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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 15:41

 

 

Il était une feuille avec ses lignes 

 

 

Il était une feuille avec ses lignes — 

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur — 

Il était une branche au bout de la feuille — 

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur —

Il était un arbre au bout de la branche — 

Un arbre digne de vie

Digne de chance  

Digne de cœur —

Cœur gravé, percé, transpercé

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l'arbre — 

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vignes de cœur —

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.

 

 

 

 

Robert Desnos Fortunes Gallimard, 1969

 

 

©

Lourmarin août 1966.© Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin août 1966.© Jean-Pierre Bénisti

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 15:05

 

Les arbres sont noirs dans le ciel gris

Comme de vieux bois-morts

Des oiseaux mous volant sous un cri 

Ont tourné vers le nord

 

Ouverte et blanche comme deux mains

Une fleur écumeuse

S’élève et la brume du matin

Noie sa chair moelleuse

 

Et dans les pluies les dures écorces

Suivent la pluie d’hiver

Les sombres oiseaux, criant à force,

Blessent le ciel désert

 

Blanche Balain : La sève des jours. Coll Méditerranéennes. Éditions Charlot. Alger 1938

 

Tipasa Mai 2011 ©Jean-Pierre Bénisti

Tipasa Mai 2011 ©Jean-Pierre Bénisti

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 18:17
Eva Jospin : Panorama    Paris, Cour Carrée du Louvre Avril 2016 Photo JPB

Eva Jospin : Panorama Paris, Cour Carrée du Louvre Avril 2016 Photo JPB

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 18:02

 

 

Un arbre

 

Un arbre nous regarde à travers la fenêtre 

De ses milliers d'yeux verts : on dirait qu'il sourit 

De nous voir rassemblés à la table de hêtre, 

Nous de la maisonnée qu'il couve comme un nid. 

  

C'est un très vieil ami, un arbre de famille 

Qu'un grand-père a planté dans le temps près du puits ; 

Son écorce est ridée mais, chaque année, scintillent 

Des rameaux nouveau-nés ornés de jeunes fruits. 

  

Depuis tant de printemps et des étés sans nombre 

Il étreint la maison de ses racines blanches 

Et chacun tour à tour a goûté sous son ombre 

La fraîcheur embaumée que distillent ses branches. 

  

Les enfants et les chats ont joué avec lui 

Sous la lumière rousse et dorée de l'automne ; 

Il a porté les fruits des étoiles, la nuit, 

Et plus d'oiseaux chanteurs qu'une aube qui frissonne. 

  

Ainsi quand il regarde à travers la fenêtre 

De ses milliers d'yeux verts, je sais qu'il nous sourit, 

L'arbre aimé, l'arbre ami qui tous nous a vus naître, 

Nous de la maisonnée qu'il couve comme un nid. 

  

  

Marc Alyn

 

Arbre vu de la fenêtre  Alger octobre 1968 © Jean-Pierre Bénisti

Arbre vu de la fenêtre Alger octobre 1968 © Jean-Pierre Bénisti

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 17:38

 

Cet instant de soleil

où l’arbre se résume

et serre dans le silence

le temps de ses milles paroles

 

                                               *

Maintenant l’arbre se souvient

d’une feuille étrangère 

qui le liait au ciel

 

                                               *

La Seine silencieuse

l’arbre nu (qui le connaît ?

 

                                               *

 

Jean Sénac : Poèmes. Collection Espoir. Gallimard 1954 repris par Actes Sud 1986

 

Arbre parisien 1962 © Jean-Pierre Bénisti

Arbre parisien 1962 © Jean-Pierre Bénisti

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 16:13

 

Comme un arbre dans la ville

 

 

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Sans abri sans domicile
Comme un arbre dans la ville

 

Comme un arbre dans la ville
J'ai grandi loin des fûtaies
Où mes frères des forêts
Ont fondé une famille
Comme un arbre dans la ville

 

Entre béton et bitume
Pour pousser je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument
Entre béton et bitume

 

Comme un arbre dans la ville
J'ai la fumée des usines
Pour prison et mes racines
On les recouvre de grilles
Comme un arbre dans la ville.

 

Comme un arbre dans la ville
J'ai des chansons sur mes feuilles
Qui s'envoleront sous l'œil
De vos fenêtres serviles
Comme un arbre dans la ville

 

Entre béton et bitume
On m'arrachera des rues
Pour bâtir ou j'ai vécu
Des parkings d'honneur posthume
Entre béton et bitume

 

Comme un arbre dans la ville
Ami fais après ma mort
Barricades de mon corps
Et du feu de mes brindilles
Comme un arbre dans la ville

 

Maxime le Forestier

 

 

 

https://youtu.be/clDxk0Wh--4

 

Cacerés (Estramadure) Photo JPB

Cacerés (Estramadure) Photo JPB

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 20:27

 

 

Arbres

 

 

                    I 

  

Du monde confus, opaque 

des ossements et des graines 

ils s'arrachent avec patience 

  

afin d'être chaque année 

plus cribblés d'air 

  

  

                     II  

  

D'une yeuse à l'autre si l'œil erre 

il est conduit par de tremblants dédales 

par des essaims d'étincelles et d'ombres 

  

vers une grotte à peine plus profonde 

  

Peut-être maintenant qu'il n'y a plus de stèle 

n'y a-t-il plus d'absence ni d'oubli 

  

  

                     III  

  

Arbres, travailleurs tenaces 

ajourant peu à peu la terre 

  

Ainsi le cœur endurant 

peut-être, purifie 

  

  

  

Philippe Jaccottet  Poésie 1946-1967   Gallimard

 

Djerba 1980   © Jean-Pierre Bénisti

Djerba 1980 © Jean-Pierre Bénisti

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 16:22
De même que l'arbre souffre ... (Texte de Charles-Ferdinand  Ramuz)
Arbre parisien Février 1962 © Jean-Pierre Bénisti

Arbre parisien Février 1962 © Jean-Pierre Bénisti

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:31

 

Autour de l'arbre immobile

l'ombre qui tourne

dessine sur le sol

le mouvement du jour.

 

C'est l'amorce

d'un cercle parfait

et tous les cercles se ressemblent

 

mais toutes les feuilles

sont différentes

 

Jean Tardieu

L'accent grave et l'accent aigu

Gallimard, 1986

El Oued novembre 1963  © Jean-Pierre Bénisti

El Oued novembre 1963 © Jean-Pierre Bénisti

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:16

 

 

 

La joie des grands pins

je la vois

de ma fenêtre

qui ondoie

 

plus réelle que les

envolées consensuelles

 

 

                                           *

 

 

 

Le vent dans les pins

fait de nous des voyageurs

sans attente

 

 

 

Anne-Lise Blanchard

Le jour se tait

Éditions Jacques André, 2008

 

Chambon sur Lignon Août 1961© Jean-Pierre Bénisti

Chambon sur Lignon Août 1961© Jean-Pierre Bénisti

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