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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 13:35

L’arbre volant

 

 

Que les bois aient des arbres,   

Quoi de plus naturel ? 

Que les arbres aient des feuilles, 

Quoi de plus évident ? 

Mais que les feuilles aient des ailes, 

Voilà qui, pour le moins, est surprenant. 

Volez, volez, beaux arbres verts. 

Le ciel vous est ouvert. 

Mais prenez garde à l’automne, fatale 

Saison, quand vos milliers et milliers 

D’ailes  redevenues feuilles, tomberont.  

  

  

  

Edmond Jabès

Petites poésies pour jours de pluie et de soleil

Gallimard, 1991 

Bandol (Avril 2018) © Jean-Pierre Bénisti)

Bandol (Avril 2018) © Jean-Pierre Bénisti)

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 13:05

 Vivre  comme un arbre, seul et libre,

Vivre en frères comme  les arbres d'une forêt

Ce rêve est le notre

                        *

Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres

Les arbres si plein d'espoirs, les arbres si verts

                          *

L'arbre et l'homme sont mêlés l'un à l'autre.

 

 

 

Nazim Hikmet : Ce pays est le notre.

 

 

 

 

 

 

Delphes (Septembre 1978 ) © Jean-Pierre Bénisti

Delphes (Septembre 1978 ) © Jean-Pierre Bénisti

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 08:26

Les arbres

 

                                   À Charles le Quintrec.

 

Trois arbres sont couchés

Comme des rois qui rêvent

Sapin, bouleau, pêcher, 

Si l’existence est brève.

 

Il faut en dire un mal

Têtu ! Trois arbres chôment

L’un se dit animal

L’autre dit symptôme

 

D’il ne sait que les cieux

Les océans, les fables

Car l’homme est contagieux

Et l’âme inabordable

 

A rasé la forêt

L’homme a mis sa revanche

Trois arbres sont abstraits 

De mépriser les branches.

 

Alain Bosquet : Maître-objet. Gallimard

 

Kabylie. Novembre 1968 © Jean-Pierre Bénisti

Kabylie. Novembre 1968 © Jean-Pierre Bénisti

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 08:19

 Arbres 

 

 

J'ai des racines 

Pour enfoncer mon silence dans les pierres 

Je garde mémoire de pluies 

  

Je marque en cercles 

leurs érosions de bonheur et chagrins 

  

J'épanouis leur murmure d'à-côtés 

En mains conductrices d'espoir 

  

Je suis l'arbre 

Et la femme qui dort serait semblable à moi 

Sans l'alliage des paroles 

                                    qui traverse 

                                      son rêve. 

  

  

  

Marie-Claire Bancquart : Mémoire d'abolie. Éditions Belfond

 

 

Lubéron Juillet 1970  © Jean-Pierre Bénisti

Lubéron Juillet 1970 © Jean-Pierre Bénisti

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:33

 

Feuillage des arbres, grottes vertes, percées d’issue, fonds déplaçables, aux moindres brises ; mouvance ; remous des formes ; parois déchiquetés ; monture élastique des branches, balancement arrondi ; lamellicules et alvéoles.

 

André Gide : Les nourritures terrestres. Gallimard.

Lourmarin. Juillet 1971 © Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin. Juillet 1971 © Jean-Pierre Bénisti

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:28

 

 

Peupliers et trembles
Peupliers et trembles

Jean-Paul de Dadelsen: Jonas. Gallimard. 1962

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 11:44

Si je m'endormais au cœur du Rien dans des confins rongés d'eaux grises

Si je naissais dans des berceaux taillés dans le cœur des géants

Si j'avais le soleil pour dais, la nuit pour traîne et si le cœur

Du Monde résonnait avec les oiseaux sauvages dans mon cœur

 

Alors peut-être au centre de tout naîtrait une rose

Non plus un cri, mais une fleur vive dans un jardin

Et toutes les rumeurs, le bruit du ressac, le train des houles

Se tairaient pour une seule rose et son parfum.

 

Les arbres morts reverdiraient pour remonter dans leur voyage

Pour annoncer que sur les plages les hauts nuages et les vents

Ne croient plus aux Dieux morts, que tout revit dans la durée

D'une fleur d'un seul jour, que le temps partage le temps,

 

Et que tout continue et que tout recommence

Que l'intérieur regarde et parle et refleurit

Dans le silence revenu où l'on entend battre une rose.

 

 

 

 

Pierre Seghers

Racines in Disque Poésie de demain : Laurent Terzieff dit les poèmes de Pierre Seghers.

 

 

Olivier (Lourmarin 1961) © Jean-Pierre Bénisti

Olivier (Lourmarin 1961) © Jean-Pierre Bénisti

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 11:18

ARBRE

 

Je suis un arbre voyageur

mes racines sont des amarres

Si le monde est mon océan 

en ma terre je fais relâche

Ma tête épanouit ses branches

à mes pieds poussent des ancres

Loin je suis près des origines

quand je pars je ne laisse rien 

que je ne retrouve au retour.

 

 

Frédéric Jacques Temple : La chasse infinie. Poésie. Gallimard. 2020

L'arbre ressuscité. Photo Henri Chouvet. 1978

L'arbre ressuscité. Photo Henri Chouvet. 1978

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 15:01

 

 

 

    - Ne vois-tu pas que chaque plante est œuvre, et ne sais-tu pas qu’il n’y a point d’œuvre sans idée ?

  • Mais je ne vois d’auteur…
  • L’auteur n’est qu’un détail à peu près inutie.

 

Paul Valéry : Dialogue de l’arbre. in Eupalinos.  Gallimard 

 

Lourmarin  Août 1961 © Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin Août 1961 © Jean-Pierre Bénisti

 

 

Mais toi, quand s’apaise le vent, et que la majesté du soleil calme, illumine tout ce qui est dans l’étendue, toi, tu portes sur tes membres divergents, sur tes feuilles innombrables, le poids ardent di mystère de midi ; et le temps tout dormant en toi ne dure que par l’irritante rumeur du peuple des insectes…Alors, tu me parais une sorte de temple, et ne m’est de peine ni de joie que je ne dédie à ta sublime simplicité.

 

 Paul Valéry : Dialogue de l’arbre. in Eupalinos.  Gallimard 

Lourmarin  Août 1961 © Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin Août 1961 © Jean-Pierre Bénisti

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 08:35

Chanson

 

Mon cheval arrêté sous l’arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur qu’il n’est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

                                                                                     *

Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire et ce n’est point qu’un homme ne soit triste. Mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d’un vieil arbre, appuyé du menton à la dernière étoile. Il voit au fond du ciel à jeun de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

                                                                                 *

Mon cheval arrêté sous l’arbre qui roucoule. Je siffle un sifflement plus pur et paix, à ceux, s’ils vont mourir, qui n’est point vu ce jour. Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce et quelques uns en eurent connaissance.

 

  Saint-John-Perse : Anabase. Gallimard. 

 

Lourmarin 1995 © Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin 1995 © Jean-Pierre Bénisti

Cependant la sagesse du jour prend la forme d’un bel arbre et l’arbre balancé

qui perd une pincée d’oiseaux

aux bagnes du ciel écaille un vert si beau qu’il n’y a plus vert que le paraisse d’eau.

« Ne tirez pas si loin sur mes cheveux. »

 

 

 

 

  Saint-John-Perse : Éloges. Gallimard.

Lourmarin juillet 1971 © Jean-Pierre Bénisti

Lourmarin juillet 1971 © Jean-Pierre Bénisti

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