.

Lors de la première année de l’Indépendance de l’Algérie, Ben Bella avait eu l’heureuse initiative de faire la journée de l’arbre en invitant les citoyens à venir planter un arbre au lieu dit de l’Arbatache.

Jean Sénac fit un poème en l’honneur de l’Arbatache et dans son recueil Citoyens de Beauté,(1) il dut le censurer pour  que le nom du Président n'apparaisse pas après le coup d’état du 19 juin 1985. Il eut l’idée de faire un renvoi à la première revue qui avait publié ce poème.

 

Éditions de 1987 (Subervie, Rodez, 1967)

 

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Éditions de 1999 (Actes-Sud, Arles1999)

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 16:17

Nous pouvons maintenant lire la plupart des articles de journaux sur Internet. Et cependant, je continue à acheter tous les jours leMonde. J’achète ce journal depuis le lycée, cela fait plus de cinquante ans et je continue à le lire, malgré la baisse de sa qualité. D’un journal exceptionnel à l’époque de Beuve-Merry, il est devenu un quotidien comme les autres, tributaire de  la publicité et de l’appétit des lecteurs pour les scoops et le sensationnel ;

      Une des raisons de ma dépendance au Monde est la lecture quotidienne des avis de décès. Les habitants des grandes villes et qui appartiennent à une famille spirituelle dispersée  n’ont pas beaucoup de relations dans la ville où ils habitent et la presse locale ne les intéresse guère, aussi ils se rabattent donc sur la presse nationale : ma famille lit le Monde. Une autre famille lit le Figaro.

      Samedi dernier, j’ai appris le décès de Monsieur Raymond Jean. Il m’arrivait souvent de rencontrer au hasard de promenade dans la vieille ville d’Aix ou à la Cité du livre.

     J’avais entendu parler de Raymond Jean lorsqu’une amie m’offrit un petit livre qu’il avait écrit sur Éluard. Éluard, ce poète dont nous connaissons tous le poème Liberté et dont le Président Pompidou cita à propos de Gabrielle Russier, alors que toute la France était émue par ce drame :

            Comprenne qui voudra ;

            Moi mon remords ce fut

            (…)

            La victime raisonnable

            À la robe déchirée

            Au regard d’enfant perdue

            Découronnée défigurée

            Celle qui ressemble aux morts

            Qui sont morts pour être aimés ;(1)

Raymond Jean  publia les lettres de son élève Gabrielle Russier. (2)

Marie Salavert, qui était bibliothécaire  et notre voisine nous avait parlé du livre qu’elle fit avec lui sur les textes de Victor Hugo sur la peine de mort.(3)
Mes parents avaient apprécié la Lectrice, ce récit qui devint un film  de Michel Deville avec Miou-miou et Maria Casarès.(4)

J’ai mieux connu Raymond Jean quand  Nicole Benkimoun, une de ses élèves qui fit une série de peintures sur les textes de Saint-John Perse incita son professeur à venir visiter en sa compagnie et avec le poète Jean-Claude Villain, l’atelier de mon père, le peintre Louis Bénisti.

Mon père, qui souffrait du mépris des aixois pour les artistes, qui n’avaient pas su reconnaître Cézanne en son temps, fut très honoré de  la visite d’un écrivain reconnu ;

Après la  mort de mon père, Raymond Jean.eut l’amabilité d’écrire un texte d’hommage pour l’exposition  des dernières peintures de Bénisti organisée par les Rencontres Méditerranéennes Albert-Camus de Lourmarin. (5)

 

 

Reconnaissance à Raymond Jean.

 

 

                                                           Jean-Pierre Bénisti ;

 

 

 

 

 

 

 

 

      1. Paul ELUARD : Au rendez-vous allemand. Éditions de Minuit, Paris 1945

 

 

2. Raymond JEAN  Pour Gabrielle, Seuil, Paris, 1971

 

 

3. Victor HUGO : Ecrits sur la peine de mort; lecture de Raymond Jean; [éd. établie par Marie Salavert. ) Actes Sud. Arles,, 1985

 

 

4.  Raymond JEAN  La lectrice. Actes-Sud, Arles, 1986

 

5.  Transparences : Catalogue de l’exposition de Louis Bénisti. Dernières peintures. 1988-1995. Foyer Rural de Lourmarin, publié ensuite dans la revue Algérie-littérature-Action n°67-68: Louis Bénisti, peintre sculpteur et écrivain. Éditions Marsa, Alger, 2003. Voir : http://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/4_67_21.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Louis BÉNISTI : Femme à la tulipe Gouache 1990

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:30

L’effroyable tragédie de Toulouse et le cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie nous amène à nous interroger sur le terrorisme. J’ai relaté à ce sujet la discussion que j’avais eu avec ma famille à propos de l’affaire Djamila Boupacha.

Du temps de la guerre d’Algérie, le débat sur ce sujet était très vif. Camus avait lancé son appel pour une trêve civile le 22 janvier 1956 demandant que les attentats s’arrêtent en même temps que la répression aveugle qui en découlait. Il a aussi exprimé son refus du terrorisme aveugle lors de son séjour à Stockholm et dans son livre Actuelles III (1): « …ceux qui ne connaissent pas la situation peuvent difficilement en juger, mais ceux qui la connaissant, continuent de penser héroïquement que le frère doit périr plutôt que les principes, je me bornerai à les admirer de loin, ils ne sont pas de ma race. » Cette phrase avait été citée par Jules Roy dans son livre la Guerre d’Algérie (2). Camus s’était déjà exprimé sur le sujet dans sa pièce les Justes, pièce écrite bien avant le début de la guerre d’Algérie.

Ce cinquantenaire de la fin des hostilités nous permet de nous remémorer les évènements douloureux que beaucoup d’entre nous ont vécu  et que d’autres plus jeunes en ont eu des échos par leurs parents. Les historiens travaillent et les témoins écrivent.

            Dans le Monde du 7 février 2012 (3) Delphine Renard, la petite fille blessée par une bombe qui visait André Malraux, en février 62, s’indignait sur les hommages rendus à ceux qui avaient soutenus l’action de l’attentat dont elle avait été victime.

            Dans une lettre ouverte à l’auteur de l’attentat contre le Milk-bar à Alger, Danielle Michel-Chich (4) raconte sa vie reconstruite après qu’elle ait été victime de l’attentat du 30 septembre 1956 où alors qu’elle avait cinq ans, elle perdit sa grand-mère et sa jambe. Il ne s’agissait pas pour Danielle Michel-Chich d’ouvrir un nouveau procès à Zohra Drif, la militante qui a posé la bombe et qui est devenue après l’Indépendance une femme politique reconnue. L’amnistie n’est pas l’amnésie et si au cours du colloque de Marseille, il y eut une rencontre entre Danielle M-C et Zohra D et cela est heureux, je suis déçu de la réponse de Zohra D qui eut une réaction défensive en déplaçant le débat sur un plan  général de l’histoire du colonialisme et de ses méfaits. Ce n’est pas la réponse que j’attendais et j’aurais préféré que Zohra D laisse le cadre général de l’histoire et qu’elle  éleve le débat à une échelle tout simplement humaine. Nous savons bien que l’attentat du Milk-Bar faisait suite à un autre horrible attentat rue de Thèbes dans la Casbah mais dans l’horreur les victimes des uns ne retranchent pas celles des autres, elles s’additionnent.

            L’attentat a transformé les vies de Zohra D et de Danielle M-C : pour Zohra, il s’agit d’un acte fondateur, car à partir de cette acte, elle est devenue une héroïne de la révolution puis une femme politique.. Pour Danielle, sa blessure a été pour elle une seconde naissance et sa nouvelle vie a été structurée sur ce traumatisme.

            La rencontre de ces deux dames n’a donc pas été au niveau de celle de la grande duchesse et de Kaliayev  dans les Justes de Camus, ou de  celle du pape Jean-Paul II et de son agresseur, un des actes les plus importants de ce pape.

            Un enfant n’est jamais coupable des faits de leurs aînés et ne peuvent être des victimes expiatoires.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

 

  1. Albert Camus Actuelles III, Chroniques Algériennes 1939-1958 ; Gallimard, Paris 1958
  2. Jules Roy : La Guerre d’Algérie ; Julliard Paris, 1960
  3. Delphine Renard : Guerre d’Algérie l’histoire en révision. Le Monde 7 février 2012 http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4855
  4. Danielle Michel-Chich : Lettre à Zohra D. Flammarion, Paris 2012-04-04

 

 

Voir aussi

 

1 ;Bruno Frappat  La petite Dany du Milk-Bar  La croix, 7 février , 2012

                                                                                                         

http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-petite-Dany-du-Milk-Bar-_NG_-2012-02-08-766546

 

2. Interview de Danielle Michel-Chich

http://www.dailymotion.com/video/xptcds_a-la-rencontre-de-danielle-michel-chich-auteur-de-lettre-a-zora-d_news

et articles de Lise Tiano dans le Nouvel obserateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120330.OBS5126/guerre-d-algerie-je-n-ai-pas-de-colere-pas-de-ranc-ur-pas-d-envie-de-revanche.html

 

 

3. Interview de Zohra Drif

http://www.dailymotion.com/video/xptw9x_re-ponse-de-zohra-drif-a-danielle-michel-chich_news

Ghania Lassal: . Quand le départ se transforme en procès El Watan 3 avril 2012

 

 

 

 

 

PS : Dans un article de Ghania Lassal dans El Watan du 3 avril 2012 :sur le  Colloque Marianne-El Khabar (Acte II en 2013) Benjamin Stora prétend que l’appel de Camus pour une trêve civile a été ignoré.. Cet appel n’a pas du tout été ignoré. Les parties concernées (Gouvernement de Guy Mollet et FLN) ne l’ont pas accepté. Des membres du FLN comme Amar Ouzegane, Mohamed Lebjaoui et probablement Ferhat Abbas l’ont approuvé à titre individuel. Quant à Abane Ramdane, je ne sais pas où Benjamin Stora a trouvé des traces des relations de celui-ci avec Camus. J’attends qu’il cite ses sources.

                                                                                                          JPB

 

 

Voir  à ce sujet :

 

Amar OUZEGANE :Le meilleur combat. Editions du Seuil. 1962. réédition ANEP, 2006)

Mohamed LEBJAOUI : Vérités sur la révolution algérienne, Gallimard, 1970, réédition, ANEP, Alger 2005

Ferhat ABBAS : Autopsie d’une guerre Paris 1980

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 18:42

 

VIII

 

 

            Chirac avait mené à bien son deuxième mandat. Il avait été élu au second tour par défaut avec un score à la soviétique et de ce fait, il devenait un président faible sans grande marge de manœuvre, laissant l’autorité au Premier ministre issu de la majorité parlementaire. Les élections présidentielles de 2002 avaient été un piège à cons, mais les cons qui avaient été pris au piège n’étaient pas ceux que l’on croyait. En dehors du Musée des arts premiers du Quai Branly, il est difficile de  voir actuellement les réalisations du Président Chirac. Il a tout de même su résister à l’Amérique et il s’opposa à cette absurde guerre d’Irak. Il avait aussi lors du premier septennat fait un excellent discours sur la responsabilité de l'Etat Français dans la déportation des juifs, il a renouvelé ce geste en allant au Chambon sur Lignon, ce village huguenot qui eut un comportement héroïque pendant la guerre et dont les électeurs favorables au Front national se comptaient sur les doigts d’une main lors des élections de 2002  Le président étant peu actif, le bouillant ministre de l’Intérieur qui’était un certain Nicolas Sarkosy pouvait s’en donner à cœur joie et préparer déjà sa candidature à la présidence. Chirac ne semblait avoir beaucoup d’affection pour ce  monsieur qui avait soutenu Balladur, mais vu l’état de son  parti, il était obligé de travailler avec lui. Le RPR , parti gaulliste et chiraquien avait fusionné avec la plus grande partie des centristes de l’UDF  Républicains indépendants d’Alain Madelin et  Démocrates sociaux de Méhaignerie et Jacques Barrot. L’UMP (Union pour une majorité présidentielle  devenue l’union pour un mouvement populaire) était née.Phillipe Séguin, un des leader important et respecté du RPR avait pris ses distances avec la politique et était devenu Président de la Cour des comptes. Juppé avait dû faire les frais des affaires anciennes de la Mairie de Paris et avait été déclaré temporairement inéligible. Cela privait Juppé de ses mandats électifs et cela privait aussi les citoyens français du talent d’un homme politique. L’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir politique a ses limites. Villepin, homme compétent et cultivé,   n’était pas suffisamment rodé pour être présidentiable. Sarkozy était heureux comme un poisson dans l’eau et n’avait pas de concurrent. Il pouvait prétendre à la succession de Chirac.Chirac a tenté de modérer ses ambitions, mais n’a pas réussi avec Sarkozy,   ce que Mitterrand avait réussi avec Rocard. Sarkozy, brillant avocat savait gommer son échec en matière de politique de sécurité en faisant de grands discours sur une politique plus répressive que préventive. Il avait dû faire face à une rébellion dans les banlieues des grandes villes, mouvement de contestation très grave, qui  n’avait aucun support idéologique et qui s’est calmé de lui-même sans avoir été tout à fait éteint.

            Chirac avait essuyé un autre échec avec un non au référendum sur la Constitution européenne

           

            La gauche, vexée de ne pas avoir pu être présente aux présidentielles de 2002, souffrait de ne pas avoir un leadership, comme elle en avait à l’époque de Mitterrand. Elle s’était refaite une santé en réussissant à gagner la presque totalité des présidences de région et une grande partie des présidences des conseils généraux. Ségolène Royal avait réussi à  déboulonner le président de la région Poitou Charente qui était le Premier ministre Jean-pierre Raffarin. Elle fut surnommée la Zapatera, par analogie à Zapatero, vainqueur inattendu des élections espagnols qui avait battu le successeur de Jose Maria Aznar.  Zapatero signifie en espagnol savetier. Lorca a écrit une très belle pièce appelée Zapatera prodigiosa. Ce succès de Zapatero était dû à des déclarations trop rapides de Aznar après l’horrible attentat de la gare Atiocha de Madrid en mars 2004.

Ségolène se trouvait bien placée pour être candidate. Son compagnon d’alors François Hollande était occupé à gérer le parti socialiste et n’avait pas suffisamment de charisme. Jospin était hors-jeu et il ne restait donc que trois présidentiable au PS : Fabius, Dominique Strauss-kahn, et Ségolène. Il y eut une primaire interne au PS et Ségolène l’emporta.

 

            Les notables du PS et les spécialistes de l’économie eurent préféré DSK ou Fabius, mais la population générale était satisfaite de pouvoir avoir peut-être une présidente. Les vieux auraient rêvé d’avoir Ségolène comme fille, les enfants l’auraient eu volontiers comme maman et les hommes mûrs comme maîtresse ; Elle  correspondait donc à ce que les Français attendaient de l’image d’une présidente.

            Ségolène est une dame plaisante avec une certaine élégance, vestimentaire  acquise dans les écoles catholiques fréquentées par les jeunes-filles bourgeoises et bien élevées. Un de mes amis me dit à son propos : « Cette dame est redoutable ! Regarde-la bien ! Elle n’a pas une ride et n’a pas dû souvent sourire. » Il est vrai que les rides, comme le disait Simone Signoret, sont les cicatrices des sourires.

            Elle n’avait pas laissé de ses différents ministères, de souvenirs marquants. Elle avait à l’époque où elle était conseillère de Mitterrand écrit un livre sur les grand-mères. Les grands-parents ont vis-à-vis des petits-enfants un rôle non négligeable dans les transmissions des cultures orales et le drame des enfants dont les parents sont immigrés, c’est l’absence de grands-parents dans leur entourage immédiate.

            La gauche ne semblait pas disposée à gagner les élections présidentielles. Les responsables politiques locaux étaient heureux d’avoir les pouvoirs au niveau des régions ou des départements et laissaient volontiers le pouvoir national aux hommes politiques de droite.

            Ségolène commença sa campagne avec son équipe personnelle sans être aidée par les notables du Parti socialiste.  Elle ne s’en sortait pas si mal que ça.

            Sarkosy débuta sa campagne par un discours-programme assez intéressant où tous les électeurs pouvaient trouver leurs comptes, il essayait de synthétiser les valeurs de droite et les valeurs de gauche.Un ami italien m’envoya un courriel pour me dire qu’il s’étonnait des réticences des intellectuels français pour le cher Nicolas et  me dit qu'il avait apprécié son discours où Camus était cité.

            Sarko accordait beaucoup d’interviews. Il avait quelques intellectuels qui le soutenaient : André Glucsman ou l’avocat Arno Klarsfeld. Il accorda un entretien au philosophe Michel Onfray (1) dans lequel il disait qu’il pensait que la pédophilie avait une origine génétique. Il n’était vraiment pas compétent pour avoir une idée sur les comportements humains et semblait plus proche d’Alexis Carrel que de François Jacob ou Axel Khan, biologistes qui nous ont très bien expliqué la genèse des comportements humains.

            En dehors de ce discours programme,   il y avait des discours accéssoirs où Sarko et ses conseillers essayaient de pêcher dans les eaux troubles de l’extrême droite.Ségolène avait tendance à répondre à Sarkozy en le contredisant ou en reprenant ses idées, mais avait un programme plutôt léger. Encadrement militaire des jeunes délinquants…L’hymne de la campagne n’était pas l’Internationale ni la Marseillaise, mais Bella Ciaio, cette très belle chanson italienne  des travailleuses des rizières de Lombardie, devenues le chant des Partisans communistes italiens (Partigianni) Elle comprit qu’une élection présidentielle française ne devait pas se faire au son d’un chant italien. Aussi, il y eut dans les meetings des distributions de petits drapeaux bleus, blancs, rouges.

            Je remarquais que pour la première fois, j’irais voter pour un candidat plus jeune que moi. On me dit que ces élections étaient différentes des autres car pour la première nous aurons comme président ou une femme, ou un homme dont les parents étaient issus de l’immigration

            Entre Sarko et Ségolène, il y avait d’autres candidats : l’éternelle Arlette répétait depuis 1974 le même discours sur le même ton. En l’écoutant, j’avais l’impression de ne pas avoir vieilli. Besancenot, le petit facteur, paraissait plus convaincant qu’Arlette. Marie-Georges Buffet essayait de rassembler ses troupes en déroute Les écologistes Dominique Voynet et José Bové manquaient de souffle. Le Pen racontait aussi les mêmes histoires d’insécurité et d’immigration. Enfin, Bayrou, le centriste, avait des idées intéressantes. Il aurait été un président acceptable et sa présence au second tour aurait pu être fatal pour la droite. Mais, je n’ai jamais cru au centre dans une élection au scrutin majoritaire. Dans un tel système : ou bien le centriste choisit entre la droite ou la gauche, ou bien assis entre deux chaises, il finit par se retrouver le cul par terre.

            Au premier tour, Ségolène répara l’humiliation que nous avions subie lors du premier tour de 2002 et elle  obtint un score tout à fait honorable, mais sans réserve de voix. Il était difficile pour Bayrou qui rassemblait dans ses troupes les électeurs de droite  qui n’aimaient pas Sarko et les électeurs de gauche qui n’aimaient pas Ségo, de se désister en faveur de Ségolène.

            J’ai été au meeting de Ségolène à Lyon, entre les deux tours. Nous savions que les jeux étaient faits et nous essayons de garder le sourire. Le débat de l’entre deux tours ne fut pas très intéressant et n’apporta rien de nouveau. Au soir du second tour, nous anticipions notre déprime. C’était un dimanche très triste. À la radio Miguel Benasayag, psychanalyste argentin dit : « Borges disait que le tango était une pensée triste qui se danse. Le Sarko, c’est triste, mais ça ne se danse pas. » 

            Le second tour nous donna les résultats que l’on sait. Ségolène tout en étant pas élue, avait totalisé un nombre de voix supérieures aux autres candidats de gauche : Mitterrand ou Jospin. Sarkozy avait siphonné un certain nombre de voix lepénistes.

            Plus tard, on s’aperçut que l’énergie des deux candidats avait été provoquée par leurs ennuis familiaux : Sarko se séparait de Cécilia et Ségolène se séparait de Hollande, que l’on imaginait mal  dans la fonction de prince consort.

            Nous n’avions plus qu’à nous farcir cinq ans de Sarkozy et éviter d’attraper une sarkosite, ce syndrome dépressif qui sévissait pendant le quinquennat de Sarko Ier.

 

                                                                                    Jean-Pierre Bénisti

 

 

Notes :

1.http://www.philomag.com/article,dialogue,nicolas-sarkozy-et-michel-onfray-confidences-entre-ennemis,288.php

 

 

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