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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 16:41

Suivant les conseils de Stéphane Hessel, les espagnols se sont indignés devant leur situation économique difficile face à la mondialisation. Ce mouvement de jeunes manifestants sur la Puerta del Sol, fait penser aux manifestations de Tunis, du Caire et de Damas. Il est vrai que l’Espagne a été arabe pendant plusieurs siècles et les jeunes ne veulent pas rater le rendez-vous.

Ces jeunes manifestants sont nés après le franquisme. Les espagnols, à la différence des Tunisiens, des Égyptiens ou des Syriens, vivent dans un pays démocratique et ont la possibilité d’aller voter. Il semble oublier l’œuvre de leur roi Juan Carlos qui est l’un des grands hommes politiques de la fin  XXème siècle, avec Mandéla et Gorbatchev  et qui a su établir la démocratie en évitant une autre guerre civile.

L’indignation est légitime, mais refuser la vie démocratique en n’allant pas voter est un jeu dangereux.

 

                                                                                  Jean-Pierre Bénisti

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 16:37

Retour sur le cas DSK

 

. Tant que la fellation est un lapsus sorti de la bouche d’une femme politique, cela fait rire. Lorsque elle devient réalité et l’expression de la pulsion  d’un homme publique, cela devient une tragédie. Dans le Point du 16 mai  le psychanalyste  Jacques Alain Miller nous livre une explication  de cette affaire : «   Dans la chaleur de l’événement, nos médias battent leur coulpe pour avoir longtemps caché, sous une couverture, comme les fils de Noé, la nudité du Père ivre. Cependant. La Genèse dit autre chose : que le péché fut celui de Cham, celui des frères qui glissa un regard de curiosité sur l’ervat, l’organe génital qu’il ne devait point voir. Au point où nous en sommes, la pudeur est une vertu désuète, alors que le voyeurisme triomphe: il est en voie de mondialisation. Et c’est un voyeurisme puritain, qui parade, sûr de son bon droit. Fermer les yeux, ce n’était pas bien brillant, certes, mais ça, n’est ce pas pire encore? » (1)

DSK  aurait pu être président de la République. Face à ce drame, il faudrait interroger sur la dangerosité de confier sans garde-fou trop de pouvoir à un seul homme. Il est urgent de modifier la Constitution pour limiter les pouvoirs du président. Le président actuel abuse de son pouvoir en intervenant sur tout et rien et en se comportant plus en candidat qu’en président. Nous avons mesuré la faiblesse des hommes face à la maladie avec Pompidou  et Mitterrand. ; N’oublions pas que la guerre de 1870 a son origine à la crise de colique néphrétique de  Napoléon III, alors qu’il était en discussion avec Bismarck à Erfurt.

 

                                                                       Jean-Pierre Bénisti

 


  (1)   http://empreintesdigitales.wordpress.com/2011/05/19/dsk-entre-eros-et-thanatos/

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 13:34

 

Vu les campagnes de dénigrement qui commençaient à s’abattre sur DSK, tout pouvait laisser penser qu’il s’agissait d’une machination dans le but d’éviter que la France  ait un président juif. Il n’empêche que le caractère quasi-surréaliste de l’affaire et l’absence d’informations suffisamment crédibles favorisent cette interprétation

On ne peut laisser trop aller son imagination et si les faits reprochés sont avérés, ils sont graves, explicables peut être, mais pas excusables. En admettant que les faits sont vrais, il s’agirait d’un acte impulsif et incontrôlé. «  Vit qui bande n’a point d’oreilles. » dit un dicton vieux comme le monde, comme plus vulgairement « Zob qui bande n’a point de conscience. »Ces types d’acte sont bien connu des psychiatres : beaucoup de crimes et de suicides ne sont pas prémédités, ils peuvent survenir chez quiconque. Nous avons tous   en tête le crime de Meursault décrit par  Camus dans l’Étranger et de la tragédie du philosophe Louis Althusser  étranglant sa femme.  Le psychanalyste JB Pontalis vient décrire un livre sur le crime. Tous ces cas relèvent peut-être de soins psychiatriques. L’éminent médecin qu’est le Professeur Bernard Debré aurait pu parler de cela avec plus de dignité plutôt que de proférer des propos  de caniveaux.

Bien sûr, les journalistes ont certainement le droit de publier des photos d’un homme en détresse.  S’ils en ont le droit, ils n’en ont pas forcément le devoir

Nous avons naturellement beaucoup plus de compassion pour l’accusé que pour celle qui se dit victime, car quoi qu’il en soit, c’est quelqu’un de notre famille (la famille de gauche, bien entendu, mais aussi celle des adversaires politiques des socialistes) dont il est question. Il n’ y a rien d’étonnant à ce que Jack Lang, Badinter  ou BHL volent au secours de leur ami, il est bien évident que si un homme politique d’extrême droite était accusé d’agression sexuelle, les commentaires auraient été différents.  La prétendue victime, qui est certainement une personne respectable, nous ne l’avons pas vue, nous ne la connaissons pas, elle n’est pas de notre famille et c’est peut-être pour cela que nous avons moins de compassion pour elle, que pour son prétendu agresseur.

L’autre soir, à la télévision, j’avais l’impression de voir un très mauvais film où l’acteur DSK jouait le rôle d’un malfaiteur, comme il jouait auparavant celui d’un haut fonctionnaire ou celui d’un futur président de la république.

Une chose encore, cette liberté surveillée achetée avec des dollars est particulièrement gênante.

Et pour reprendre cette manchette du Canard : Élection piège à cons. Toute cette affaire se résume en une faute d’orthographe : élection/érection.

 

Jean-Pierre Bénisti

 

Voir :

Bruno Frappat : La prochaine fois, c’est promis… La Croix, 21-22 mai 2011

« Une image nous hante : celle d’un homme. Une absence d’image nous poursuit : celle d’une femme. Un homme célèbre, une femme inconnue. Un ex-futur (peut-être) président de la République. Une immigrée africaine femme de ménage dans un palace New-yorkais. Un riche, une pauvre…Tout était dit. Tout montré,(…), cet homme, donc, filmé, montré, remontré en boucle, repassant dans nos esprits, la nuit, le jour, ce non « recommandable » n’avait pas eu droit aux égards dont avait bénéficié (si l’on ose écrire) Ben Laden ».

Voir aussi : chronique d’Ivan Levai

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lekiosque/index.php?id=105160

Une petite chansonnette

http://www.liberation.fr/politiques/06013696-c-est-peut-etre-un-p-tit-viol-sympa

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 17:35

À la fin de 1958, pour distraire les citoyens français de la politique, il y eut des affaires judiciaires qui défrayaient la chronique. J’ignore tout de cette affaire Lacaze, si ce n’est qu’elle impliquait la femme d’un marchand de tableaux Paul Guillaume dont on peut admirer la collection de Soutine, de Picasso et autres au musée de l’Orangerie. Lorsque les gouvernements changent, il est fréquent de voir surgir une affaire destinée à salir les hommes politiques qui ne sont plus en odeur de sainteté. Aussi, l’affaire des Ballets roses impliqua l’ancien président de l’Assemblée nationale André le Troquer. Mon père avait eu l’occasion de rencontrer ce monsieur lorsqu’il était à Alger avec les hommes de la France libre. Mon père avait de la sympathie pour celui qui n’avait pas suivi Pétain et avait été l’avocat de Léon Blum. Max-Pol Fouchet dit dans ses mémoires qu’il garde de lui «  le souvenir d’un homme sincèrement démocrate et patriote (et que) les évènements douteux qui marquèrent la fin de sa vie politique n’ont pas effacé     (en lui) cette impression » (Voir Max-Pol Fouchet Un jour, je me souviens. Mercure de France, Paris, 1968 page 149)

 

Jean-Pierre Bénisti

 

Voir : http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/08/01/une-affaire-de-moeurs-dans-la-france-davant/comment-page-2/

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 07:23

La victoire de la gauche eut lieu ce soir-là. Nous l’espérions, mais nous n’osions pas y croire pour éviter d’être trop déçus. J’y croyais ferme car je m'étais rendu au Palais des sports de Lyon pour entendre Mitterrand et il paraissait nettement plus confiant que lorsque je l’avais entendu en mai 1974, la veille du second tour à Grenoble. Le 10 mai, c’est le jour de la Sainte Solange, la patronne du Berry. Ma mère s’appelle Solange ! Et elle reçut pour cette fête un bouquet de roses ! 

 Dans notre histoire, ce jour reste un évènement heureux. Beaucoup de dépressions ont pu ce soir-là être guéries. Peut-être mai 1981 serait pour nous, le refoulement de mai 1968 et une certaine façon pour ceux qui demandaient à l’imagination de prendre le pouvoir  de retourner aux réalités concrètes. Nous savons  maintenant qu’il n’est pas possible d’interdire d’interdire, mais faut-il pour autant ne vivre que d’interdictions ou d’obligations ?

 C’était un autre temps. Il n’y avait ni portables ni Internet et le communisme existait encore.

             François Mitterrand fut un grand président, dont les français doivent être fiers.

            Bien sûr, au cours de ces deux septennats, tout ne fut pas parfait. Il y eut chez cet homme,  beaucoup de zones d’ombre tant dans sa politique que dans sa personnalité complexe.Mais n’oublions pas une chose : ce président a su supprimer la peine capitale. Il y a encore des pays qui ne l’ont pas aboli : les Etats-Unis, mais aussi l’Iran et la Chine.  J’espère que les peuples arabes qui font actuellement leurs révolutions sauront prendre exemple sur Mitterrand pour supprimer ce châtiment d’un autre âge.

 

Jean-Pierre Bénisti

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 11:42

1° Mariage princier : Un seul intérêt. Il s’agit d’un mariage morganatique ! C’est une première.

Pourquoi tant d’attrait pour les familles royales. Sans doute, tout un chacun fait sa petite paranoïa : Les jeunes amoureux se prennent pour Chopin et Georges Sand et les couples refusant l’union libre se prennent pour des princes et des princesses lorsqu’ils se marient. La robe de la mariée n’est pas aussi belle que celle que Libé a publiée.

279107.jpeg

Je me souviens de la chanson que je chantais dans la cour de l’école dans les années 50 :

 

C’est la reine d’Angleterre,

Terre, terre, terre, terre, terre,

Qui s’est fichue par terre,

Terre, terre, terre, terre, terre,

Avec Abdel Kader

Der, der, der, der…

Sur une toile d’emballage…

 

2° Enfin, le cardinal Woytyla  devenu Jean-Paul II est bien heureux. Le pape fait sa BA en le béatifiant

Lorsque l’on me parle de Jean-Paul II, je pense à Bessame Mucho, car un certain soir de 2005, Arielle Dombasle chantant la célèbre chanson, fut interrompue par un flash spécial annonçant le décès du pape, puis, lorsque la nouvelle fut donnée, Arielle reprit sa chanson.

Je ne suis pas convaincu par le miracle survenu chez cette nonne atteinte d’une maladie de Parkinson. Il est probable que cette personne ait eu une simple régression de la maladie ou qu’elle n’est eue qu’un syndrome parkinsonien ayant cédé psychologiquement. On a vu des paralysies dites « hystériques » céder sous hypnose.

 

  Ben Laden capturé. Obama a fait un joli coup. Justice est faite ! Cependant, j’éprouve un certain malaise.

Il s’agit d’un assassinat politique. Les Etats-Unis sont en guerre en Afghanistan, ils ne le sont pas au Pakistan.  D’autre part, il semble que Ben Laden n’ait pas opposé de résistance. Il eut mieux valu le capturer vif, même si l’organisation d’un procès eut été une source d’ennuis pour la politique américaine. D’autre part, la sépulture d’une personne, fut-elle celle d’un assassin doit être restituée à la famille du défunt et cette immersion au fond de la mer paraît surréaliste. Les piranhas vont se régaler et les vierges attendront d’autres verges.

 

4° L’accord entre palestiniens peut être positif. Il ne faut pas oublier que le conflit isréalo-palestinien masque deux autres conflits internes  inter- israèlien  et inter palestinien. Tant que ces conflits internes ne seront pas réglés, aucune solution ne sera possible. Espérons que le hamas mettra de l’eau dans son vin.

 

5° Un grand salut à Bernard Stasi, un homme politique honnète Il avait publié un rapport sur la laîcité, plus intéressant que tous les débats sarkoziens

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000725/0000.pdf

 

 

 

  Jean-Pierre Bénisti.

 


 

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 08:43

Baigneuses-Amphion.img447.jpg

Dessin de Louis Bénisti

1er Mai 1995, à Evian, Louis Bénisti passait sur l’autre rive….

 

Le 1er mai 1995, à Evian, Louis Bénisti nous quittait dans le grand âge. Malade depuis quelques mois, il m’avait demandé de le conduire à Evian, lieu qu’il affectionnait car il avait retrouvé dans la vision du lac Léman au nord  avec au loin la rive helvète, un paysage analogue à celui qu’il voyait à Alger avec la mer au nord et au loin la côte du cap Matifou. De plus, il avait retrouvé près d’Evian, son ami architecte Pierre-André Emery, qui originaire du canton de Vaud,    avait longtemps vécu à Alger et avait aussi remarqué la parenté des paysages.

Né à El Biar, près d’Alger, le 15 mai 1903, avant la guerre 14. Le vingtième siècle n’avait pas  encore commencé  et lorsqu’il partit toujours en ce mois de mai, ce mois si riche en événements, le siècle était bien fini.

Louis, aimait  se promener sur les hauteurs pour admirer le paysage et  se reposer sur un banc de  la plage d’Amphion, à l’ombre des pommiers  d’où il voyait les estivants se livrer aux plaisirs de la baignade. Il était souvent accompagné de Solange, son épouse qui devait partir en octobre 1990 et qui appréciait aussi la région. De ce banc, il faisait souvent des croquis lui permettant ensuite de réaliser des peintures dans son atelier. Et les baigneuses du Léman ont rejoint les petites filles jouant à la marelle dans les ruelles d’Aix-en-Provence, les bateaux du port d’Alger et les femmes assises  sur les canapés des bordels de la Casbah. .

Evian lui avait rendu un hommage en organisant en été 1990, une exposition de ses dernières œuvres. Jean de Maisonseul avait préfacé cette exposition et avait terminé sa préface par ce verset de Saint John Perse :

«  Grand âge, vous mentiez : route de braise et non de cendre…la face ardente à l’âme haute,, à quelle outrance courons-nous là ? Le Temps que l’on mesure n’est point mesure de nos jours. » 

Jean-Pierre Bénisti

 


                                                            tiPhoto-JPB-Evian698.jpg

 

Louis Bénisti sur la plage d’Amphion

 

 

 

 

Croquis de Plage     1

(La fille aux cheveux couleur d'herbe fauve.)

 

À l’approche d'une fille

Aux cheveux couleur d'herbe fauve,

Jamais lassé de voir sur elle

Mon regard lié.

Je laisse à mon désir le choix de désirer

La petite fièvre aux creux de ses épaules

Affolé du bonheur aigre-doux

De ses triangles sombres

Et salés aux aisselles

Accordant au  Silence du Monde

Tout un monde de dires

Et de langages sans mots

 

Calme, le galet murmure

Sous la caresse de l'eau claire

 

                                   

Louis Bénisti

Août  85

 Correction-Baigneuses294.jpg

Sous les pommiers, la plage...

Huile de Louis Bénisti 1979

Tout enfant, déjà. Je connaissais les plaines de pierres et de sel, où la chaleur du jour brûlait tout...

            Et déjà j'écoutais les murmures qui couraient sur les vagues d'un désert de sables de sel et de pierres... vers les horizons sans fin.

 

            Une voix très fine venue sans écho d'un lointain moment où des scarabées et des sauriens pressés de vivre avant les feux de la journée, à peine griffaient le matin pour trouver

LB-et-S-PrPres-Fleuris682.jpg

Louis et Solange aux Près fleuris  en 1985 

leur pitance, puis chichement refaits retrouvaient l'effacement et l'oubli dans le creux des terres tièdes.

            Mais, à l'approche du sol, l'oreille, peu soucieuse du froissement de l'air et du grésillement des granits, saisissait, à juste perçue, la souterraine houle d'une eau qui coulait sous les sables vers quelque mystérieux océan.

            Et je fus longtemps à cette écoute, pareille à  celle du marin aux aguets sur les calmes plats des mers sans rides.

            Alors revenait en moi un des chants d'amour que Sauveur récitait, lui qui rassurait ses quarts et ses astreintes de mer par des proverbes ancestraux prévoyant les nuées t les quatre vents.

-       Un rouf de plancher d'étable ! ...pas un seul fouet d'élingue claquant la nature.

-       Mais sur la mer en sommeil, brusquement le rapide plongeon d'un poisson cueillant une bulle, ébrouant des nageoires dans une envolée d'air sec et d'éclair argenté.

-       Mais l'oreille près de la coque épiait les frôlements des dorades et des girelles recherchant les patelles, les méduses et les anatifs... Fins murmures et secrets bouillonnements du monde des eaux.

-       Alors, dans l'ivresse de soleil et l'envoûtement des bonnasses... surgissaient les Sirènes ! ...Et  les Sirènes devenaient brises... Elles s'arrimaient et poussaient le bateau vers la bénédiction des petits frais et la fortune des vents.

Ainsi  racontait la voix de Sauveur, mon ami, le peintre maudit, le marin de l'imaginaire, homme de mer et de vent, d'évasion retenue, virant au plus près des contournements de la baie sur des rêves de risques et d'îles lointaines, lié d'amitié à celui qui écoutait les pierres, les sables et le sel.

Je les aimais ces silences où tous les possibles m'arrivaient à fleur de peau et me pénétraient les pareilles musiques des mondes sidéraux.

LB-Evian-Baigneuses681.jpg

 

Baigneuses

(Gouache de LB)

 

 

Je les aimais ces chants d'étoiles retrouvés, sur les sables, sur les eaux, les plaines, les cimes entre les crissements des insectes, les appels de l'alouette, et la brise froissant les verdures.

Le désir me vint de les prendre en reflets sur ces mémoires sonores qu'on appelle magnétophones. J'en ai eu deux. L'un petit comme un piège, l'autre plus lourd pour y enrouler les empreintes.

J'avais saisi l'air étouffé des bonasses, le poids du ciel sur la plaine, les poussées de sève sous les bois. Je désirais les vertiges érotiques planant au-dessus des cimes.

Un ami, Masa-Aké, venu du Japon pour me parler du bonheur, me parla des "Près Fleuris" où tout un luxe d'air pur, de bonne chair et de bien-être, s'accordait au calme d'un jardin suspendu au dessus de celui du lac.

Un autre ami, "Jeannot l'utopique", me parla du "Silence des Voirons".

 

                                                      Louis Bénisti

                                                      Les silences des Voirons

                                                      Evian 1985

 


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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 15:55

Deux choses importantes ont été dites ce matin sur France-Culture :

1° Danielle Sallenave nous fait part de son agacement au sujet des annonces de cellules d’assistance psychologiques à l’intention des survivants de catastrophes ou d’attentats. Ces annonces d’assistance psychologique viennent comme un rituel conjuratoire pour exorciser le mal, en supposant que les psychologues peuvent réparer les dégâts causés par les traumatismes psychiques

2°Hubert Huertas, qui vient d’écrire : la petite fille qui venait d’Alger, parle à propos de son livre, des relations étroites entre l’Algérie et la France qui n’ont pas cessé depuis la fin de la guerre d’Algérie..

   En quelque sorte, nous avons l’impression que les Français et les Algériens refoulent dans le discours qu’ils ont l’habitude de faire sur leur passé commun, une réalité que de part et d’autres ils refusent de voir.

  La Françalgérie et l’Algérifrance sont présentes   de Dunkerque à Tamanrasset. Les paraboles des télévisions en Algérie sont tournées vers la France, et celles de la France tournées vers l’Algérie.

   Un de mes amis me disait,   au temps de la guerre d’Algérie, que la tragédie  franco-algérienne  était due au fait que les français et les algériens n’avaient pas couché ensemble. .Ils commencent à le faire et c’est tant mieux !                       

  

                                                                                             Jean-Pierre Bénisti.

 

Voir:

 

http://www.franceculture.com/emission-la-chronique-de-daniele-sallenave-chronique-de-daniele-sallenave-2011-04-29.html

http://www.franceculture.com/emission-tout-feu-tout-flamme-tout-feu-tout-flamme-2011-04-29.html

http://www.huertas.info/alger/alger1.htm

 

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 07:26

Tipaza-Stele-2.jpgTipaza649-copie-1.jpg

 

La stèle de Tipasa

 

Après la disparition d'Albert Camus (le 4 janvier 1960) ses amis se réunissaient souvent notamment dans la galerie d’art que dirigeait Edmond Charlot.  C’est là qu’ils émirent le projet de rendre un hommage à Camus par l’érection  d’une stèle à Tipasa. La décision définitive fut prise à Lourmarin par Francine Camus, Jean de Maisonseul, Louis Bénisti et Louis Miquel. Ce dernier reçut mission de trouver à Tipasa l’emplacement qui conviendrait à une telle implantation.  Le site choisi était placé  sur une ligne  joignant le sommet du Mont Chenoua au Tombeau de la Chrétienne. On fit appel au talent de sculpteur de Louis Bénisti pour graver, en caractère romain sur une pierre antique, une phrase de Noces : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. » Ce choix eut l’accord de René Char et de Jean Grenier.

Camus avait emprunté cette phrase à Saint-Augustin : » La mesure d’aimer, c’est aimer sans mesure. »

L’installation de la stèle fut confiée à Louis Miquel qui l’effectua avec l’aide, tout à fait amicale  et désintéressée de l’entrepreneur  Alfred Espert. Son inauguration eut lieu le 29 avril 1961 à une époque particulièrement troublée par la fin de la guerre d’Algérie. A cette émouvante cérémonie assistait un petit groupe d’amis (1) qui, peu de temps auparavant étaient présents à l’inauguration d’un magnifique centre culturel à Orléansville (Chlef aujourd’hui) Ce bâtiment, œuvre des architectes Louis Miquel et Roland Simounet, allait bientôt recevoir le nom de « Centre Culturel Albert Camus » . (2)


                                                                                              Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

(1)Il s’agissait de : Louis et Jeanne Miquel, Charles et Alice Poncet, Alfred Espert et sa femme, Jean-Pierre et Jeanne Faure, Roland Simounet, Edmond Charlot, Jean Bossu, Marcel Mauri, Maurice Girard, Edmond Brua, Marcelle Bonnet-Blanchet, Pierre-André et Germaine Emery, Jean et Mireille de Maisonseul, Louis, Solange et Jean-Pierre Bénisti.

        (2) Camus s’était intéressé à la construction de ce centre et notamment de son théâtre..

Voir Blog précédent

 Tipaza--Stele-1-copie-1.jpg

 

Voir :

Jean-Pierre Bénisti : Bénisti, Camus et Tipasa. Actes du Colloque d’Alger et Tipasa avril, 2006. Camus et les lettres algériennes, sous la direction de Afifa Bererhi. Blida, éditions du Tell, 2007

Jean-Pierre Bénisti : La stèle de Tipasa, Collection Lubenoua,, Rousset, éditions de la Bastide, 2010.

Amina Bekkat : Le Malentendu : in Albert Camus, précurseur: Méditerranée d'hier et d'aujourd'hui actes du colloque de Madison, 2006, sous la direction se Alek Baylee Toumi.

http://books.google.fr/books?id=Zk_T5sOFzmAC&pg=PA9&lpg=PA9&dq=Saint+Augustin+aimer+sans+mesure+Camus&sour

Maïssa Bey : L’ombre d’un homme qui marche au soleil, Réflexions sur AC Préface de Catherine Camus. Le Chévrevrefeuille étoilée, Montpellier , 2004,réédition, 2006.

Maïssa Bey : Vous cherchez Camus, il est là-bas ! Le Monde, 5 mai 2006.

http://ddooss.org/libros/768138_sup_liv_060504.pdf

Jean-Pierre Castellani : De Albert Camus a Maïssa Bey, miradas cruzadas, de una Argelia a otra

http://bibliotecavirtual.unl.edu.ar:8180/publicaciones/bitstream/1/2229/1/HF_5_6_pag_78_84.pdf

Henri Tincq : Augustin d’Hippone, un intellectuel engagé devenu « docteur de la grâce », Le Monde, 15 juillet 1999. 

http://www.litt-and-co.org/citations_SH/r-z_SH/tincq_st-augustin.htm

 



Photos Jean-Pierre Bénisti  prises le 28 avril 1961


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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:24

Un samedi d’Avril 1961 à Alger. Yamina, qui avait l’habitude de venir faire le ménage chez nous le matin de bonne heure, en nous apportant le quotidien du matin arriva en nous disant : « Macache Journal, aujourd’hui. » L’absence du quotidien était inquiétante. Mon père mit la radio que nous n’écoutions que dans les grandes occasions et l’on entendit un communiqué nous apprenant que les généraux Challe, Jouhaud, Zeller et Salan avaient pris le pouvoir en Algérie en vue de continuer le combat pour éviter l’abandon du pays. L’Algérie venait de faire sécession selon un scénario proche de celui du 13 mai 1958.  Nous étions très anxieux et nous nous demandions comment les choses allaient tourner. L’Algérie devenait un canon braqué sur la France. Une prise de pouvoir par les militaires semblait possible en France, si l’armée devait basculer entièrement du côté des auteurs de ce  pronunciamiento et le spectre de la guerre civile type guerre d’Espagne revenait. .Dans la matinée de ce 22 avril, à la sortie du lycée je rencontrais mon camarade Charles Sfar qui me dit : « Fais attention Jean-Pierre ! Si j’ai un conseil à te donner, il est bref : tu la fermes ! Et dis-toi bien qu’aujourd’hui, il n’y a qu’une chose qui doit compter pour toi, c’est d’obtenir ton bac et dans cette période troublée c’est important de l’obtenir. » Je voudrais le remercier de ce conseil qui m’a rendu service... Je continuais à aller au lycée comme d’habitude, j’entendais les élèves satisfaits du putsch, ironiser sur le discours de De Gaulle se terminant par « Françaises, français, aidez-moi ! » et sur celui de Debré appelant à se rendre à pied et en voiture, mais pas à cheval !)  aux aéroports dès que les sirènes retentiraient.

Le mardi 25 avril, mon père revint du lycée très affecté : des parachutistes en armes étaient rentrés dans le lycée et avaient arrêté trois collègues : Bonici, professeur d’histoire, Burel, professeur de dessin et Claude Oliviéri, professeur de lettres. Ils avaient dû être incarcérés. Mon père nous dit qu’il s’était plaint auprès du proviseur de l’entrée de parachutistes dans l’enceinte du lycée sans l’autorisation du recteur. Le proviseur lui ayant répondu : « Qu’est-ce que vous voulez que je fasse, devant des mitraillettes1. » Par ailleurs on apprit qu’alors que des professeurs étaient incarcérés pour leurs idées, les tueurs à gage, assassins de  Maître Popie étaient libérés.

Alors que je travaillais assez tard dans la nuit, mes  parents ne s’étaient pas couchés et étaient pendus aux nouvelles à la radio. Ils écoutaient un très vieux poste de TSF (comme on disait à l’époque) qui captait des émissions émises depuis le continent européen. Ils apprirent que l’armée régulière avait repris le contrôle de l’Algérie, grâce à l’action des militaires du contingent. Il devait être minuit et nous ne dissimulions pas notre satisfaction. Dans la rue on entendait des hommes et des femmes en larmes qui avaient cru à la réussite du putsch. Malgré notre satisfaction, nous comprenions le désespoir exprimé par nos compatriotes.

Le lendemain, alors que j’étais dans la classe  de Monsieur Weiss qui nous parlait de Pascal, des élèves se regroupaient et manifestaient dans la cour du lycée au cri de : Algérie Française ! De Gaulle salaud ! Debré culo2 ! Puis ils entonnèrent la Marseillaise.. Le professeur dut interrompre son cours. Peu rassuré, je sortis dans la cour et voyant Monsieur Chambon, mon professeur d’éducation physique, je lui demandais de me faire sortir du lycée. Grâce à ce professeur, je pus m’échapper du lycée par une porte dérobée

Nous avons su que des soldats du contingent démobilisés qui s’étaient embarqués sur un bateau, avaient quitté Alger en chantant la chanson d’Édith Piaf : Non, je ne regrette rien.  Le refrain de cette chanson est, selon les freudiens, une dénégation. Autant dire que les regrets se ramassaient à la pelle !

Le lycée devait fermer huit jours en raison de l’agitation des élèves.

Pierre Grou et Denis Thomas vinrent me rendre visite et m’apprirent que nous l’avions échappé  belles : L’OAS avait l’intention de mobiliser tous les jeunes de plus de dix-huit ans. J’ai bien retenu cela et j’en ai plus tard tenu compte. Quand en septembre 1962, je lus dans le Monde un communiqué de l’ex-général Salan, chef de l’OAS, qui les jeunes français d’Algérie  de plus de dix-huit ans devaient se considérer, comme des soldats mobilisés sur place, je pris la décision de quitter l’Algérie, ne voulant pas avoir à obéir à des généraux félons.

Le samedi 29 avril, devait être organisé l’inauguration de la stèle de Tipasa, qui venait d’être scellée.  Ce monument a été érigé sur le promontoire qui correspond à la nécropole de l'Evêque Alexandre, dans le parc des ruines de Tipasa.

Courant mai, nous avons été invités à une   projection privée du film de Jean-Marie Drot consacré à Camus, qui avait lieu dans les nouveaux locaux de la RTF sur les hauteurs d’Alger. Il y avait Charles Poncet, Jean de Maisonseul,   Louis et Jeanne Miquel, Jean-Pierre et Jeanne Faure, Edmond Charlot et des personnes qui devaient disparaître bientôt : Sauveur Galliero nous confia qu’il se sentait très fatigué. On ne savait pas encore qu’il était atteint d’une leucémie et qu’il devait s’éteindre au printemps 1963. René Sintès3, peintre de talent de père français et de mère algérienne devait disparaître en avril 1962, on ne sut jamais dans quelle condition. Mouloud Feraoun fut assassiné par l’OAS le 15 mars 1962..

J’avais montré aux amis les photos que j’avais faites à Tipasa et celles du graphito de l’OAS qui avaient d’ailleurs particulièrement amusé notre ami Feraoun.

Le film de Jean-Marie Drot était très réussi et il est dommage qu’il n’ait pas été archivé.  Il y avait des entretiens avec Roger Grenier, Brice Parain, Manes Sperber, Suzanne Agnelli qui était la secrétaire de Camus, mais aussi le Pasteur de Lourmarin Philippe Jecquier et le forgeron de Lourmarin Reynaud qui nous dit : « Quel homme sympathique, ce Monsieur Camus et vous voulez que je vous dise franchement, je crois qu’il aimait beaucoup le théâtre. »Lorsque je vins à Lourmarin en août 1961, j’appris que ce forgeron venait de succomber à une crise cardiaque. Mouloud Feraoun4 parla de Camus avec beaucoup de sincérité de celui qui disait «  qu’il a mal à l’Algérie comme d’autres ont mal aux poumons. » 

 

Après quelques pourparlers secrets, le FLN acceptait de dialoguer avec le gouvernement français dans le but d’aboutir à un cessez-le-feu. Le ministre des Affaires algériennes Louis Joxe devait organiser une conférence à Évian. Cette ville avait été choisie en raison de ses capacités hôtelières et de sa proximité avec la Suisse. Roland Bacri dans le Canard enchaîné fit son calembour sur Évian : Évian bonne eau, besef   Avant l’ouverture de la conférence, le maire d’Évian  Camille Blanc devait être assassiné. L’OAS frappait en France de façon particulièrement imbécile. Le maire d’Évian était une personne tout à fait respectable. Dix ans plus tard, fin 1970  je devais travailler comme stagiaire interné à l’hôpital d’Évian portant  le nom de Camille Blanc. La conférence fut interrompue très vite, officiellement à cause du Sahara, en fait il s’agissait sans doute de désaccord  interne entre dirigeants du FLN. Et quelques mois après, le GPRA devait changer de président : le pharmacien Ferhat Abbas sera remplacé par un autre pharmacien Ben Youcef Ben Khedda.

 

Le 5 juillet 1961, le FLN déclenchait une journée de grève générale des travailleurs algériens. Cette grève très suivie montrait la détermination des Algériens à obtenir leur indépendance.

J’ai eu avec mon père une très grave discussion au sujet du terrorisme. Il y avait dorénavant deux terrorismes : celui du FLN, qui était toujours présent et  qui visait non seulement des européens, mais des musulmans opposés à l’indépendance de l’Algérie, des militants nationalistes appartenant au MNA de Messali Hadj (on se souvenait du massacre de Melouza)  ou des dissidents du FLN et celui de l’OAS, qui commençait à sévir : après Maître Popie, Camille Blanc, le maire socialiste d’Évian, le commissaire de police Gavoury devait succomber à un attentat. J’expliquais à mon père que si les deux terrorismes étaient condamnables, l’OAS était plus malfaisante, car elle faisait courir le risque  de ruiner les chances de coexistence des populations dans l’Algérie future, mais aussi son influence risquait de déstabiliser la France en instituant un régime  fascisant. Dans ces conditions, et en ce qui me concerne, je choisissais le FLN. Mon père n’était pas insensible à mes arguments, bien qu’il jugeât ma pensée pas assez nuancée, il .me dit cependant, qu’il fallait que je garde mes opinions pour moi, car elles étaient trop dangereuses. Camus avait prédit dans son appel pour une trêve civile que si l’on n’arrivait pas à s’entendre sur l’arrêt des hostilités, chacun rejoindrait son camp. J’avais donc choisi mon camp et ce n’était pas celui de ma communauté, c’était celui de mes idées et de mes valeurs et comme l’avait dit JJSS5 dans un éditorial de l’Express : il valait mieux le FLN à Alger, plutôt que l’OAS à Paris. Aujourd’hui, en essayant de réfléchir à distance  sur mes positions de l’époque, je m’aperçois que je suis actuellement moins rigide, mais comme disait Aragon : « Il faut juger alors avec les yeux d’alors. »

 

Après le 22 avril 1961, l’histoire s’accéléra et l’Algérie devint indépendante en juillet 1962.  Beaucoup d’eau a coulé sous le pont Mirabeau et aussi beaucoup de larmes et de sang.

 

Un samedi de juin 1965 à Alger. Yamina, qui avait l’habitude de venir faire le ménage chez nous le matin de bonne heure, en nous apportant le quotidien du matin arriva en nous disant : « Macache Journal, aujourd’hui. »  L’absence du quotidien était inquiétante. Mon père mit la radio que nous n’écoutions que dans les grandes occasions et l’on entendit un communiqué laconique nous informant que l’armée avait pris le pouvoir à Alger. Le putsch, cette fois-ci avait réussi, ce n’était pas un quarteron de généraux, ce n’était qu’un colonel !

 

                                                                                                       Jean-Pierre Bénisti

 

 

 

 

Notes :

 

 

1. Voir : Claude OLIVIÉRI : Je me souviens…In  Jean SPRECHER  À contre-courant, éditions Bouchène., 2001, page 173.

2. : culo : mot espagnol signifiant cul. En Algérie, insulte désignant un pédéraste.

3..: René Sintès. Peintre franco-algérien, ami de Maisonseul, Edmond Charlot et JAR Durand, disparu en mai 1962.

        4.. Mouloud FERAOUN : Albert Camus, Les Lettres Françaises, n° 922, 22 mars 1962.on pourra voir la séquence du film de J.-M. Drot  sur :

http://www.dailymotion.com/video/x2jnsy_mouloud-feraoun-a-propos-du-silence_news

Voir blog précédent : à propos de Mouloud Féraoun, 24 mars 2011

5. JJSS : Jean-Jacques Sevan-Scheiber, directeur de l’Express

 

 

 

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